La légitimation d’une forme de transmission culturelle et son rôle dans la société 2K: la télévision. SOUS LA DIRECTION D’ALAIN GARLAN

TABLE DES MATIERES

 

Introduction. 4

I.   Situer la Télévision. 11

1. Plusieurs points de vue sur la télévision: 11

2. Quelques explications culturelles : 12

3. Le sens de la télévision dans la partie de la culture quotidienne. 20

4. Qu’est ce que la télévision ?. 21

II Le rôle de la télévision dans la société 2K.. 24

1. La télévision dans le contexte actuel : 24

2. Confronter à la réalité ou distraire ?. 28

3. Télévision et individualisme- dilemme et traitement 29

4. La télévision comme leader du milieu de la communication. 31

5. Les médias source d’histoire. 36

6. Vers une démystification de la télévision ?. 37

7. Quelle culture à la télévision ?. 40

8. Archives. 43

9. Comment positionner la télévision ?. 47

10. Quel avenir pour la télévision ?. 50

11. Le rôle des chaînes de télévisions qui diffusent à l’international 52

12. La télévision créatrice de consommateurs. 53

13. Les médias globaux. 55

III La Télévision Nationale Roumaine : TVR Cultural 57

1. La télévision qui répond à des besoins culturels. 57

2. TVR Cultural : approfondir le sujet 60

A. TVR Cultural en 2007. 60

B. TVR Cultural en 2008. 62

3. Paradoxe : moins d’argent, plus d’efficacité. 64

4. Les employés. 66

5. Les ressources. 67

6.  Différences par rapport aux télévisions privées. 68

7. Théorie Media en Roumanie. 70

8. Les émissions à vocation culturelle  et  le développement d’autres activités. 71

9. TVR Cultural s’implique dans des activités sociales. 72

10. Promotion Culturelle/ Marque. 73

11. Le Journal Culturel 74

12.  TVR Cultural – Joyau de luxe pour la SRTV ?. 77

13. Evaluer le succès du département Culturel 79

14.  Rôle de la Télévision Roumaine dans le domaine culturel 80

15. Ce qui passe à la télévision. 85

16. Epilogue d’une histoire. 86

A.  La Télévision est un instrument fabuleux de mise en relation. 86

B. Télévision, culture, élites. 87

C. Le talk show : une émission essentiellement parlée et bon marché. 88

D. Télévision, Culture et Démocratie. 89

E. Que devient cette vocation culturelle de la télévision ?. 91

F. Télévision et médiation culturelle. 92

G. La télévision une passion ?. 92

H. La Télévision entre le réel et la fiction. 94

I. Emissions culturelles entre le sacré du passé et le profane du présent (en guise de conclusions) 97

CONCLUSIONS : 104

ANNEXES : 109

I. Théâtre sur scène et théâtre télévisé. 109

II. Le fonctionnent, les collaborations/ associations internationales. 109

III. Questionnaire : 110

BIBLIOGRAPHIE.. 111

Livres consultés: 111

Entretiens : 113

Articles consultés sur Internet : 113

Autres sites : 114

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Introduction

Les sociologues chercheurs semblent privilégier les thématiques d’études qui sont en relation avec des pratiques culturelles considérées comme „légitimes”, c’est pour cela que les études réalisées sur la relation entre la culture et la télévision ont été laissées dans l’ombre. L’enjeu c’est de comprendre d’une part pourquoi et comment s’est produite cette marginalisation de la télévision dans le champ culturel afin d’arriver aux études les plus récentes à ce sujet; d’autre part, d’essayer de révéler quels éléments pourraient aider à cette forme de culture, considérée comme marginale, à émerger dans le champ culturel en tant que forme artistique et culturelle dont les divers programmes participent, d’innombrables façons, à l’harmonie et à la communication au sein d’une société.

Ce qui est paradoxal, c’est que pendant que les études évaluant la télévision en tant que vecteur culturel sont en défaut, la contrepartie est que le public de cette forme culturelle est très grand. Dans les années 60 les recherches de deux sociologues Joffre Dumazedier[1] et Georges Friedmann présentent la télévision et sa relation à la culture populaire. Selon Dominique Pasquier[2] ces écrits ne font pas des références péjoratives à la télévision mais tout au contraire.

La télévision est présente dans plusieurs ouvrages en faisant l’objet d’études venant de domaines et points de vue différents mais sa relation avec la culture a été très peu exploitée. C’est peut être car, il est difficile de mesurer l’adhésion à ce type de culture. Les données concernant le public sont très variables et il est d’autant plus difficile de mesurer le public des émissions culturelles sur les innombrables chaînes de télévision. Il est aussi difficile de mesurer ses effets sur son public : engagement, interaction, sociabilité voire apprentissage, même si a priori nous sommes conscients, par nos pratiques quotidiennes et expériences personnelles, que ces effets existent.

Dominique Pasquier remarque que les auteurs qui se sont intéressés à la sociologie du loisir considèrent que la télévision ne peut être instrument de démocratisation culturelle que si elle stimule le public à „aller vers le haut [en le confrontant] aux grandes oeuvres”[3].

Selon les propos de Dominique Pasquier, à la même époque un autre courant est apparu, concernant ce domaine de recherche, dont le chef de file était Edgar Morin (L’Esprit du Temps), qui étudiait les valeurs sociales promues par la culture de masse. Dans l’étude de Morin la télévision occupait une place marginale dans le sens que les valeurs qui étaient à l’époque promues (mythologie du bonheur individuel, la culture jeune, la valorisation des valeurs féminines…) étaient moins renforcées dans le domaine de la télévision que dans les autres secteurs de l’industrie culturelle.

 

L’évolution de la télévision a prouvé dans le temps qu’elle était fortement contrôlée politiquement[4] (et non seulement en France mais aussi en Italie et in extenso dans tous les pays), qu’elle était et reste encore gouvernée par les politiques de marketing et par la domination des intérêts économiques (invasion de la publicité dans toutes les émissions télévisées qui sont très souvent interrompues par de longues pauses publicitaires) et bien évidemment s’enchaîne à cela la notion de programmes télévisés commerciaux, life style, avec valences (l’assignation d’une valeur à une représentation dont elle devient partie intégrante) d’influence du public vers une mode et qui encouragent fortement le public à s’orienter vers l’adoption d’une ou plusieurs idées en fonction des intérêts de la direction. L’évaluation du nombre d’émissions qui passent à la télévision et qui participent à l’orientation et l’encouragement du public d’adopter une vision ou une autre pose également problème. Par ailleurs, on peut difficilement rendre compte du phénomène „d’anesthésie de l’esprit critique”. Certes on pourrait lui reprocher d’impliquer le public dans des émissions qui consomment beaucoup de temps, qui ne lui apprennent rien (car pur divertissement) et qui sont une alternative, moins ou pas du tout éducative, à d’autres passe-temps qui seraient plus utiles pour l’évolution de l’individu. Ce que nous pourrions prendre en compte c’est que la télévision propose une offre très large d’émissions qui touchent tous les points d’intérêt (des moins cultivantes à celles qui enseignent et permettent à un nombre très large de personnes à accéder à des informations auxquelles ils n’auraient pas accès aussi facilement et d’une manière aussi commode). Nous pourrions aussi noter que ces choix sont quand même faits par le public et que si les formateurs d’opinion, les enseignants et la famille devaient participer plus activement à orienter les jeunes vers les émissions éducatives et culturelles, au lieu de stigmatiser la télévision ou d’interdire l’accès à cette forme de transmission de connaissances, peut être alors qu’en devenant adultes, en apprenant à faire des choix réfléchis, à trancher entre ce qui leur convient et ce qui ne leur convient pas, ils arriveraient à développer leur esprit critique. Ce qui pose un problème réel c’est de constater qu’une partie du public de la télévision (notamment les masses) n’a pas développé un esprit critique, fait des choix d’émissions qui ne n’enrichissent pas leurs connaissances et elle vient devant le poste de télévision comme proie à une incantation. Or, les politiques culturelles actuelles encouragent l’ouverture vers un grand nombre de manifestations culturelles qui font participer un public très varié. Ces politiques encouragent le développement de relations sociales, le contact avec des formes artistiques différentes et le développement dans le temps de l’esprit critique. En faisant participer les masses à des événements culturels elles ne se sentent plus rejetées, marginalisées, et étrangères des phénomènes culturels en plein essor.

Nombreux sont ceux qui condamnent la télévision pour ses méfaits. Nombreux sont ceux qui, depuis une longue période déjà, ont choisi la télévision comme vecteur culturel et d’information primordial, avant même la lecture et les autres activités socioculturelles. Ces faits et leurs causes sont aussi évidemment énoncés et véhiculés qu’on pourrait se demander comment la télévision réussit à surprendre avec des taux de rating aussi considérables et comment elle réussit à rester dans le top des préférences des auditeurs consommateurs avant d’autres activités culturelles comme la lecture, le cinéma, le spectacle vivant, les visites aux musées et ainsi de suite?

En France, pendant les années du premier ministère d’André Malraux le développement des équipements culturels a constitué l’axe majeur des politiques publiques. Les français ont vu les pratiques et les consommations culturelles se diversifier grâce à la croissance et au progrès de l’audiovisuel, de la scolarisation ainsi que des efforts de l’Etat et de ses représentants locaux dans le domaine de l’aménagement culturel du territoire et des politiques de la démocratisation de la culture. Malgré cela il existe encore des disparités dans les milieux sociaux dans le domaine des pratiques culturelles. Ces différences nettement énoncées dans les documents officiels du Ministère Français de la Culture sont aussi valables dans le cas d’autres pays. Les contraintes économiques, les questions d’emploi du temps, d’éducation mais aussi d’autres raisons, confortent l’hypothèse selon laquelle le vecteur culturel principal reste pour un grand nombre de personnes la télévision. En 1973, 85% des ménages français avaient au moins un poste de télévision et en 2003 près de 80% des ménages possédaient un magnétoscope[5].

La télévision peut être considérée comme une alternative à d’autres formes culturelles plus ou moins consacrées car elle est plus accessible au grand public si l’on prenait en considération le prix de l’accès aux services culturels qui fait partie des raisons du choix déterminant de la population. La télévision a un grand nombre d’admirateurs que ce soit de point de vue professionnel ou personnel en tant qu’auditeurs mais, elle a aussi ses critiques qui jugent son côté profondément attaché au marketing, au rating et à son côté industriel qui produit et fait gagner des sommes importantes sans servir pour autant aux fins nobles de la culture savante. Parmi ses critiques nous pouvons compter des auteurs comme Pierre Bourdieu et Jean Cluzel qui à maintes reprises ont démystifié la télévision en attirant l’attention sur ses défauts : « pseudo culture » du contenu que la télévision transmet (Jean Cluzel) ou encore le faible pouvoir de la télévision de convaincre les auditeurs de choisir les émissions culturelles dans le top de leurs préférences « même avec les meilleures émissions du monde, on ne cultive pas ceux qui ne le désirent pas »[6] (Jean Cluzel).

Comme l’explique Olivier Donnat il y a deux axes qui se distinguent dans cette polémique sur la télévision et son rapport à la culture: le rapport esthétique/économique et celui éducatif/ludique[7]. On pourrait reprocher à la télévision qu’elle joue un rôle important dans l’influence du public en décidant de former des goûts, de mettre en avant des oeuvres artistiques plus que d’autres, à faire des choix sans donner le choix. On peut aussi lui reprocher de taire des informations et de décider du destin d’artistes en diffusant trop ou pas du tout d’informations sur eux et leurs oeuvres. Qui est donc cette télévision? Un personnage invisible et arbitraire?

La notion de culture et celle d’art sont si variées qu’elles peuvent contenir presque tout (bandes dessinées, cirque, art abstrait etc.) en fonction de nos connaissances et nos points de vue ainsi que notre capacité de compréhension et d’adoption de ces formes variées.

Toutes ces formes appartiennent à la culture (dans le sens qu’on définira par la suite comme étant le point de départ de la discussion).

Toutes ces formes font partie d’un domaine appelé tout simplement création artistique.

Un objet culturel transmis par la télévision est le documentaire. Par l’intermédiaire du documentaire on découvre l’importance de l’objectivité, l’image et la capacité de cerner des éléments qui n’apparaissent pas dans les textes (plus ou moins subjectifs). L’information traitée peut changer le point de vue. On peut constater un changement dans la manière de voir l’information. Il y a des films traitant d’un sujet historique et des documentaires. Parmi les documentaires il y a ceux qui montrent des images du passé, recueillies des archives avec une narration travaillée mais aussi de documentaires faits sur place, qui peuvent avoir des commentaires ou qui n’en ont pas. Ces derniers permettent aux téléspectateurs de développer un point de vue critique sur les événements présentés. Par exemple la différence entre la séquence filmée réelle et la séquence traitée et transmise sur internet qui donne une distanciation. Il y a, a priori, plusieurs façons de traiter l’information transmise. La manière dont l’information est traitée peut donner un axe d’évaluation de la typologie du document présenté ainsi que sa valeur éducative et culturelle.

A partir de ces prémisses on peut supposer, au point de départ de notre recherche, qu’il est possible de débuter l’analyse en considérant que la télévision est une forme de culture et en même temps un instrument de transmission de la culture. Notre choix n’est pas de renforcer l’éloge de la télévision au détriment des autres formes de manifestations culturelles. Notre intention est de vérifier, si possible, quelles sont les nouvelles formes d’adaptation de la télévision aux besoins du public, et si ces méthodes participent à la démocratisation de la culture. Nous souhaitons aussi vérifier quelles sont les raisons pour lesquelles on choisirait la télévision comme une alternative viable pour l’avenir en prenant en compte que de nombreux efforts sont fait pour construire des programmes culturels adaptés à tous les niveaux d’âge mais en prenant en compte aussi le progrès technique qui permettent aux auditeurs d’être informés facilement, de changer de sujet rapidement, d’accéder à des réalités qui se trouvent à une „distance” impossible à atteindre autrement. Enfin, comment la télévision participe-t-elle à la politique de réduction de la distance culturelle et la distance sociale qui constituent pour certains publics des obstacles considérés par Catherine Trautmann[8], comme fondamentaux.

En réfléchissant sur la relation entre la culture et les médias et plus spécialement ce qui sépare et unit la culture et la télévision, nous nous sommes rendus compte que plusieurs questions ont été déjà posées. Nous souhaitons donc, les reprendre et essayer de trouver de nouveaux arguments en faveur d’une meilleure acceptation de la télévision en tant que vecteur de démocratisation de la culture.

Afin de répondre à nos questions de départ et de vérifier nos hypothèses nous allons nous servir d’enquêtes, entretiens et une étude de cas.

Nous désirons vérifier par cette étude quelles sont les nouvelles orientations de la télévision en termes de culture. Tout d’abord, nous proposons d’éclaircir le sujet en apportant quelques définitions qui viennent à l’appui de la problématique abordée et ensuite, dans un premier temps investiguer la littérature qui traite de ce sujet ainsi que les statistiques qui vont avec et dans un second temps nous souhaitons analyser quelques entretiens que nous avons réalisés afin de compléter nos analyses personnelles. Ces entretiens ont été réalisés avec d’une part des personnes qui travaillent dans la télévision, d’autre part,  des entretiens avec des personnes qui travaillent  dans le domaine culturel ou en dehors de la télévision afin d’évaluer leurs choix et leur point de vue sur la question de la relation entre la télévision et la culture (éducation, information). Enfin nous souhaitons profiter de l’expérience en tant que stagiaire en vue de donner un exemple d’une activité culturelle liée à la télévision et comment le monde de la télévision participe à la démocratisation de la culture, problématisation généralisée du monde social.

Nous avons choisi afin d’accomplir cette tache, d’une part d’intégrer les entretiens et discours au sein de notre analyse afin d’observer et de mettre en relation  les différents points de vue. D’autre part, nous considérons intéressant de s’appuyer sur un cas précis afin de discuter plus concrètement le sujet.  Nous avons par conséquent, choisi de discuter de l’exemple roumain : TVR Cultural.

Comme nous le verrons par la suite, l’enquête et la permanente interrogation et mise en question nous  suivront au long de notre étude.  Nous avons juge intéressant d’aller aux sources orales, c’est-à-dire, provoquer des conversations avec des interlocuteurs avisés du domaine culturel et celui de la télévision, afin d’établir une base nouvelle de recherche dans le domaine. Au-delà des écrits scientifiques déjà connus, la télévision est une source permanente et renouvelable d’expertise dans le domaine, ce qui a facilite et nous a permis la rencontre avec ses professionnels. L’expérience ainsi que les conclusions de notre « contemplation », ont permit d’arriver à des débats intéressants et inédits que nous souhaitons, par la suite, présenter.

Nous vous proposons par la suite trois grands axes principaux: une théorie introductive, des discussions sur la télévision en vue d’établir son rôle dans la culture et la société 2K et des discussions qui portent sur la télévision en Roumanie avec un exemple concret: TVR Cultural. Selon ces axes d’analyse, nous tacherons de discuter autour du sujet très vaste qu’est la télévision en essayant de répondre aux questions que nous nous sommes posées.

Nous sommes partis des hypothèses de recherche suivantes : la télévision occupe un rôle important au sein de l’espace public. Une des activités quotidiennes est de regarder la télévision qui est à la fois une source d’information et de divertissement. Nous considérons qu’il est légitime de se demander quel est rôle de la télévision au sein de la culture au XXI–ème siècle. Nous considérons intéressant d’étudier le rôle de médiateur culturel de la télévision et de voir quel autres fonctions peut celle-ci avoir dans le monde culturel. Nous nous demandons enfin quel rôle a la télévision dans le cadre de la démocratisation de la culture ?

Nota Bene : Cette expérience académique et professionnelle a été enrichissante de plusieurs points de vue. D’une part des points de, vue évidents plus hauts mentionnés. D’autre part, de point de vue culturel et humain.

Avant d’inviter le lecteur à plonger dans une lecture approfondie de cette étude, nous l’invitons à prendre en compte ces propos et de tenir compte d’un argument que nous avons toujours eu à l’esprit mais qui après cette expérience nous est encore plus vif à l’esprit que jamais : la télévision a débuté comme un instrument culturel. C’était des le début un instrument culturel non seulement grâce à ses fins, mais aussi grâce aux moyens qu’elle se donnait.  La télévision est avant tout un collectif de personnes qui, pour la plupart d’entre elles, se sont investies à  vie dans ce travail qui s’avère en fin de compte être une passion. La télévision comme tout autre élément de la société, est exposée aux mutations sociales et aux dérives et changements culturels.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

I.   Situer la Télévision

1. Plusieurs points de vue sur la télévision:

 

Des entretiens qui interrogent plusieurs personnes du domaine de la culture et parallèlement des spécialistes de la télévision sur le rôle de la télévision dans la culture.

La télévision semble être une alternative à tout ce qui tient du domaine culturel qui reste inaccessible pour le public. Elle répond aux besoins de voir plus loin, aux besoins d’aller ailleurs même si seulement virtuellement et dans ce cas elle permet d’ouvrir l’appétit du public sur un grand nombre d’événements et produits culturels qu’ils ignoraient auparavant. La télévision rend accessibles des informations qui sont lointaines au public.

La télévision semble être la réponse culturelle la plus adaptée à la société de consommation : rapidité, quantité, qualité, renouvellement, évolution. Elle est la forme la mieux adaptable au changement des goûts et à l’évolution de la société.

Par exemple une plaquette de programmes de la télévision est plus rapidement et facile a adapter aux changements qu’un musée (qui a une part d’expositions peines et d’autres changeables- ex : musée des Confluences à Lyon). Pour adapter un musée aux changements sociaux et pour rendre plus accessible et intéressant, celui-ci doit investir beaucoup de fonds, de temps et de travail.

La télévision est la source d’information culturelle la plus fréquentée mise à part l’internet.

Elle s’adapte plus facilement aux changements car elle forme ses employés afin de réaliser cela. Elle est présente dans plusieurs endroits à la fois et transmet des événements qui se sont passés dans des endroits différents dans une même journée. La télévision est omniprésente.

La télévision a comme but d’ouvrir des appétits, de divertir, d’informer… Comment et à quels coûts réalise t-elle cela ? Comment est-ce possible de point de vue humain ? Ce sont des interrogations que nous devons nous poser.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Quelques explications culturelles :

 

Afin de désigner les limites d’une introduction dans la théorie de la culture, nous devons montrer que l’introduction proprement dite se base sur l’idée que toute discussion sur la culture et les modèles culturels commence à partir d’une certaine perception, signification et mission attribuée à la culture. Nous pouvons nous représenter la culture sous forme de structures intelligibles, construites sur les bases de la réalité qui peut être connue, qui peut être apprise et transmise par la suite. La culture peut donc être comprise comme le produit de l’activité humaine qui jette un regard critique sur la nature et sur la société. La culture est née de la praxis humaine. Les modèles culturels supposent la présence de structures particulières, flexibles et distinctes. Ces modèles sont la preuve de la variété des cultures existantes dans la modernité, parfois ce sont le sujet d’antagonismes, de conflits et tout débat sur la culture ne peut qu’être actuel. Nous pouvons nous frôler très souvent à un intérêt des consommateurs de culture pour les identités que les théories culturelles peuvent offrir, sur les moyens technologiques culturels contemporains ainsi que sur la perspective de l’avenir et du devenir de la culture dans le monde déclaré du changement. Le consommateur de culture s’adapte au besoin de formation continue. La théorie des modèles culturels peut informer sur l’applicabilité de la culture à une réalité contextuelle sociale, politique, matérielle et spirituelle. D’où le besoin d’un regard structuré sur la culture.

Tout d’abord il est nécessaire d’accepter l’idée d’une stratification  et d’une histoire de la culture. La culture n’a pas un centre unique. La culture est un complexe de pratiques. Il est souhaitable de passer d’une définition purement spirituelle  de la culture (les oeuvres capitales de l’humanité du domaine des arts et des sciences) et de comprendre aussi  la culture dans son sens sémantique en tant qu’ensemble de toutes les activités conscientes de l’être humain qui soutiennent ainsi son praxis social. La distinction entre la culture et la civilisation   soutenue par la formule de Spengler- que la civilisation représente le stade actuel de certaines cultures disparues- est la distinction qu’on faisait à un moment donné. En prenant en considération l’anthropologie culturelle, la sphère du sens du concept  de culture a été restructurée à l’entière activité humaine.  La culture est liée automatiquement à l’existence sociale. Elle englobe  l’héritage culturel, les traditions, l’identité… etc. La relation entre la tradition et l’innovation est la présence dans les plus anciennes formes culturelles mais il est aussi vrai que les politiques par lesquelles on promeut la nouveauté apparaît que dans la modernité.  La culture doit être comprise comme entité vivante faisant de la société dans laquelle nous vivons une société humaine et consciente.  Nous ne pouvons pas nous séparer complètement des définitions apportées à la culture, et nous devons aussi comprendre la dialectique entre la tradition et l’innovation dans la culture.

Ainsi une des plus anciennes définitions de la culture place l’homme cultivé au centre des préoccupations  afin de cultiver, conserver et transmettre la tradition. Une des plus nouvelles définitions place l’individu au sein d’un tissage culturel que nous pouvons réaliser grâce à une „description dense” [9]. D’une perspective anthropologique nous pourrions voir dans cette préoccupation le besoin des individus de reproduction sociale. Nous pouvons imaginer  la culture comme modèle de croissance qui est fondé sur une interprétation métaphysique ou bien d’imaginer une vision instrumentaliste de la culture qui se penche vers l’accumulation  d’informations, la culturation en soi doit avoir un effet immédiat sur la société. D’autre part il y a l’idée de culture qui ne traite que les problèmes spirituels élevés et qu’afin de comprendre cela il est nécessaire de s’initier à cette culture.  Ces visions sont extrêmes et peuvent correspondre à l’application différente des sens de la culture.  La culture en tant que concept doit avoir un effet sur la réalité. Le symbolisme de l’action humaine doit être laissé à la sphère culturelle dans laquelle l’être humain agit. Toute action humaine est motivée par certains besoins qui dépassent l’individualisme qui représente dans son ensemble la possibilité de regarder l’être humain entouré d’une diversité de formes actualisées et contextes culturels divers.

La modernité crée un clivage profond entre la haute culture (culture des élites) et la culture populaire. Ces deux couches de la culture ont longtemps existé séparément sans que cette séparation devienne ostentatoire. Le clivage entre la culture populaire et l’élite culturelle représente une séparation entre deux types de lecteurs mais aussi une différence importante de moyens technologiques. D’ici vient aussi la séparation entre la culture de spécialité et celle pour le large public (que nous trouvons aussi dans le cas de la télévision: car les télévisions publiques doivent séparer les chaînes de niche de celles qui sont destinées au large public). La culture pour le large public  est une culture de masse caractérisée par un niveau d’accessibilité élevé. La séparation des deux types de culture prouve un processus dynamique des échelons culturels. Nous parlons de distribution de la fonction culturelle parce que la culture ne veut pas seulement dire stockage d’informations (cf. L’idée de culture chez Bacon), mais aussi la description d’un modèle culturel par la distribution de la participation ou le regroupement de celle-ci à un cercle rigoureux et contrôlé.   Le mode de stockage de l’information culturelle détermine les stratégies de changement de la société moderne. L’exemple des nouvelles sciences continue dans un rythme accéléré l’expérimentalisme de la culture moderne. La haute culture s’est développée par conséquence à la division du travail et par le développement des technologies culturelles. Une fois avec la société capitaliste et avec le besoin de culture, la culture de masse a soulevé de nouveaux problèmes qui concernent les divisions qui ont permis l’évolution de cultures séparées. La haute culture veut dire une culture de plus en plus spécialisée tandis que la culture populaire est distribuée à son tour dans plusieurs secteurs, domines par le même degré d’accessibilité et de divertissement.  Désormais, la distinction entre les deux types de culture est de moins en moins visible.

Il faut aussi prendre en considération le fait que la distribution des missions et fonctions de la culture ont toujours été un acte de pouvoir. Si nous considérons la totalité de l’acte culturel (cf. la théorie de Mauss[10]) et que nous examinons la tentative de restaurer le syncrétisme par les manoeuvres de parodie que le postmodernisme met en pratique, on peut considérer que cet aspect de totalité n’as pas encore disparu, il fonctionne toujours, au-delà des interprétations et politiques culturelles. La parution de la distinction entre les deux cultures est réalisée par le processus de sécularisation ou plus exactement le caractère ludique ou de jeu que la culture moderne acquiert comme le montre Huizinga.  D’ailleurs, toute l’anthropologie culturelle interprète la culture d’une manière agnostique. Les fondements existants de la culture populaire précapitaliste ont subi des mutations considérables des que la culture de masse s’est basée sur les sciences du livre de ceux qui devaient devenir des bureaucrates, fonctionnaires et pour lesquels la culture ne représentait plus que les besoins d’instrumentalisation. La culture a atteint de nouveaux horizons ont été atteints dès que la télévision, la radio, la presse et le cinéma sont apparus. Ceux-ci ne pouvaient devenir que plus spécialisés par rapport aux livres.  Les conséquences de la culture de masse mènent vers une nouvelle alphabétisation qui engendre de nouveaux modèles d’éducation qui changent la perception sur la culture actuelle.

Il est difficile de parler de classes aujourd’hui sans déformer leur sens de jadis, mais sans celles-ci on n’aurait pas le même patrimoine historique et culturel que maintenant. Nous parlons encore aujourd’hui de cela non seulement car cela fait partie de la théorie de la culture mais aussi car dans le domaine de la télévision que nous allons étudier nous assisterons à de tels clivages. La télévision est un instrument de masse qu’il soit considéré comme culturel ou pas par les individus, il touche néanmoins le domaine social. Lorsque le fonctionnement de la télévision dépend d’un public cible, car il est trop difficile de s’adresser à tout le monde en même temps, alors on peut revisiter la théorie de la culture sans négliger la partie concernant les classes (niveaux d’éducation, de professionnalisation, milieu rural/urbain… etc.).    Au sein de la théorie de la culture nous pouvons trouver aussi d’autres distinctions: la culture officielle et celle alternative. La culture ainsi dite officielle assume son rôle de missionnaire culturel en essayant de le légitimer avec le besoin de discipline et d’ordre. Mais la culture alternative prouve que cela et faux et milite pour la libération de la culture de tout asservissement au politique. Elle milite pour la préservation des droits traditionnels libéraux de la culture, par des formes de proteste qui séparent la culture de tout contrôle centralisé afin de devenir finalement libre même de l’esthétique de l’art pour l’art.

D’autre part on ne peut pas séparer les différentes valences que prend la culture lors de son interaction avec d’autres domaines qui en font partie, par exemple dans le cas du rapport de l’art à la politique: l’art a été  conçu comme condition essentielle à la « conversion » des citoyens. A la fois dans le cadre d’une symbolique essentielle à la légitimation d’un régime, mais aussi en ce sens que l’émotion des masses était conçue comme un moteur efficace a l’adhésion aux valeurs proposées. L’art monumental est par exemple difficilement compréhensible si on le détache des liturgies politiques dont il devrait servir d’écrin est cela est vrai de l’art de la Troisième République comme de l’art Fasciste[11].

Dans le cas des régimes totalitaires on peut facilement trouver une illustration de la culture ainsi dite officielle et celle d’avant garde qui est considérée comme subversive. Si la culture officielle a essayé d’assurer les bases de manipulation politique en prétendant que son rôle est de conserver la tradition, la culture alternative qui trouve ses fondements sur l’avant garde, prétend que le rôle de la culture est celui de produire des nouveautés et de laisser les différentes formes culturelles participer à la libre concurrence. L’éducation doit préparer à élever un public capable  de demander une certaine culture.  Les deux types de culture plus haut mentionnés sont généralement représentés par des intellectuels, des professionnels du monde culturel, qui agissent dans l’une des deux directions. Il est intéressant de faire une distinction entre les intellectuels et une certaine intelligentsia, car cette dernière a été employée surtout dans la tentative d’installer une culture alternative en Europe de l’Est, durant la Guerre Froide et du communisme, tentative réussie dans certains pays sur un fond de culture religieuse, spécialement celui donné par la confession catholique[12]. La différence est que dans la tradition occidentale, l’intellectuel compte sur les valeurs propres et sur l’idée de „petit bourgeois” (cf., Bourdieu), alors que l’intelligent est préoccupé par l’idée „d’élévation du peuple entier”.

La légitimité de l’intellectuel est donnée par la société non pas par l’Etat. Pour lui, la société est plus ancienne que l’Etat et donc par conséquent il est au service de la société. Par ailleurs l’intelligentsia s’est sentie endettée de renoncer à l’individualisme pour se mettre au service du peuple qui doit à son tour être remis en droits c’est à dire être éduqué. Elle s’attache à une vision de la société ou l’Etat, la société, le peuple, coexistent dans un tout unitaire qui tend à s’harmoniser.

Le domaine culturel tel que vu par la sociologie  a aussi un ou des héros. L’héros culturel met en évidence une représentation théâtrale. Un héros culturel parait lorsque la société est prête assurer une certaine mission individuelle, un modèle culturel et une confrontation symbolique qui permette la parution d’une solution novatrice. Les héros culturels peuvent être identifiés seulement au niveau national, leurs caractéristiques dépendent de l’histoire et du contexte et la façon dont ils sont engagés sur cette voie en permanente métamorphose. Deux types d’héros peuvent se détacher: « le guerrier et le saint ». Le saint et le guerrier démontrent la présence d’une perception duale, qui est le début imagé d’une société pluraliste, un monde sacré et un monde profane, un monde qui réclame la diversité mais aussi un point commun des deux modèles dans une société humaine. Dans les sociétés qui ont suivi les héros se sont multipliés.

L’artiste est un héros produit par la modernité. Il représente une victoire de la sécularisation sur la société. Les valeurs artistiques produisent un changement radical qui fait de l’artiste l’archétype du créateur. Au début de la modernité, lors de la Renaissance l’artiste à la conscience de la modernité, comme le souligne Bourdieu, il a un capital symbolique nécessaire pour déterminer la représentation dans la sphère publique et il ne peut plus être contrôlé par l’Etat.  L’expert (au début le bureaucrate tel qu’il a été désigne par Weber) apparaît dans la société capitaliste développée. Ce qui fait la différence entre les artistes et les experts d’artistes est l’idéal: l’un est préoccupe par l’oeuvre artistique et l’autre par le projet social. Pour l’expert le caractère social de son travail devient transparent et contrôlable dans un nouveau champ de pouvoir culturel[13] par l’intermédiaire duquel les institutions sont valorisées. L’expert est responsable d’assurer la quantité et la qualité de la réflexion critique sur la réalité sociale.  Il produit une part de la technologie culturelle de la société de consommation car il divise les champs de la connaissance, conformément à des projets socioculturels. Pour l’expert il n’est plus possible d’étendre la culture seulement à une vision encyclopédique, il doit toujours oeuvrer de façon verticale afin d’être efficace.  Si la dominante majeure de l’artiste est la créativité, l’expert se différencie par l’efficacité et l’opérabilité ainsi que par la transparence des étapes à réaliser. Si l’oeuvre et le projet se ressemble de point de vue de l’idéal, lorsqu’il s’agit des moyens de réalisation ils se séparent complètement.   La succession des héros culturels montre un changement permanent du modèle culturel. La démocratisation dans la culture doit partir de cette prémisse que la sécularisation induit. Le changement d’un contenu quasiment entièrement religieux dans un contenu politisé (dans le sens de l’application de politiques) la sécularisation apporte de nouveaux types de héros culturels potentiels comme le sportif par exemple. A l’époque du divertissement le sportif engage un grand nombre d’adhérents – de larges catégories de consommateurs. L’exemple roumain n’est pas unique. L’image de la Roumanie à l’étranger doit beaucoup depuis le temps du communisme aux sportifs dont Gheorghe Hagi et Nadia Comaneci sont les chefs de file. La France a aussi ses représentants de marque dont on pourrait citer : Zinedine Zidane, Eric Cantona, Michel Platini, Philippe Candeloro. Les Etats-Unis ont aussi leurs personnages marquants : Magic Johnson, Michael Jordan. En bref, chaque pays a ses « héros »  que la télévision promeut et a promu dans le temps. Cette définition de la démocratisation qui nous est fait parvenir de Huntington  est une composante essentielle de la modernisation et de la sécularisation[14]. Elle nous permet de suggérer l’impact de la nouveauté que la démocratie occidentale a imposée. La démocratisation redéfinit le rôle de la culture dans le sens ou la culture moderne doit continuer à contenir les commandements de la  démocratie.

Est-ce qu’il y a un modèle culturel européen? Les habitants de l’Europe et leur tradition culturelle se différencient en fonction des endroits où ils habitent.  Est-ce qu’on peut comprendre par cela qu’il existe aussi une structure qui rassemble d’une manière intelligible les différences plus haut mentionnées? L’histoire nous apporte les preuves nécessaires par lesquelles nous pouvons voir que depuis le V-ème siècle ap.JC, voire plutôt il y a eu une ébauche de conscience commune mais aussi une conscience des différences et parfois la mise en avant de cette différence. Si à l’époque on faisait la distinction de la culture intérieure au contient et celle extérieure (barbare) on peut distinguer déjà un model culturel continental. Il faut aussi mentionner que la distinction se fait aussi au niveau de la production culturelle qui a compté comme facteur de distribution, classification et reconnaissance[15].  Des documents historiques et sceaux provenant des pays européens font preuve non seulement d’une conscience européenne mais aussi d’une spiritualité européenne commune. Une étude héraldique peut prouver  ce lien entre les cultures européennes qui arrive par voie spirituelle, au moins depuis le V – ème siècle après Jésus Christ.

Afin de comprendre la culture il est essentiel de comprendre l’espace en tant que composante majeure qui dirige le sens de l’action humaine. S’il y a un modèle culturel européen, celui-ci doit apparaître distinct par ses formes d’organisation par exemple dans le cas du local et du national, empires, centre- périphérie, urbain- rural… etc.   Pour mettre en évidence l’existence d’une telle conduite culturelle qui différencie le modèle européen des autres modèles, nous devons partir de la praxis culturelle.  La raison occupe une importance à part dans le modèle culturel européen. En approfondissant ce terme nous arrivons au latin „ratio” qui veut dire aussi mesure d’ou une certaine comparaison objective, une évaluation qui a structuré le mode de conduite du modèle européen.   Un second élément de ce modèle est l’expérimentalisme, la séparation de la nature comme le voit Spinoza – „natura naturans” et „natura naturata”[16]. Les raisonnements et les réductions culturelles ont structure le modèle culturel européen  vers une unité, organique, entre la théorie et la pratique, afin de trouver un sens qui intègre l’être humain dans cet univers.  Par ailleurs nous pouvons mentionner que ce modèle a été influencé par les pratiques religieuses, économiques, militaires, administratives  qui font la preuve qu’on ne peut pas parler de culture en faisant seulement référence à l’art et à tout ce qui d’une manière satellitaire tourne autour, mais il faut faire référence à tout un ensemble de domaines qui ont marque l’histoire de la culture et qui sont inséparables de celle-ci. Le modèle culturel européen a aussi été marqué par un certain nombre de ruptures comme par exemple les révolutions. Ces révolutions ont occasionné la naissance de nouvelles innovations non seulement en ce qui concerne le domaine politique mais aussi au niveau culturel (culture moderne de la société capitaliste européenne cf. Braudel).

 

Un autre exemple est le modèle culturel hégémonique américain. Il est très médiatisé et supporte la pression de la modernité culturelle qui souffre une érosion par l’export de son image, de ses valeurs culturelles proprement dites.  L’image culturelle américaine est probablement le plus vendu produit culturel. Il y a en même temps une performance de la société américaine de faire face aux provocations de la modernité. Les Etats Unis ont essayé de faire oublier les préjugés selon lesquels l’Amérique du Nord a une image culturelle qui copie essentiellement celle de l’Europe illuministe et libérale. Il est difficile d’arriver à un consensus concernant le modèle culturel américain. Il est difficile d’arriver à un consensus au niveau du modèle culturel américain. Vu comme modèle de démocratie ou comme „gendarme du monde”, ce modèle suscite des controverses. Certaines sources considèrent ce modèle comme promoteur de l’impérialisme culturel, d’autres sources le considèrent comme le constructeur réel du monde postmoderne. Les circonstances actuelles sont clairement marquées par le processus de la globalisation qui dirige les performances d’un modèle culturel. Le modèle américain est aussi le modèle culturel le plus médiatisé car il a assuré sa performance dans tous les domaines mais aussi l’excellence de certains standards. Mais c’est aussi car il médiatise la plus ample extension qu’il est exposé à une situation qui l’éloigne des thèses qui l’ont crée , c’est a dire, il risque de ne plus correspondre à son engagement théorique qui le rend unique et distinct des autres modèles. La particularité du modèle culturel américain peut être considérée celle qui se fonde sur la relation entre ce que ses fondements idéaux prétendent et la praxis de la vie sociale qui ensemble a l’idéalisme d’un monde  qui est caractérise par une permanente mise en question de la vie réelle par des politiques et reformes continues et l’optimisation de sa politique nationale. Le modèle culturel américain peut être résumé à quelques caractéristiques qui nous semblent essentielles et importantes à mentionner: deux d’entre elles sont la modernité du modèle américain et la question de son hégémonie et de sa marginalisation.

A partir du modèle théocratique, la société américaine a développé un modèle de démocratie moderne, différent de celui athénien ou de celui romain. Afin d’analyser le processus de démocratisation américaine il est impossible de faire abstraction de celui européen. Ce dernier est fonde sur la tradition libérale classique et ses développements, le processus révolutionnaire au sein de l’église, notamment le protestantisme, la révolution politique et celle industrielle afin d’arriver enfin au constitutionnalisme américain. La révolution américaine n’a pas été un moyen violent pour réaliser des buts de pouvoir d’un groupe dominant. Elle a été réalisée pour conserver la liberté des individus non pas pour l’obtenir (comme dans d’autres révolutions). La sécularisation de la société américaine n’est pas complète, celle-ci étant encore fortement liée à des traditions religieuses ce qui peut servir aussi d’explication du succès du multiculturalisme et de l’idée de la séparation des pouvoirs de l’Etat et de la genèse de la société civique. La sécularisation de la société américaine n’a pas avancé vers l’exclusion totale de l’aspect religieux[17]. De même va pour le sport, la politique et la justice qui sont d’autres modes de sécularisation (cf. Cristopher Lasch[18]).

L’hégémonie culturelle américaine tout comme la condition de la marginalité culturelle américains sont les deux visages du même problème celui de trop solliciter le modèle culturel américain ou de ne pas le solliciter assez. C’est un modèle performant, créateur d’excellence, de nouveauté et d’innovation technologique. Il s’est installé proprement dit après la Seconde Guerre Mondiale et est sorti en évidence grâce à sa capacité d’arbitrer les conflits mondiaux. Mais au-delà de sa présence économique et militaire qui ne font pas le sujet de notre étude, on doit mettre l’accent sur le mode de vie américain qui s’est à tord ou d’une manière légitime imposé comme un modèle. Celui-ci rassemble deux désirs philosophiques des Lumières: le bonheur et la liberté en les transformant dans des droits de chaque individu moderne. La marginalité d’un tel modèle culturel est qu’il est singulier, c’est un centre de l’innovation et de l’expérience de la post modernité. Tous ces aspects et bien d’autres en font de ce modèle un modèle fragile.

C’est au sein de ces modèles culturels que la télévision s’est installée.  Cet instrument moderne a plusieurs rôles que nous allons découvrir par la suite. La télévision assume plusieurs rôles, car elle se situe au carrefour de plusieurs zones d’intérêt et éléments de la vie sociale.

3. Le sens de la télévision dans la partie de la culture quotidienne 

 

Nous devons établir ce que la culture représente  quelles sont ses limites et son étendue. Si nous faisons référence à la culture comme étant composée seulement d’expositions et de spectacles, c’est une erreur. La culture est une somme d’activités.  Dans cette série d’activités, nous pouvons aussi introduire la télévision. Comment établir une relation entre la télévision et la culture ? D’une part la télévision est constituée d’une série d’activités artistiques, d’autre part elle informe, elle est au courant, elle fait partie de la vie quotidienne des individus.  Dans un recherche statistique concernant les habitudes culturelles des français, réalisée par l’INSEE a démontré que les français dépensaient  une grande partie de l’argent alloué à la culture est orienté vers  la télévision. On découvre ainsi  dans une étude de Philippe Coulangeon que « Les dépenses consacrées à la télévision représentent en France, depuis la fin des années 1970, entre un cinquième et un quart du budget culturel des ménages. […] La nature des dépenses liées à la télévision s’est aussi fortement modifiée depuis le milieu des années 1980 avec la progression des dépenses d’abonnement aux chaînes hertziennes à péage [..] puis à la télévision par câble ou par satellite. »[19]

Si en France ce processus a été plus rapide grâce au régime politique démocratique, il a fallu attendre jusqu’après 1990, pour qu’en Roumanie se développe ce système. Cela n’a pas voulu dire que l’expérience des pays dans lesquels le monde de la télévision s’est développé techniquement plus rapidement a servi de signe « avant coureur » pour que la Roumanie s’adapte d’une manière différente pour prévenir les dangers auxquels elle s’exposait.

Coulangeon explique qu’à cette modification de la structure des dépenses audiovisuelles correspond une transformation plus profonde de la sociologie des pratiques liées à la télévision, la diversification des usages du petit écran réintroduisant de la différenciation sociale dans un contexte de quasi saturation de l’équipement  télévisuel des ménages depuis le début des années 1980 en France et plus tard ailleurs.

On peut observer qu’en Roumanie tout comme en France, les habitudes des ménages concernant la télévision ressemblent. La différence entre ces habitudes et le destin de celles-ci peut être expliqué par le passé marqué par la privation de l’accès aux informations, d’où la soif pour la télévision en Roumanie. Mais on ne peut pas réellement lancer un débat là-dessus puisqu’en ce moment nous n’avons pas trouvé d’informations académiques ou statistiques claires concernant les habitudes des ménages concernant la télévision en Roumanie.

 

4. Qu’est ce que la télévision ?

 

La télévision est un moteur de transmission d’informations. Pour certains c’est un métier. Pour la plupart c’est un moteur d’informations et de divertissement très étendu et de cohésion sociale à un certain point puisque beaucoup de gens s’y retrouvent devant le poste de télévision et discutent autour de ce qui est diffusé. C’est aussi une raison de plus, de passer du temps avec les membres de la famille. La télévision est un moyen de communiquer en masse. Mais „elle veut dire aussi la plus grande perte forme humaine de la planète”[20].

Eric Macé argumente que dans les sociétés démocratiques, la à n’est ni une institution, ni un marché, mais un espace public médiatique où se configurent, en écho au niveau d’intensité des conflits culturels, des représentations symboliques du monde, de la société et des identités. Donc, la production, les usages et les représentations de la télévision ne sont que les moments différents d’une même médiation configurant des rapports sociaux : la production est la traduction télévisuelle des débats au sein de l’espace public ; les usages en réception sont le maillon d’un continuum entre l’expérience des spectateurs et les actions de configuration des représentations médiatique au sein des industries culturelles et de l’espace public ; les représentations télévisuelles sont l’expression située des compromis identitaires de chaque société nationale.

La télévision se trouve entre la production et la création entre un esprit commercial et un esprit artistique et c’est de cette ambiguïté que de nombreux problèmes structurels naissent. Ce sont des problèmes internes. Lorsqu’il s’agit des débats concernant l’impact sur le public, comment est perçu le travail de la télévision par le public, cela est une autre histoire. La télévision croit mesurer cela qu’au niveau du rating. Comme nous le verrons plus tard le rating est une forme non démocratique de compter les voix. Le rating est aussi une manière de donner tout à la majorité et rien à la minorité. Pourtant la minorité fait bien partie  du public. Dans ce cas l’élite est minoritaire. Eric Macé cite L’esprit du temps d’ Edgar Morin. Morin avait montré la contradiction structurelle correspondant à l’industrie culturelle entre standardisation et innovation, entre « production » et « création» : d’une part, les industries culturelles doivent être agréables au plus grand nombre tout en amortissant leurs investissements, ce qui mène à la fois à un conformisme moral et culturel et à une forte standardisation répétitive ; mais d’autre part, les industries culturelles doivent renouveler leur offre, en même temps pour introduire des clivages par rapport à la concurrence et pour accompagner les clivages effectués au sein de l’espace public et des pratiques sociales. Cela mène à la fois à des innovations et à des transgressions, tant dans la forme que dans le fond. Edgar Morin introduit de cette façon au centre de l’industrie culturelle, en brisant l’unité induite par les théories critiques, un principe d’instabilité des modèles de la culture de masse. Ce développement a lieu en même temps au sein de l’industrie culturelle et dans un contexte plus large (national et international) de production. Le publique semble se conformer aux représentations télévisuelles. Le niveau d’intensité du conflit dépend des représentations au sein de l’espace public  et des « théories » du public imaginé par les programmateurs, les scénaristes et les réalisateurs. C’est d’ailleurs ce qui conduira Morin à montrer comment la culture de masse a accompagné la construction d’une « mythologie du bonheur » dans les années 1950 (dans Névrose, 1962) et sa crise dans les années 1960 (dans Nécrose, 1974).

 

La télévision est aussi une source de revenus pour ceux qui travaillent dans le domaine, une source d’information, de divertissement et le leader dans le domaine de la communication.

 « La télévision est malheureusement devenue un mal nécessaire. C’est un mal car elle ne réussit pas toujours à influencer d’une manière positive ceux qui ont le temps de la suivre. C’est nécessaire, car elle est a comme but d’informer. De mon point de vue, en tant que journaliste d’informations, je me limiterai à dire qu’elle informe et que je crois que c’est un mal nécessaire de notre époque. La télévision s’intègre parfaitement dans le contexte ou nous déroulons notre vie et notre activité. Du point de vue du lieu où je travaille, la télévision nationale est une institution media qui, comme je le disais, est destinée à informer, éduquer, amuser le public spectateur, par des moyens qu’elle considère être les meilleurs, mais elle ne réussit pas toujours »[21].

La télévision des ses débuts a été contestée. On disait que la télévision sera la mort de la peinture, que le cinéma sera la mort du théâtre, les minidisques seront la mort des livres. La télévision est un journal qui se répand partout. « Elle a ses défauts. Nous oublions de lire car nous recevons tout  d’une manière synthétisée. Mais nous risquons aussi d’être manipulés si nous n’apprenons pas à lire entre les lignes. Elle peut être aussi une forme perverse de nous tenir sous contrôle et je ne crois pas que cela est bien »[22]. En effet, l’être humain, étant mis en situation confortable est plus facilement manipulé. Tandis que le public refuse tout effort personnel pour comprendre, pour voir, il devient la victime de ceux qui viennent leur présenter des produits. « Nous ne pouvons pas faire de la culture à la télévision au plus haut niveau » ajoute Ruxandra Ţuchel, la directrice de programmes de TVR Cultural. « Nous ne parlons pas ici de l’académisme. La télévision est un instrument pour le public large (niveau moyen et faible) ». Mais c’est aussi une vocation. Ce n’est pas quelque chose d’accidentel. Daniela Zeca Buzura a eu la chance d’un moment historique en 1989. « A la fin des années 80 je voulais faire de la télévision mais ce n’était pas possible. J’ai choisi de faire de la philologie pour pouvoir éventuellement plus tard me rapprocher du monde de la télévision.  Les plus grands succès et les plus grands échecs ont été au sein de la télévision et je ne pourrais pas imaginer mon trajet intellectuel et professionnel sans la télévision.

Il faut pourtant être attentif au virus du verre, comme on dit ici. Il s’agit d’une réaction qui arrive surtout aux vedettes de télévision, elles stagnent sur un projet et ont du mal a de détacher de celui-ci. C’est l’incapacité d’avancer au-delà d’une certaine limite proposée. J’ai pu le remarquer chez des grands professionnalistes qui ont été près de moi. J’ai essaye d’éviter cette course. J’ai pu remarquer des collègues qui partaient à la retraite et qui ont été l’équivalent de la mort même physique parfois. Il y a eu des moments pénibles ou des personnes prestigieuses ne pouvaient pas s’adapter au monde réel et aux exigences de la vie de chaque jour, une fois lorsqu’ils sortaient du monde de la télévision.

Ainsi pour moi personnellement, la tentative et la tentation ont été d’avoir un angle de fuite et de faire aussi autre chose. C’est pour cela que j’ai aussi fait de la théorie media, afin d’éviter la fermeture et la délimitation seulement dans le domaine de la praxis. En ce moment les choses sont qu’un flux »[23].

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

II Le rôle de la télévision dans la société 2K

 

1. La télévision dans le contexte actuel :

 

Une des pratiques culturelles présentées par Philippe Coulangeon est la télévision. Elle est désignée en tant que  « pratique dominante […] de loisir culturel »[24].

Le progrès technique a engendré, dans le domaine de la télévision des coûts pour les fournitures d’outils modernes et performants. Selon cette recherche la télévision est regardée pour plusieurs raisons de fond : les usages structurels (la télévision n’est pas regardée pour ce qu’elle diffuse mais pour servir comme accompagnement de fond) la télévision sert d’accompagnateur ; elle sert aussi pour des usages relationnels provoquant des conversations et débats entre membres de la famille ou amis, d’où le ressourcement du lien social ; finalement on peut parler des usages cognitifs, il y a des émissions à vocation clairement pédagogique. Pour ce dernier modèle il est intéressant de montrer que les émissions à vocation didactique prennent le rôle de promouvoir des modèles considérés utiles par et pour la société comme par exemple l’apprentissage des rôles masculins et féminins ( comme a pu le remarquer aussi D. Pasquier en 1997). La construction sociale des usages de la télévision, remarque Coulangeon, est ainsi « indissociable du cadre familial de sa diffusion ».

La télévision est clairement attachée au temps passé à la maison et aux activités des familles. Les recherches dans le domaine, ont montré que la télévision reste allumée la plupart du temps de ménage et de repas. Ceci n’est pas surprenant car la plupart des personnes ne restent pas très longtemps à la maison. Même le temps de repos consacre une partie à la télévision car le public moderne s’endort souvent avec la télévision allumée. D’autre part les gens vont rarement en vacances et a priori c’est le seul moment ou ils ne regardent pas la télévision ou en tout cas beaucoup moins.

Les enquêtes concernant la télévision montrent que l’unité de mesure du temps affecté à la télévision est de deux heures. Coulangeon constate que les européens, en général, regardent en moyenne deux heures par jour la télévision alors que les pays anglo-saxons dont le Royaume Uni et les Etats-Unis, par exemple, dépassent cette moyenne.

 

La société 2K est la société des années 2000 celle dans laquelle nous vivons depuis près d’une décennie. C’est une société de crise (économique, sociale, environnementale, politique…) mais aussi la prolongation du phénomène accru de société de consommation, de globalisation, de vitesse et de l’information. Ces phénomènes sont souvent interrogés et réinterrogés car on a souvent constaté qu’ils prennent ampleur et tendent à nous dépasser et à devenir incontrôlables. La télévision n’échappe pas à tous ces phénomènes. Très souvent on a accuse la télévision de faire partie de ces mouvements et a encourager l’émiettement des la société traditionnelle, celle qui se réunissait devant les repas du Dimanche, celle qui encourageait les familles à communiquer et à partager plus de relations directes, celle qui gérait ses problèmes de vive voix en rapprochant les individus les uns des autres. Par ailleurs, la télévision a saisi depuis quelques décennies les courants sociaux qui déterminaient les individus à se déraciner de leur foyer natal et l’éparpillement des familles et des valeurs ancestrales. La télévision a aussi saisi les courants qui font que de nos jours les individus se sentent de plus en plus éloignés les uns des autres et se retirent dans un individualisme croissant. Ces phénomènes sont réels la preuve étant le fait que les individus se sentent de plus en plus étrangers dans leur propres vies, déstabilisés, désorientés et cherchent un refuge dans des illusions d’alcool, drogues, antidépresseurs… etc. (cf. Alain Ehrenberg). Et pourquoi pas la télévision ? La télévision a saisi cela en rebondissant et en assumant son rôle de médiateur. Son choix a été de donner le droit à la parole mais en offrant aussi de nouvelles solutions et sources d’information. Le temps passe trop vite et l’emploi du temps est trop charge. La partie pauvre de la population mais aussi les classes moyennes trouvent dans la télévision une issue pour s’informer et de rester en contact avec les événements et informations quotidiennes. Grâce à la télévision personne n’ignore ce qui se passe dans le monde. Ce qu’on peut reprocher pourtant c’est que les télévisions nationales ne couvrent pas toutes les informations. On pourrait faire ce reproche aux télévisions : de ne couvrir que certaines aires géographiques et que certains événements. Comme nous l’avons étudié dans notre mémoire de recherche sur la marque de pays et  la promotion de l’image culturelle de la Roumanie, nous restons fidèles aux reproches fait aux médias sur les informations qu’ils diffusent sur la Roumanie mais ce n’est pas seulement le cas de ce pays mais aussi d’autres pays qui sont sur le continent européen (ne parlons pas d’autres continents qui sont encore plus privés de couverture médiatique).

 

La situation financière actuelle signifie aussi que moins d’argent sera dépensé dans les programmations culturelles, et beaucoup plus sera investi dans les émissions de divertissement ainsi que dans tout ce qui est émissions populaires afin d’avoir plus d’audience de masse a laquelle on puisse transmettre les messages publicitaires des sponsors.

La télévision n’a pas plus d’effet négatif sur son public que les livres ou les journaux. Les chaînes internationales comme The History Channel ou Discovery  ne peuvent pas être vues comme culturelles dans le vrais sens du mot, selon le producteur de télévision Gerald Buckland. « Ces chaînes offrent une opinion générale, ils génèrent peu de discussions et ne contribuent en rien à une discussion culturelle. Arte est une chaîne très inhabituelle (comme Channel 4 en Grande Bretagne) elle a une programmation controversée et contribue en cela aux discussions culturelles sur des sujets sérieux[25] ».

Alain Ehrenberg est un sociologue co-directeur du groupe de recherche « Psychotropes, Politiques, Société » au CNRS. Dans le livre « L’Individu Incertain »[26] il expose deux types de portes de secours des individus de la société actuelle « prolongements de la subjectivité » qui servent à aider l’individu d’assumer les angoisses de la vie sociale. La télévision tout comme les drogues (antidépresseurs) est vue comme une « mythologie de la liberté ». La télévision, devient le lieu de la « médiation relationnelle ». Son point de vue m’a paru pertinent dans la mesure où il s’agit de tout un processus mental lié à la relation spectateur- télévision. La relation étroite n’est pourtant pas seulement celle de dépendance. Dans ce sens la télévision essaie de répondre à des besoins conscients ou inconscients des individus. Même si la télévision ne guérit pas les maux du siècle elle réussit quand même à soulever des interrogations qui pourraient mener à la guérison. Mais cela prend du temps. Nous avons considéré quelques propos de ce livre intéressants pour cette étude, dans la mesure où ils aident à donner une réponse à l’interrogation sur le rôle de la télévision dans la culture et bien évidemment dans la société 2K.

 

En 1983[27] la télévision s’ouvre a une nouvelle forme de spectacle: le reality-show.

Mettre la fin a la télévision « tisane » version euphemisées de « l’opium du peuple » afin de promouvoir une télévision active, qui permet au public de réagir. La télévision se transforme dans moins de dix ans dans un acteur social spécialisé dans la compassion et de prendre en charge un domaine considéré comme mal géré par les institutions qui en ont la responsabilité. « Les reality-shows expriment [le] déplacement de la possession a la relation ». La télévision ne montre plus que des tendances a suivre en essayant de créer de goûts dans le but du commercial (comme les émissions de télévision des années soixante aux Etats-Unis) ou la télévision était un des grands promoteurs du rêve américain (« American way of life ») qui comprenait la femme au foyer qui gagnait plus de temps avec l’invention et l’accessibilité des produits électroménager, les produits de beauté et ainsi de suite. Un exemple de la cinématographie américaine contemporaine est le film « Monalisa Smile » de Mike Newell (2003) ou il s’agit d’une professeur d’Art, avec un esprit très ouvert, qui essaie de développer l’esprit critique à des lycéennes des années 1950 en leur demandant d’interroger leur rôle ainsi que leur statut dans la société de l’époque. Tout comme le cinéma la télévision  a progressivement essayé de poser des questions au public en les faisant participer activement. La différence principale est que la télévision a tenté non seulement de poser des questions mais aussi de faire participer le public à la conception de réponses adéquates à leur société. Les talk-shows et les émissions de télé-réalité ont exposé des faces cachées de la vie du public en les incitant à sortir du tabou et à prendre conscience que ce qui se passait dans leur vie étaient des phénomènes qui touchaient de nombreux autres individus et de nombreuses autres familles.

Ce phénomène s’est développé au détriment d’émissions de fiction qui n’ont fait que conforter la tendance de s’enfuir dans un imaginaire consommateur d’audience qui éloigne le public de la réflexion sur la réalité[28]. C’est un des reproches faits à la culture de masse que de distraire les pauvres en les détournant des vrais problèmes. Comment distraire les gens en les ramenant à la réalité ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

2. Confronter à la réalité ou distraire ?

 

„Il existe certes des stratégies éditoriales et des contraintes de « ciblage » des publics qui conduisent à formater les « sujets » d’information et les propos qui s’y rapportent. C’est ainsi que TF1, tout en confortant l’image globale de la chaîne comme médiatrice privilégiée entre son public et le monde contemporain, a fortement différencié ses deux éditions quotidiennes. Le journal de 20 heures est pensé comme le « journal de la France  », c’est-à-dire d’un monde social, culturel et politique national intégré dont la « Télévision française n° 1 » serait l’expression, ayant à faire face à des désordres et à des manquements (y compris de la part des institutions) ; tandis que le journal de 13 heures est pensé comme le « journal des Français », c’est-à-dire d’un monde social et culturel familier à un « nous » socialement modeste et culturellement majoritaire, confronté aux drames de l’existence et aux mondes des « eux », et faisant appel aux réassurances populistes du proche et du « connu » pour y faire face”.[29]

Le même modèle se retrouve en Roumanie dans le cas des télévisions commerciales. La télévision nationale s’efforce que se détacher des ces modèles et cela peut se voir dans sa structure. Il y a plusieurs chaînes qui s’adressent à des publics cibles différentes.

 

Un premier débat est celui de savoir si la télévision a comme seul et unique but de distraire ou bien il s’agit d’enjeux beaucoup plus complexes ?

La télévision a offert par ces talk shows un cadre pour des paroles et l’expression de soi.

La télévision est vue comme un entrepreneur de spectacle mais quelles sont les nouvelles tendances de la réalisation d’émissions ? A quels besoins cherche-t-elle de répondre  de nos jours ?

La forme des émissions change en fonction du contexte. La télévision a changé avec le contexte social (par exemple en rapport avec l’époque des Trente Glorieuses en France). A l’international ce contexte est différent et varie et dans chaque pays les émissions de télévision prennent une forme distincte en fonction des besoins du public.

 

 

 

3. Télévision et individualisme- dilemme et traitement

La télévision se développe en fonction du contexte social donc en fonction des besoins et de l’évolution des habitudes et modes de vie de la société. Son activité a a priori un double sens celui précédemment énoncé et celui de « formateur d’opinion ». Dans ce sens la télévision est un vrai médiateur culturel qui doit être pris en considération pour plusieurs raisons. D’une part la société actuelle semble avoir un réel besoin de médiation culturelle. Mais nous savons très bien que cet acte de médier peut engendrer des résultats tout aussi bien positifs que négatifs. Que veut dire la médiation ? Les définitions de ce terme vont unanimement dans le sens de la communication, le tissage de liens et l’ouverture impartiale d’une discussion qui se fonde sur une « relation entre deux » (Jean François Six) et la recherche de « l’adhésion de l’acteur à une solution la plus consensuelle possible » (Etienne Leroy). Le médiateur doit donc être impartial, professionnalisé, diplomatique et en dernière instance pédagogue s’il s’agit de médiation culturelle. La télévision exerce aussi le rôle de médiateur relationnel[30] par la mise en forme de la relation entre l’un et l’autre en offrant une scène publique et fournissant du sens à chacun sur les problèmes relationnels ainsi qu’un cadre d’action aux protagonistes comme aux téléspectateurs. Les talk shows peuvent être considères comme une manifestation culturelle. Chaque pays a des thématiques de discussions en fonction des problèmes de large intérêt de leur société. Il y a des talk shows qui débattent des événements politiques, des problèmes sociaux, des événements mondains et ainsi de suite. Dans ce cas nous avons le droit de nous interroger sur le coté pédagogique de telles émissions. En effet ces émissions peuvent être utiles pour la population qui a déjà formé son esprit critique et assister à de telles émissions produit un effet d’éclaircissement sur ce qui se passe mais aussi sur qui sont les acteurs sociaux et politiques qui apparaissent sans cesse sur l’écran. Mais que deviennent ceux qui se trouvent par hasard, emportés par une émission de télévision qui expose des points de vue plus ou moins sincères et qui ne savent pas que faire des informations qu’ils reçoivent ? Ici intervient le grand reproche que la société fait à la télévision : celui de manipuler l’opinion publique. Les quiproquos n’arrêtent pas d’influencer une population ignorante et assoiffée de sensation et de scandale. Que la répétition soit la voie vers l’apprentissage n’est pas un fait méconnu. Il serait donc naturel de constater après observation que l’opinion publique se forme souvent par un enchaînement d’émissions, qui soit disant impartiales, prêchent plutôt une idée qu’une autre (en fonction de la couleur politique du poste de télévision ?).

La télévision peut être envisagée comme un médiateur. Mais quelle forme de médiation peut-on lui assigner ? Un possible volet est celui énoncé par A. Ehrenberg dans l’Individu Incertain : « L’entrée de la télévision dans le marche largement encombré de troubles de la relation qui affectent l’individu incertain vient de la faire admettre dans le club de la médiation technique »[31].Cela veut dire que le public est en relation avec les nouvelles formes de technologie moderne et participe à ce processus en consommant ces nouvelles technologies aussi grâce à la télévision.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4. La télévision comme leader du milieu de la communication

 

La télévision « n’est plus seulement diffusion a domicile des spectacles et d’informations, sa multiplication dans les espaces publics et prives, la diversification des usages en font un support universel »[32].

La télévision est la forme de transmission culturelle qui a su tenir le pas avec l’avancée des technologies et qui a participé à l’innovation dans ce domaine (technique, programmation, modes). On peut remarquer que la télévision à une double fonction : d’une part elle suit une mode afin de satisfaire les demandes du/ des public(s) mais en même temps elle a la capacité de créer de nouvelles modes[33]. « Nous sommes moins dans une civilisation de l’image, s’opposant à l’écrit, que dans une culture de l’écran se rajoutant à l’imprimé » dit Ehrenberg. Le développement économique et technologique, ont permis une diversité d’outil de transmission de l’information qui sont complémentaires et qui sont destinées à une croissance des connaissances du public même si paradoxalement cette multiplication de sources peut provoquer des effets pervers. Parmi ces effets pervers nous pouvons énumérer la confusion et la simplification de l’information. Même si on ne le perçoit pas ainsi cela est en relation directe avec l’économie et la politique. Par exemple, dans un régime totalitaire, la diversité des informations transmises à la télévision est réduite. Les émissions sont contrôlées et censurées. La population ne peut voir à la télévision que ce qui leur est permis de voir. Donc il n’y a aucune confusion qui puisse se produire. La télévision est unique tout comme le parti et son dirigeant. La voix du peuple n’est pas entendue et le divertissement est plutôt un prétexte de façade pour faire passer des messages a substrat politique. Dans les années 2000 il y a hélas encore de telles sortes de régimes mais qui sont moins visibles car ils semblent lointains. La mémoire collective se dit pérenne mais la mémoire des êtres humains est plutôt courte : « loin des yeux, loin de la mémoire » on dirait pour paraphraser un dicton bien connu[34]. Depuis les vingt dernières années la démocratie s’est étendue en Europe, laissant derrière elle des régimes communistes de très triste souvenir. Nous rappelons cela dans le contexte où vingt ans en arrière ; en décembre 1989, devant la Télévision Roumaine s’étaient rassemblés des jeunes gens qui ont préféré dire leur dernier mot et donner leur dernier souffle devant le symbole de la démocratie et de la libre parole qu’était la Télévision plutôt que de continuer de vivre dans l’oppression et la frustration chaque jour. Certains ont vécu pour témoigner dans des enregistrements vidéo de leur évolution dans le temps. Certains sont devenus des personnages politiques, des journalistes ou des intellectuels qui font appel au « mémento » des jeunes générations. D’autres sont effectivement morts lors de la Révolution en laissant en héritage leur initiative, leur courage et le sort de la démocratie. C’est une lègue historique qui nous semble intéressant de mentionner pour dire que la télévision n’est pas seulement un instrument de divertissement. La télévision est dans son essence un symbole de la démocratie, de la libre parole mais aussi une voie essentielle de communication. La télévision en Roumanie est un « lieu de mémoire »[35].

Son rôle semble avoir changé en fonction du contexte social et politique, en fonction de la multiplication des chaînes de télévision de leur orientation vers un type de programmes. Cette diversité est compréhensible dans le sens où on désire prendre en compte la diversité culturelle du public, tout comme dans tout autre domaine de la culture.

Est-ce la diversité culturelle seulement un prétexte pour faire de l’argent ? Si cela était vrai il serait valable pour tout domaine de la culture in extenso.

Ce n’est pas pour autant qu’on pourrait dire que la télévision ne produit pas des gains économiques. Tout au contraire, l’existence de la télévision fait profiter économiquement à tous les domaines. Prenons comme exemple le tourisme. Les films, les séries, les documentaires qui passent à la télévision favorisent, stimulent  la circulation des touristes. La télévision vit en harmonie avec les autres domaines de la culture et continue à s’étendre dans d’autres domaines.

 

Alain Ehrenberg parle des émissions faisant partie du « matériau mythologique ». Les émissions culturelles comme celles diffusées sur la chaîne  Arte n’en font pas partie. Celles-ci viennent donc s’opposer aux émissions de télé-réalité. Elles expriment un point de vue réaliste et singulier sur  un univers ou genre d’expérience.  Chaque génération a eu une série d’émissions télévisées qui sont devenues des mythes. Du point de vue de quelqu’un qui appartient a la génération des années 1980, surtout ceux qui ont vécu dans un certain contexte, il y a eu des émissions emblématiques de l’époque, des personnages, des productions, qui attiraient un intérêt extraordinaire : Club Dorothée (pour les enfants), Fort Boyard, Questions pour un champion, Taratata, ne sont que quelques exemples mythiques de l’enfance de cette génération, produites par la télévision française. Nous avons donc  de types d’émissions opposées qui font partie de la culture télévisuelle. Ce sont  deux genres qui d’une part  essaient de  transmettre un savoir pas le biais de la réalisation d’un reportage sur des faits réels (méconnus ou peu connus par les masse), c’est un travail de la matière vidéo et l’exploration par la camera  de réalités lointaines (travail artistique et documentaire) ; d’autre part qui essaient  de mettre face a face des personnes et des expériences afin de confronter leurs points de vue (avisés ou pas) sur les réalités qui les concernent ( ces émissions sont en direct, et exposent des problématiques contemporaines, sont ouvertes aux débats, nous sommes plutôt dans le dire plutôt que dans l’évaluation ou la transmission d’un savoir).

Pourquoi le public est attire par ce genre d’émission ? Une explication possible est le fait que ces émissions sont populaires. On parle d’eux on met les points sur les « i », les gens s’y retrouvent. Par ailleurs, le public regarde des émissions ou ils aimeraient se retrouver. Il s’agit d’émissions qui leur donnent le goût de ce qui pourrait être ou aurait pu être (ambitions, rêves…). Ehrenberg explique cela par le besoin de « référence pour sa propre vie privée »[36]. Il explique aussi qu’à partir des années 1980 la télévision a commencé à donner la parole aux gens par le biais de ces talk-shows et émissions de télé-réalité. C’est ainsi que la démocratie a commencé à se manifester aussi par l’intermédiaire de la télévision dans le domaine culturel. Walter Benjamin fut un des premiers à s’interroger sur le rapport à l’œuvre d’art dans l’ère de sa reproduction technique. Il répondait  dans les années trente : «  c’est un lieu commun : les masses cherchent le divertissement, mais l’art exige du spectateur le recueillement »[37].

Rémy Rieffel est Professeur à l’Université Paris II (Institut Français de Presse) enseigne la sociologie des médias. Il est spécialisé dans l’étude des journalistes, des intellectuels et des rapports entre les médias et la culture.

 

Dix années après l’Individu Incertain d’Ehrenberg, Rémy Rieffel dit dans Que sont les médias ? : « Nous baignons dans une atmosphère imprégnée d’informations […] plus ou moins disparates : signe tangible d’une mutation technologique et sociale qui nous fait peu a peu rentrer dans une nouvelle ère, celle de la médiatisation »[38].  Rieffel ajoute aussi que «  le principe de connexion généralisé semble ainsi être devenu l’une des caractéristiques du mode de vie de l’homme moderne ». Peut-on envisager une nouvelle transformation des médias et notamment de la télévision en sachant que son concurrent dans le domaine de la transmission des informations, l’Internet, vient peu à peu prendre sa place pour un grand nombre d’activités ? Rieffel parle donc d’une connexion aux informations mais aussi à une nouvelle forme en croissance permanente qu’est l’Internet. Par l’intermédiaire de l’Internet on peut réaliser des choses complètement inimaginables il y a vingt ans. Par exemple la transmission d’une information sure qui touche un grand nombre de personnes qui ne se connaissent pas entre elles mais qui ont les mêmes intérêts (c’est le cas des événements récents de la République Moldave[39] et du rassemblement réalisé par l’intermédiaire du site « Facebook », mais aussi des événements sociaux et culturels où leurs responsables font passer l’invitation à l’événement en faisant de la publicité individuellement ou collectivement).

 

Le rôle des médias soulève plusieurs questions sur leur influence (manifestement les médias ne nous laissent « guère indifférents » comme remarque R. Rieffel) leur présence et sa relation aux préjugés et passions qu’elle suscite.

Plus que donner des leçons la télévision offre des points de vue et le débat doit rester ouvert selon les principes de la démocratie et de l’accès à la libre parole.

L’activité des médias ouvre la voie libre à la communication, au débat, à la liberté d’expression mais n’est pas protégée non plus des critiques. Des personnages politiques, des intellectuels et bien d’autres contribuent à ses critiques. Ceci ne laisse pas beaucoup de place à d’autres personnes à défendre le rôle essentiel des médias. Il est aussi important de constater que certains de leurs critiques trouvent écho même au sein de leur défenseurs car les médias sont tout a fait  critiquables pour de nombreuses raisons.

Nous ne citerons qu’une seule raison qui me parait important d’évoquer car elle est au carrefour entre les médias, la politique, la culture et les relations internationales et touche plus d’un groupe limité de personnes. Les médias ne semblent plus tenir leur promesse initiale et atteindre leur but de jouer le rôle de médiateur impartial et d’informateur. La multiplication des postes de télévision répond au besoin de la démocratie, de la diversité qu’elle implique mais en même temps elle est la source de rivalités. Comme dans l’histoire des relations internationales on parle souvent de la course aux armements comme garantie de la sécurité nationale des Etats, dans le domaine des medias on pourrait, par analogie, parler de la course aux informations qui expriment l’obsession de survivre des médias, dans un milieu concurrentiel. Le plus souvent il s’agit des informations qui font scandale, qui suscitent des réactions passionnelles plus que raisonnables, en ne laissant pas place au jugement et à la raison critique. L’exemple que nous souhaitons évoquer est celui du rôle des médias internationaux dans la promotion (des images) de l’image des pays voisins ou lointains. Las médias nationaux négligent l’importance d’une meilleure connaissance du monde qui les entoure. Le plus souvent ils accordent trop peu de temps de diffusion d’informations sur ce qui se passe ailleurs. Lorsque des nouvelles internationales sont diffusées, elles prennent la forme de clichés qui viennent réconforter les préjugés du public au lieu d’ébranler leurs préjugés. Cela signifie que le public est exposé à la méconnaissance des réalités externes. Les médias ne réussissent donc pas à tenir leurs promesses qui ont été faites par leurs ancêtres (les formes de médias embryonnaires). Ces promesses tenaient à une certaine éthique du métier, à un engagement d’impartialité, de vérité et qui ferait bénéficier le public.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5. Les médias source d’histoire

 

Grâce aux médias il nous reste des traces écrites et visuelles du passé. Le passé fait indéniablement partie de la culture et de la construction de la société actuelle.

Apres avoir modestement participé aux critiques de la télévision nous voudrions énoncer quelques critiques que R. Rieffel énonce dans l’introduction de son livre. Il s’agit des critiques de Michel Rocard de Martine Aubry et dans un autre registre ceux de Jacques Derrida, Marcel Gauchet et Jacques Bouveresse. Tout comme nous pourrons le remarquer par la suite, R. Rieffel constate un peu plus de clémence du coté des spécialistes de la télévision.

Michel Rocard accuse « les simplifications produites par les médias » dues au désir de produire du sensationnel. Martine Aubry dénonce « le sentiment d’urgence et le goût pour l’anecdote » produit par les médias.
D’autre part Jacques Derrida critique les responsables des médias qui « mènent une véritable chasse à l’intelligence ». Jacques Bouveresse s’inquiète du pouvoir exerce par la presse dans le domaine de la culture. Le penchant commercial dans les affaires culturelles que la télévision soutient en promouvant des produits culturels. Ces produits, dit-il, ressemblent de plus en plus les uns aux autres. Est-ce la faute des médias ? En quelle mesure ?

Il serait intéressant de s’attarder un peu plus longuement sur les propos de Marcel Gauchet qui fait référence a la différence entre les « grands médias » de l’époque des totalitarismes et les « médias des masses », modernes[40]. Comme nous l’avons énoncé dans le chapitre antérieur, la télévision a occupé un rôle différent au sein de la société en fonction de l’époque et du régime politique, et de son évolution propre dans le temps.

La télévision est un témoin de l’histoire. Elle garde dans ses archives, dont nous parlerons plus tard, des marques de son histoire mais aussi de l’histoire du pays, depuis qu’elle existe.

Il est évident que la télévision du temps totalitaire ne ressemble pas à la télévision démocratique. Tout d’abord par définition, car la télévision de l’époque totalitaire est une télévision unique, sans concurrence qui diffuse des informations censurées selon les intérêts des dirigeants. La télévision dite unique n’est pas libre.

Une télévision qui fonctionne dans une démocratie, est une télévision qui fait partie du monde de la concurrence. Ce n’est pas une télévision mais ce sont des télévisions. Il est donc plus difficile à analyser ces offres multiples puisqu’elles fonctionnent selon des politiques différentes et servent à des intérêts différents : l’offre est variée.

6. Vers une démystification de la télévision ?

Nous ne pouvons pas ignorer les voix moins conciliantes en ce qui concerne la télévision.  On lui fait un grand nombre de reproches que même les professionnels formés à l’intérieur, ne peuvent pas négliger. Comme tout domaine qui touche l’artistique, le culturel, la télévision à sa partie de noblesse que nous découvrirons en ce qui suit, mais elle touche aussi les intérêts économiques et doit satisfaire les grandes masses qui sont nombreuses mais en même temps très hétérogènes. Les goûts des masses se reflètent dans la plupart des émissions, cela justifie en quelque mesure la médiocrité d’un grand nombre d’émissions. Les émissions de niche ou les chaînes de niche sont très peu nombreuses car elles touchent un nombre réduit qu’on appelle « élite ». En ajoutant à cela le contexte social actuel : crise économique, crise sociale, effondrement de valeurs, etc. Il est justifiable de présenter aussi des voix qui mettent en question notre sujet.

            „Une télévision et une culture fondée sur les téléphones portables c’est une culture des jeunes qui ne connaissent pas les règles de grammaire et d’orthographe et qui sont moins lettrés que les générations passées. Cela est triste. Elle  ne fait pas de la médiation mais crée des désirs. La télévision existe pour créer des désirs et de vendre. C’est un media émotionnel et donc tend à avoir un point de vue politique et culturel”[41]. Chuck Pettis considère que le non profit ou une télévision publique c’est une bonne idée. Mais se demande „ combien de non profit peut la télévision ajouter au capital social?” il ajoute aussi que la télévision „ crée des bénéfices éducationnels mais que malgré cela, en termes d’investissement personnel du temps, les livres et l’internet sont plus efficaces”.

D’autres critiques sont faites à la télévision: par sa soumission à l’audimat[42], elle permet aux exigences matérielles et financières de pénétrer dans le champ des médias, qui, afin d’être jugé comme équilibré et valide, serait censé se préserver de ces influences néfastes. Elle a un impact important qui prend de l’ampleur, détermine les autres médias à se corrompre eux aussi pour ne pas perdre terrain, en renonçant à la rigueur de leur métier pour céder aux effets de la volonté de rester dans le top et s’apprêtant au sensationnel, au nivellement par le bas, à un conformisme qui lui permet d’être agréable à tout le monde. On lui reproche aussi de faire appel à des informations qui ne sont pas scientifiquement prouvées, les informations sont volatiles et imprécises et qui induisent un sentiment de médiocrité en induisant en erreur l’opinion publique en s’affichant comme anti–intellectuelle et qui engendre comme effet un certain mépris pour les sphères scientifiques. A cela on peut ajouter aussi le problème de la massification à outrance au détriment de la qualité[43].C’est là que se pose la question du choix. Comment choisit-on ? Qui nous apprend à choisir et surtout à penser avant de choisir?

Avant d’aller plus loin, on devrait faire une petite digression afin de dire que nous considérons le rôle de l’éducation très important. Il s’agit de l’éducation traditionnelle qui se fait d’une part en famille et d’autre part dans les écoles. Nous considérons que l’école doit prendre conscience de toutes les offres technologiques modernes et d’ouvrir une voie vers celles-ci afin de constituer un bagage utile d’informations qui permettent aux jeunes de filtrer les informations et saisir ce qui est intéressant parmi les informations qui sont censées divertir et sont dépourvues de sens informatif.  Certes la télévision n’est pas une institution pédagogique, elle n’assume pas le rôle d’enseigner. Pourtant, la télévision est un « adjuvant » qui essaie dans la mesure du possible, et nous considérons qu’elle assure très bien ce rôle, d’informer. En s’appuyant sur nos lectures, sur nos leçons, sur nos informations acquises par d’autres moyens, nous pouvons nous servir de la télévision pour compléter nos informations par des  illustrations.  La télévision est, avec l’internet, le moyen le plus rapide de saisir des informations renouvelées. Par rapport à l’internet, la télévision a aussi les moyens techniques et d’archivage qui puissent illustrer un événement et en l’enregistrant sur une continuité d’événements, dans un enchaînement logique et historique. Elle a les moyens techniques de reconstituer un événement en partant des sources jusqu’au jour d’aujourd’hui. Mais comment l’ont très bien dit nos interlocuteurs, la télévision n’a pas comme rôle primordial d’enseigner, elle ne l’a jamais eu. Elle a un rôle informatif. On ne peut pas fonder une éducation que par l’intermédiaire de la télévision. Elle complète nos connaissances mais elle ne donne pas les bases à une éducation solide que seulement les institutions d’enseignement offrent. Elle peut être utilisée comme un instrument informatif qui a les moyens techniques de nous tenir au courant en sachant que les nouvelles d’aujourd’hui peuvent à tout moment se transformer dans l’histoire de demain. Plus les employés d’une télévision s’investissent a donner une image aussi fidèle que possible de la réalité, plus cette information audiovisuelle peut se constituer en archives qui serviront dans le futur de support audio-visuel, historique, dans le futur (documentaires, archives des entretiens avec des personnalités qui disparaissent dans le temps, matériels didactiques pour les étudiants en journalisme de télévision, etc.).

Nous avons entrepris une étude sur le rôle de la télévision dans le domaine culturel en quête de raisons qui justifieraient notre présence devant le poste de télévision. Nous considérons que ces raisons existent et sont aussi valables qu’avant. Notre présence devant la télévision est justifiée donc  si on apprend à cerner les informations et si on accepte que la télévision ne soit pas seulement divertissement. L’enseignement peut ouvrir la voie vers une création de goûts, il peut former un public intelligent et ouvert qui demande par ses choix, une télévision plus rigoureuse, une télévision plus orientée vers l’information. D’autre part les institutions qui forment les futurs journalistes de télévision ont comme rôle fondamental de former des journalistes plus rigoureux, orientés vers la connaissance, la vérité et la transmission des informations de façon à se plier non seulement aux prérequis de cette institution mais aussi aux normes de rigueur que les intellectuels demandent à la télévision.

Nous considérons que la présence des intellectuels à la télévision est une intervention salutaire qui ne fait que participer à l’idée de rigueur professionnelle.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7. Quelle culture à la télévision ?

Nous ne pouvons pas désigner la culture comme étant représentée seulement par l’Athénée Roumain. Mais la télévision culturelle est importante par exemple en Roumanie car il y a un marché culturel là-bas.  C’est un marché culturel très important. «On vit d’événements culturels. Si on ne vivait pas bien grâce à des événements culturels il n’y aurait pas autant. Il y a des nouvelles apparitions de livres, des festivals, concerts… il n’y aurait pas un Journal Culturel sinon. Le fait que chaque jour on puisse diffuser pendant quarante cinq minutes de journal culturel qui ne manque pas de sujets, signifie qu’il y a un marché qui a besoin de ce produit médiatique »[44].

Par ailleurs, la télévision touche un grand nombre de personnes pour un minimum de dépenses, elle contient des émissions variées pour tous les goûts dont quelques programmes culturels à valeur indéniable (Arte, Discovery Channel et ses déclinaisons, Classic…), d’autre part la télévision veut dire aussi autre chose que les festivités glamour et les talk-shows réalisés autour de scandales. Il y a un effort réel de traduction de post production qui emploie aussi des intermittents du spectacle, par exemple pour les doublages etc. cela veut dire que la télévision crée des emplois.

La manière la plus claire de voir une culture c’est d’avoir accès à ses outils de communication. Un facteur majeur dans la chute culturelle américaine  est le remplacement de la lecture et de la communication (l’art de la conversation, la rhétorique, l’idiome, etc.) avec le „divertissement”. Il y a plus d’un demi siècle, Richard Weaver („Ideas Have Consequences”[45]) décrivait comment les mass media, en particulier la radio, détruisaient le décor. Apres cinquante ans, les Etats Unis ont démontre sans aucun doute, dans les paroles de Clyde Wilson, qu’il est impossible de maintenir la civilisation dans un pays avec des chaînes de télévision commerciales.

Neal Postman écrivait il y a 25 ans, que la télévision est le moyen principal de la culture de se faire télévision. Postman appelait cela „television as epistemology.”  Donc les Américains ne parlent plus les uns aux autres- ils se divertissent.  Ils n’échangent plus leurs idées; ils préfèrent échanger des images. Postman, dans „Amusing Ourselves to Death,”[46] décrivait le passage du „age of television,”  marque par la rapidité de l’édition, l’enregistrement de la musique et des images éclairs. La substance de la vie culturelle américaine- de la politique à l’éducation, aux affaires, à la religion, ont change et se sont reformes dans les termes compréhensibles et qui correspondaient a la télévision.

Le milieu existe non pas dans les paroles mais dans les images, fragmentées, les images sorties du contexte, sans conséquence, et donc sans valeur. La télévision est pour Postman, une sorte „d’anti-communication”, car c’est une forme de discours qui abandonne et agit en même temps contre la logique, la raison, la réflexion, et contre la pensée qui découle. Selon la définition de Nietzsche, ceci est du nihilisme, selon Jung c’est de la schizophrénie.

« Dans le cadre de la télévision publique, il y a des émissions informatives décentes comme

„MacNeil-Lehrer Newshour” –même si le présentateur lui-même avait dit a un moment donne que les buts de la télévision ne sont pas pour attirer l’attention de personne mais de fournir une stimulation constante grâce a une variété de nouveautés, par l’action et par le mouvement. La complexité doit être évitée. Les nuances sont indispensables. Les qualifications empêchent le message simple. La stimulation visuelle est le substitut de la pensée ».[47]

 

Cette vision (Postman, Morris Berman, Alasdair MacIntyre, Marshall McLuhan) signifie, d’une manière prophétique que la dystopie de Huxley sur le futur a été plus réelle que celle de Orwell, pendant que Orwell avait peur de ceux qui interdiraient les livres, Huxley redoutait qu’à un moment donne éventuellement il n’y aurait plus de raison d’interdire les livres, car très peu de gens voudraient les lire. Orwell craignait qu’il y aurait quelques uns qui voudraient nous priver d’information. Huxley, par contraste, redoutait que la vérité serait „noyée dans la mer de la non relevance”, comme conséquence de notre propre passivité, indifférence et égoïsme. Finalement, Orwell avait peur que la culture deviendrait captive; Huxley craignait que la culture deviendrait triviale, en échouant de prendre en sérieux ce qu’il pensait être (dans „Retour au Meilleur des Mondes” en 1958)  „l’appétit presque infini de l’homme pour les distractions ”[48].

Les gens doivent d’une manière consciente se débarrasser de leurs acquis, c’est à dire apprendre  à se détacher des médias dans un monde qui est sature de médias

 

Pour les professionnels de la télévision, celle-ci représente essentiellement une vocation, un métier, une source de revenus, mais aussi une mission d’emmener plus loin un métier qui a encore beaucoup de choses à offrir, malgré les voix de ses critiques. Les professionnels de la télévision n’ont plus seulement une mission personnelle d’évoluer dans une carrière qui fait bénéficier tant de gens à un moment donne, mais aussi de laisser des traces de leur activité et de l’activité de ceux qui ont participé à la fondation de cette institution mais qui ne sont plus là. Leur absence est regrettée, car la télévision est une institution qui a une mémoire. C’est en cela aussi qu’elle peut être considérée comme étant une institution culturelle. Et cette mémoire et un des piliers structurels de celle-ci.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

8. Archives

 

Au sein de la télévision on parle souvent d’instants éphémères. Les archives sont des enregistrements qui ne permettent pas aux gens de la télévision ainsi qu’au public téléspectateur d’oublier ou d’ignorer l’existence des grandes valeurs du passé.

«  Nous nous rapportons toujours à l’élément artistique. Il y a des enregistrements d’événements qui ne se répéteront plus jamais. Par exemple Yehudi Menuhin ou George Enescu. Ce sont des personnes qui n’existent plus. Le patrimoine d’une télévision est l’archive. C’est là-bas qu’on peut trouver des voix qui ne sont plus dans la vie réelle, on peut trouver des rôles, des interprétations, des images. Tout reste enregistré sur bande »[49].

Comme dans le poème : Mon Rêve Familier de Paul Verlaine : « les voix chères qui se sont tues ». « Oui » ajoute la productrice du Journal Culturel « mais elles ne se taisent pas ».

Elles ne doivent pas se taire. Le rôle des archives est essentiel dans une télévision tout comme dans un poste de radio ou dans toute institution culturelle. « Je suis convaincue qu’il y a des archives propres dans toute institution culturelle, même si elles ne sont pas ouvertes au public, mais qui servent  aux employés de ces institutions dans leur activité. Tu sais très bien que nous nous rapportons à tout ce qui a été. Nous jugeons toujours les valeur contemporaines en les rapportant à tout ce qui a été il y a dix ans, vingt ans, trente ans et ainsi de suite. Nous penserons toujours à Toma Caragiu, à Calboreanu[50], à Vraca[51], à Birlic[52]. En pensant à Amza Pellea[53], la Dem Rădulescu[54],  à ceux plus proches de nous. C’est pareil pour la chanson. Même si c’est un peu différent pour la chanson a cause de l’histoire récente  de la Roumanie. Nous avons eu un genre de musique durant la période communiste.  Apres la Révolution les choses ont changé. L’émancipation, le désir d’imiter les valeurs d’ailleurs qui n’étaient pas forcement des valeurs [55]». On a parfois répudié les voix et les valeurs locales.  Ceci n’a pas été une bonne chose. « Je veux dire qu’on peut aller plus loin sans tourner le dos à tout ce qui a été. On peut garder un équilibre entre le nouveau et l’ancien. Il ne faut pas absolument jeter tout ce qui a existé »[56]. Nous sommes ici aujourd’hui grâce à l’existence de ces personnes. Ces personnes ont existé, car ces moments ont existé. TVR se réjouit d’une archive  suffisamment consistante. Surtout dans la Télévision Roumaine, qui nous permet la revalorisation, la remémoration mais aussi la reconstitution de modèles qui ont influencé des générations et qui d’une manière regrettable, aujourd’hui ne trouvent pas d’équivalent parfait.  Un des défauts des télévisions, en faisant  référence seulement aux télévisions de Roumanie, est qu’elles ne créent plus de valeurs. Elles ne font plus rejaillir des valeurs authentiques. « Elles créent de fausses valeurs, des vedettes de carton, des vedettes de verre. On est arrive a un point ou les modérateurs de télévision se trouvent dans les manuels d’histoire. C’est une chose bizarre. Il y a des vedettes qu’on voit  à la télévision pendant dix à trente ans et après disparaissent. Ils ne sont pas comme un livre ou un film. Un film comme par exemple Casablanca, qu’on regarde avec plaisir de nombreuses fois. On le regarde pour revoir Humphrey Bogart ou Ingrid Bergman.  Qu’est ce qui se passe aujourd’hui ?  Il y a beaucoup plus de superficialité. Malheureusement les télévisions ne créent plus de valeurs. Il y a des gens qui restent dans la deuxième ou la troisième ligne qui ne disent rien. Heureusement parfois ils écrivent un livre, mais ils n’apparaissent jamais dans la première ligne. Dans la première ligne on voit des hommes politiques, des vedettes et ceux du show business, du divertissement et c’est tout »[57].

Les archives auront toujours un rôle important, car nous pouvons regarder dans le temps et se rendre compte que ceci est le grand atout de la télévision.

Nous pouvons revoir tout ce qui a été réalise dans la télévision depuis ses débuts. « Avant les archives, les spectacles de théâtre été gardés seulement grâce aux écrits des critiques les plus connus de leurs temps. On n’avait pas d’autres moyens de voir ce qui a été réalise. Par exemple Sarah Bernhardt[58] que j’ai vue aussi dans un film muet. Maintenant nous pouvons voir l’entière classe disparue grâce aux archives de la télévision. Nous pouvons voir les réalisations de  Grotowski[59]  par exemple. D’accord, c’est une nouvelle chance, en mesure où quelqu’un est intéressé d’enregistrer et de fixer ces produits culturels. L’archive est aussi l’arrogance de l’homme de télévision de démontrer que son produit n’est pas éphémère »[60]. Il prouve ainsi qu’il laisse des traces de son activité.

« En ce moment la télévision vit très bien grâce à ce qui a été réalise dans le passé. Je parle essentiellement de la zone théâtrale. Tout ce qui s’est passe dans le studio de théâtre de la télévision, a partir des années soixante, a été enregistré. Nous pouvons ainsi discuter de Petru Sava Băleanu, Cornel Todea, Ciulei, Pintilie… Ils montaient tous des pièces de théâtre à la Télévision Roumaine (d’ailleurs la seule télévision de l’époque). De nos jours nous avons de nombreuses productions de ceux qui ont crée a l’époque. Nous pouvons parler d’une cohérence du répertoire. Nous pouvons aussi parler d’un geste obligatoire que la télévision fait  (de préserver ces créations dans une archive propre)[61] ».  Il y a des acteurs qui  n’ont pas été connu par la génération actuelle. Nous pouvons énumérer beaucoup de noms qui on fait l’histoire des théâtres et que la télévision permet d’exister dans la conscience et la mémoire collective des gens. Un spécialiste qui s’intéresse a eux peut se documenter et apprendre bien des choses sur leur activité mais au niveau public, ils n’existeraient plus sans les archives de la télévision publique.

Les archives de la télévision publique font partie des archives nationales. La télévision nationale est seulement l’administrateur de ces documents, mais même si elle a été la productrice de ces programmes, maintenant elle n’est plus le propriétaire de droit de ceux-ci. Pratiquement tout ce qui a été réalise au sein de la télévision publique se retrouve et appartient aux Archives Nationales. Tout ce qui se réalise en ce moment, rentre automatiquement dans les Archives Nationales des que le produit est fini.

D’autres documents importants sont les journaux des années quarante, avant la télévision. C’est un autre support. L’information est plus grande, les intérêts sont divers, c’est un instrument utile mais dangereux si celui-ci n’est pas reçu et perçu avec mesure.

 

Les archives font partie de notre culture générale. Les images de la Révolution de 1989 sont un seul exemple qui prouve la relevance de l’existence de ces documents. Les professionnels de la télévision encouragent fortement à ne pas abandonner le livre car ce sont les livres qui les ont menés à cette professionnalisation en premier lieu. Les livres obligent à penser et à construire nos idées,  ce sont des images pensées. Sans la lecture nous pouvons envisager un sédentarisme de la pensée. Nous pouvons aussi envisager aussi une certaine complémentarité entre la lecture et la télévision.

Les chaînes de la Télévision Nationale  ont  valorisé au maximum les archives. Nombreux ont été ceux qui s’en sont inspires. « Nous avons même réalisé une émission qui s’appelle  « Voilà ce que tu as oublié »  émission qui incluait, avec révisions, la forme de trésor muet, l’archive, que les gens ont regardé avec beaucoup d’intérêt »  affirme la directrice de TVR Cultural en ajoutant que le public de seize ans et plus avait réagi positivement. « Ils avaient perdu le sens du tragique, de mélodrame, assimilé comme une rhétorique suspecte, hilaire des poèmes patriotiques par exemple, que nous avons diffusées. Nous avons diffusé de nombreuses émissions de ce genre qui ont été rediffusées et qui ont eu un impact non seulement sur le public qui a vécu à cette époque mais aussi sur le public plus jeune.  Nous avons réalisé des restitutions sur des personnalités qui malheureusement ont disparu. Il y a dans les archives suffisamment de matériel pour les commémorer. La partie de portraits, de documentaires a été reprise par d’autres télévisions qui ont reconnu en nous les possesseurs de droit de ce patrimoine. Nous avons des provisions. Depuis quelques années nous travaillons sur le portefeuille d’anthologies de personnalités contemporaines. Par exemple Silviu Purcărete a eu quelques documentaires dans cette anthologie »[62]. TVR a  respecté et honoré cette mission.

Les archives sont préservées en étant actualisées et mises sur support plus moderne.

Depuis quinze ans cet aspect a été négligé. TVR a eu affaire à un trafic illicite, vols, détérioration, dégradation, documents enlevés, perdus volontairement ou involontairement.

Les  archives comme l’a bien résumé Chuck Pettis „ C’est une histoire de la culture populaire”,  elles sont le patrimoine culturel de la télévision. Toute l’histoire des la télévision passe par ces archives et TVR en fait une fiertés car même si indirectement elle détient tout ce patrimoine culturel, cette mémoire collective qu’elle fait revivre en permanence, au grand plaisir et grande émotion du public. On dit indirectement car les archives font partie des archives nationales des leur création.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

9. Comment positionner la télévision ?

 

« La position unique de la télévision et son populisme a crée une énorme responsabilité de chaque diffuseur de programmes en ce qui concerne la programmation culturelle. La télévision peut apporter la culture aux masses. Là où elle a eu du succès, elle a augmenté la capacité du public d’accéder a la culture de façons jamais envisages avant la création de ce milieu. Mais il faut aussi comprendre que la programmation des chaînes culturelles est dirigée en principe et par définition vers les publics de niche et il y a peu de chances que cela change »[63].

 

Il est impossible de discuter du rôle de la télévision sans prendre en considération les caractéristiques nationales des chaque chaîne de télévision ainsi que les mentions légales qui permettent a cette chaîne d’avoir sa licence d’émission.  «  En Grande Bretagne et en France il y a des réglementations strictes concernant l’accord de codes d’émission. Il y a des règles concernant quel genre de programmes peuvent être transmis lorsque les enfants regardent par exemple. En Grande Bretagne la télévision a comme mission d’informer, d’éduquer et de distraire. Aux Etats Unis la plupart des chaînes de télévision n’ont pas de telles restrictions mais craignent les litiges et la possibilité de déranger les audiences minoritaires et c’est ainsi qu’on a crée une programmation complètement plate et au même niveau, sans nuances sans prendre en considération les besoins culturels, quels qu’ils soient. Cela peut être donc discuté que dans le contexte national de chaque chaîne de télévision ».

Même si il y a une accentuation de la conscience générale d’autre zones du monde dans le domaine du journalisme, du monde comme un seul lieu comme une caractéristique contemporaine  de la société postmoderne, il y a toujours une invisibilité  de „l’ordre” en termes de diversité des autres cultures différentes, des autres peules et réalités.

Le but est de développer une articulation théorique des concepts comme la globalisation culturelle, les représentations dans les médias des textes de théorie du journalisme, d’initier un débat vers une occidentalisation de l’opposition binaire qui nous démarque des autres dans le journalisme international de télévision. La société est avec un oeil orienté vers l’encouragement de la grande diversité dans la télévision, l’industrie, le domaine de l’emploi et dans les programmes viables qui incluent toutes les races. La télévision crée des émissions avec beaucoup d’imagination qui attirent les audiences, il y a des contrats avec les universités et cette industrie afin de crée des échanges et renforcer la communication et bien sur afin d’employer le plus de personnes.

 

La télévision a des échanges avec les étudiants et les professionnels de l’industrie en créant des forums et occasions de collaboration. Certains renient le fait que la télévision et les médias électroniques expérimentent en ce moment un changement fondamental. Les patterns historiques de la consommation des médias sont en train de subir des mutations, de nouvelles marches sont en train de se développer. Les structures corporatives, les réseaux stratégiques ainsi que les relations de compétiteurs – collaborateurs sont de plus en plus caractérisées par leur complexité. Dans cet environnement dynamique, le futur rôle de la télévision est très incertain. De point de vue historique, la télévision a été reconnue comme le plus puissant moyen de communication sociale et qui a eu un rôle très important en encourageant la cohésion culturelle. Toutefois il n’y a pas de garanties que cette position sera gardée inchangée dans le futur. Durant la dernière décennie, la télévision a été marquée par les changements politiques, économiques, sociaux et technologiques. Le contexte de son fonctionnement a été marque par l’impossibilité de prédiction. Si le passe peut esquisser comment le futur pourrait être, il semble que ce qui sera dans le futur, sera un environnement très volatile. Le rôle de la télévision dans cet univers sera défini par la complexité et l’incertitude. Tout d’abord pour mieux comprendre les futurs développements, il est nécessaire de prendre en considération le pourquoi de l’incertitude future par rapport à où nous trouvons aujourd’hui. Cela s’explique par les références aux modes actuelles et historiques et comment ils se rapportent aux patterns de la télévision. Les problèmes de régulations et de politiques ainsi que les modes dans le provisionnement des services mais aussi la technologie de contenu sont des potentielles explications.  Ces problèmes sont discutées et contextualisés au sein des industries qui changent tout le temps depuis quelques décennies. Jusqu’à un certain point, les modes d’une télévision sont les miroirs de la société entière. La complexité croissante  ainsi que la diversité des relations personnelles reflétées dans le déclin des formes familiales traditionnelles et la croissance de ménages à une personne, suggèrent que les individus dans la décennie suivante, exerceront un rôle plus important dans le choix en termes de ou et comment ils vivront et travailleront. Parmi les jeunes gens, les identités souffriront des mutations comme résultat de la mobilité croissante et le caractère temporaire des lieux de travail, relations personnelles et distractions. Donc la société va graduellement être caractérisé par l’individualisation. Néanmoins, l’évidence suggère que la majorité du public va continuer à garder un sentiment puissant de l’identité nationale (parfois même régional). Ils auront sûrement besoin des médias pour soutenir et exprimer ce sentiment.

 

Sur un marché stagnant de la publicité, la compétition  entre les compagnies publicitaire, les réseaux publicitaires,  est très dure, même si les chaînes conventionnelles représentent une grande partie de la consommation télévisuelle. Les audiences ne cherchent pas des contenus provocateurs. Ils cherchent du divertissement et des émissions qui procurent un soulagement du monde stressant dans lequel ils vivent. Les journaux informatifs sont en déclin par rapport aux émissions qui permettent au public d’échapper aux problèmes quotidiens. Selon les évolutions futures des prochaines dix années il y aura des degrés de variations de changement des rôles de ceux qui sont impliqués dans le monde de la télévision. Cela ne peut donc être discuté que dans les quatre étapes des valeurs de la chaîne des affaires: les créateurs des services et contenus, les sources des services et contenus, les sources de réseaux et les sources d’accès aux systèmes et outils.

 

Le rôle primaire des créateurs de contenus et des services est de produire le contenu de télévision (comme par exemple des films, des sitcoms, des talk shows et d’autres programmes de télévision). Cela implique embaucher des acteurs, des artistes et de l’expertise technique afin de produire le format des programmes – et dans certains cas afin d’obtenir les licences et droits pour ceux-ci. En effet, dans le monde  du scénario digital, le contrôle de la chaîne de valeurs a dévié vers les propriétaires de droits et de talents.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


10. Quel avenir pour la télévision ?

 

La télévision continue d’être un agent du divertissement important, avec un niveau très haut d’expérience partagée parmi la population dans sa totalité.  Cela permet de maintenir un niveau de profil national bien défini. La télévision jour un rôle important  à encourager  la cohésion sociale car il est communément identifiable comme un objet culturel qui peut être apprécié, critique et ouvert au débat.  Pourtant, dans le monde futur, les programmes de divertissement conventionnels bases sur des scénarios qui ont comme contenu la diversité et quelque peu d’expressions des voix minoritaires même si elles auront une marque sociale, continueront à se diviser dans la société existante.

Par conséquent, les activités «peer-to-peer  » deviendront un media alternatif. Ceux-ci soutiennent d’une manière anarchique et subversive les identités culturelles, peut être de plus en plus proéminents comme nouvelles formes de media qui se développeront jusqu’en 2012.

Le rôle de la télévision est d’encourager les fondements communs culturels. Sont rôle est aussi de mettre en évidence ces fondements dans le contexte des défis globaux futurs même s’il y a des distinctions entre cela et le scénario précédant. Dans le cadre des changements globaux, les organisations nationales ont été intégrées dans les empires globaux de la communication et par conséquent les influences globales et transnationales deviennent de plus en plus pressentes dans la vie des gens, chaque jour.

Pendant que les audiences ont la capacité de construire leur propres significations et leur cultures et identités locales propres, même dans leur dépendance aux flux d’images distribues par les compagnies  et industries culturelles transnationales cela reste un danger dans le contexte de cette nature où le local peut être englobé dans le global dans cette impulsion au consumérisme et à la synchronisation culturelle.

Mais si l’on devait prendre un point de vue alternatif, la télévision pourrait aider  à la coexistence des micro audiences  et de celles de masse: une audience de masses, satisfaire  avec leur régime de réseaux globaux avec leurs offres homogènes, à coté des micro audiences qui consomment des services de niche insulaires et paroissiales.

 

En termes d’impact social de la télévision, trois scénarios indiquent que la télévision changera dans les décennies qui suivront. Les spécialistes français du monde des médias considèrent qu’elle sera une importante activité de loisir. Mais, elle aura peut être un impact plus faible sur le public.  Certains scénarios suggèrent in extremis, que la télévision aura un rôle important en contournant d’une manière cohérente l’héritage culturel national.  A l’autre extrême, ce rôle souffrira une érosion et la télévision, comme d’autres formes de media, sera impliquée dans le soutien  de la construction des identités et des valeurs d’une communauté, ou au niveau micro culturel.  De toute façon, un des scénarios suggère que le processus de la globalisation introduira une autre dimension. D’une part la nature des programmations pour les audiences de masse sera affectée; d’autre part on encouragera les formations de communautés d’intérêt qui ignoreront les frontières nationales.  En regardant vers les prochaines dix années le rôle de la télévision est incertain.

Les études françaises à ce sujet sont plutôt pessimistes et prévoient un déclin non seulement des chiffres concernant le(s) public(s) mais aussi de la télévision en tant qu’institution. Nous considérons que des mutations auront lieu en fonction de l’évolution de la société mais nous restons réservées en ce qui concerne les prévisions.

La télévision est le milieu le plus influent- proprement cible- il peut générer un grand nombre de mouvements économiques. « La télévision est le seul medium de masse réel[64] ».

Son influence peut être sous estimée. Elle stimule des discussions, croissance économique et points de vue politiques. Elle peut créer des emplois, contribuer  au succès économique ou à l’insuccès et à une très grande influence de nombreuses façons différentes.  Elle est unique car elle est accessible presque partout dans le monde. Il est donc important d’avoir des réglementations en ce qui la concerne car elle peut être manipulée. Elle doit donc être surveillée afin d’assurer son indépendance.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

11. Le rôle des chaînes de télévisions qui diffusent à l’international 

Bernard Salzman, producteur de télévision américain considère que personne ne peut voyager en Afrique, Asie ou l’Amérique Latine sans être frappé par les éléments européens de la vie urbaine. Les résultats de la culture transnationale: automobiles, publicité, supermarchés, centres commerciaux, hôtels, chaînes de fast-food, cartes de crédit et les filmes de Hollywood- donne le sentiment d’être a la maison. Derrière ces symboles tangibles il y a un ensemble de valeurs qui y correspondent ainsi que les attitudes concernant le temps, la consommation, les relations de travail, etc.  Certains croient que la culture globale est le résultat de processus graduels spontanés qui dépendent seulement de la technologie, les innovations, les échanges commerciaux développés, les moyens de consommation en masse, le voyage en avion. Des études récentes montrent que ce processus n’est pas spontané. Ces processus sont le résultat d’énormes investissements de temps et d’énergie et d’argent de certaines corporations internationales.

« Cette culture transnationale est le résultat direct de l’internalisation, la production et l’accumulation promue par des models de développement culturel standardisés »[65].

Nous pouvons considérer la télévision comme un « missionnaire»  mais aussi comme un ambassadeur. La télévision peut être en effet un outil d’implémentation d’une certaine culture dans un autre espace que celui où ses émissions sont produites mais elle peut aussi servir d’ambassadeur d’une langue et d’une culture à l’étranger. L’exemple qui est le plus familier en Roumanie en ce qui concerne la langue et la culture française, transmises à la télévision, est TV5 Europe. Cette chaîne a été la première chaîne française qui a transmis  ses émissions en Roumanie. C’était pour la première fois après la Révolution de 1989 que le public roumain, entrait en contact avec la France par l’intermédiaire de la télévision. Nous ne considérons pas que l’impact ait été moindre, car le public roumain s’est familiarisé avec une série d’émissions françaises en se mettant au courrant avec le type d’émissions produites par la télévision française. Ainsi le public roumain avait aussi accès à des émissions de langue française et rentrait à nouveau en contact avec la culture française cette fois ci grâce à la télévision. On pouvait voir la France, non seulement l’apprendre. Comme nous le verrons plus tard en ce qui concerne les médias globaux, le rôle de ces chaînes de télévision est très important.

 

 

 12. La télévision créatrice de consommateurs

Le thème commun de la culture transnationale est la consommation. L’idéologie est de faire de la publicité rapide de la consommation et la télévision permet de réaliser cela efficacement par des messages synthétiques et visuels.

Les publicités reposent sur quelques thèmes répétitives: le bonheur, la jeunesse, le statut, le luxe, la mode et la beauté.  Les contradictions sociales et les différences de classes sont masquées et les conflits au lieu de travail ne sont pas montres. Les campagnes suggèrent que les solutions aux problèmes humains peuvent être trouvées dans la consommation individuelle, présentée comme un idéal qui donne de l’énergie aux masses. C’est une forme acceptable d’action et de participation qui peut être utilisée pour diffuser une sorte d’agitation politique potentielle. La démocratie des consommateurs est donnée aux pauvres autour du monde comme substitut à la réelle démocratie politique.

« Après tout comme le directeur publicitaire qui a transformé la campagne publicitaire de Pepsi aux Etats Unis „Join the Pepsi Generation” pour l’utiliser au  Brésil comme „Join the Pepsi Revolution” explique, que la plupart des gens n’ont pas d’autres moyens pour exprimer leur besoin de changement social autres qu’en changeant, en adaptant les marques et leur consommation croissante ».  Les publicités transnationales sont une des raisons majeurs de la transmission de la culture transnationale et le déclin des cultures traditionnelles. Cela exprime la course à la projection des modes de vie étrangers en associant les produits occidentaux à la modernité.  Ainsi on conclut automatiquement que ce qui est moderne est bien; que la tradition est simple et mauvaise et empêche la marche du progrès. Les cultures transnationales souhaitent éliminer les variations culturelles locales.

La stratégie de marketing global est si efficace, qu’on a rarement besoin de subversions conscientes. Le message „nous allons vous vendre une culture”, a été le résultat de la campagne globale de publicité, un seul message publicitaire a été utilise dans tous les pays ou est vendu ou crée un produit. La publicité mondiale est plus efficace et plus économique même si elle peut échouer à cause conditions économiques locales.

« Il est possible d’envisager par exemple les fermiers de Guatemala qui font face à une intensification de la violence rurale, se rassembler devant le seul poste de télévision du village pour regarder la publicité pour le parfum Revlon qui montre une blonde qui marche sur la cinquième avenue de New York [66]».

Les corporations transnationales et internationales de publicité, travaillent durement pour créer une culture de la consommation. Les campagnes publicitaires croissantes sont destinées à des populations pauvres du tiers monde. Même les familles pauvres, quand elles vivent ensemble, en mettant de coté ensemble $10,000 par année, font d’eux une cible de la publicité.

Comme un professionnel de la publicité disait „ une fois que la télévision travaille, les familles sont comme un enfant dans un magasin de bonbons”. Ils sont entoures de 450 spots publicitaires par semaine. Ils voient seulement de belles choses. Ils voient ce qu’ils veulent.

La publicité donne de l’argent à la télévision, la télévision est obligée de montrer leurs messages publicitaires. La manipulation se fait à cause intérêts économiques. Les compagnies de publicité créent des modes et les gens qui regardent la télé sont touches par ces modes. D’où le désir d’acheter, d’être à la mode, de se faire une image. Ce sont des causes à conséquences étendues qui provoquent des changements au sein des cultures, des modes globales et uniformisantes. Mais a priori cela ne devrait pas mener à une disparition complète de la culture locale. Cela ajoute un plus à celle déjà existante. Quoiqu’on puisse envisager aussi que la mode générale est de harmoniser les cultures, à les mélanger à les mettre en dialogue et en général on fait usage a un nominatif commun. Par où commencer? Peut être par ce qu’on voit à la télé? Il est clair que les pays qui ont le plus d’argent sont les pays d’ou partent les modes. Ils ont la capacité et les moyens d’envoyer des messages qui font le tour du monde et qui restent enracinées peu a peu dans tous les pays, autres que celui d’origine.

 

 

 

 

 

 

13. Les médias globaux

Comme une des plus importantes caractéristiques de la culture transnationale est la vitesse et l’efficacité de sa transmission, la communication et les systèmes d’information  jouent un rôle très important. Celui-ci permet la transmission du message d’une manière globale par l’intermédiaire de la télévision, les séries, les journaux informatifs, les comédies, les films… etc. La transmission d’une culture globale par la télévision est surtout efficace parmi les illettrés.

Grey Advertising International  a réalisé une étude internationale sur la télévision afin de déterminer l’efficacité  de la télévision comme chaîne de publicité et a conclu que : „La télévision est d’une manière indiscutable la clé du développement de la communication à notre époque, elle forme les valeurs, les attitudes et les modes de vie des générations qui grandissent avec. Dans les pays ou elle opère comme le medium commercial majeur il est prouve que pour de nombreux produits c’est la plus puissante arme de marketing pour les consommateurs ainsi qu’une influence majeure qui établit des images corporatives”.

„Les antennes de télévision prennent place progressivement sur les vastes territoires de l’Afrique. Les jingles remplacent les appels des tribus dans les Andes de l’Amérique Latine. Les supermarchés s’élèvent sur les sols colores des bazars jadis étendus en Asie. „

Tout le monde qui a entendu les chants des enfants dans les publicités télévisuelles qui introduisent ces thèmes dans les jeux quotidiens peut  commencer à voir l’impact. Pierre Thizier Seya a étudié l’impact de la publicité transnationale sur les cultures de la Cote d’Ivoire. Il note que les compagnies transnationales comme Colgate et Nestlé on aide à remplacer les produits traditionnels souvent moins chers et plus efficaces avec des dentifrices et formules pour enfants, industrialisées.

Daniela Zeca Buzura peut répondre avec une opinion reconsidérée dans le nouveau paysage global, qui englobe les réalités mondiales. « Les télévisions sont des voies par lesquelles la culture globale devient accessible. Le seul problème est de rester vigilant pour ne pas devenir une monoculture globale. Les interactions rapides proposent des invariantes, peu importe d’où elles viennent. D’une manière paradoxale, par la spécificité, elles proposent un ordre qui par la vigilance peut éviter l’uniformisation »[67].

Gerald Buckland producteur de télévision britannique considère que chaque chaîne de télévision a sa propre mission : «TV5 est le leader francophone et par définition il popularise la culture et la langue  ainsi que les informations des pays francophones par l’intermédiaire de la télévision. BBC International sont un peu différents et offrent une vision du monde, parfois culturelle, mais le plus souvent basée sur  une programmation informative[68] ».

 

Diana Dumitru considère à son tour que le rôle des chaînes qui diffusent à l’international est très important. L’inter relation qu’ils établissent. Ils mettent en contact des gens avec ce qui se passe dans d’autres zones, autres pays, autres cultures. C’est l’inter relation de cultures. Ils ne s’adressent pas essentiellement aux gens partis du pays d’origine. « TVR International ne s’adresse pas seulement aux roumains. Tu peux être français et avoir des amis en Roumanie par exemple, et aimer ce que tu regardes à la télé en même temps que tes amis. Cela peut te plaire, t’inspirer. Par exemple une émission sur les traditions de Noël en Roumanie ou sur les « Căluşari » ou sur les monastères de Moldavie. C’est une promotion de la culture et des valeurs ». 

Au-delà de la voix des professionnels du monde de la télévision, un avis qui pourrait apporter une nouvelle vision à tout ce qui a été dit à propos des chaînes qui diffusent à l’international, est celle de Chuck Pettis le directeur de la compagnie américaine Brand Solutions Inc. Et pourquoi pas une vision de marketing du moment où, la télévision a toujours été montrée du doigt de manipuler et de servir d’instrument de propagande, de former des goûts et de servir à des intérêts économiques ? “ Les programmes de télévision des USA, ont crée une désir pour la culture Américaine, le désir pour les choses matérielles tout autour du monde. En une certaine mesure, ils font que le monde paraisse être un lieu plus petit et font que les informations soient plus facilement accessibles.  Malheureusement, la plupart des nouvelles sont basées sur la peur et sont gérées et manœuvrés de façon à entretenir la valeur du divertissement de télévision[69]”.

Si nous avons pu trouver de nombreux arguments en faveur d’un profil fonctionnel de la télévision, dans un monde orienté vers les chiffres (rating, argent, etc.), nous avons aussi vu qu’il y avaient suffisamment de raisons pour mettre en question l’image actuelle de la télévision. Nous pouvons constater que les professionnels de la télévision ont un point de vue objectif sur la télévision. Ce point de vue est en général commun a celui des téléspectateurs. Mais il suffit de leur rappeler ce que la télévision a été jadis, ce qu’elle pourrait être encore dans le futur ainsi que ce qu’elle aspire d’être, que les points de vue commencent à se nuancer. Nous allons découvrir par la suite, une autre facette de la télévision. C’est une facette peu connue ou oubliée que nous souhaitons présenter dans ce qui suit.

III La Télévision Nationale Roumaine : TVR Cultural

 

1. La télévision qui répond à des besoins culturels

 

« Même si la télévision donne aux gens l’accès à certains des meilleurs aspects de la culture, de nombreuses pièces importantes, films et musique, ainsi qu’une grande variété de programmes stimulants intellectuellement, la plupart des gens passent leur temps à regarder des émissions des émissions incroyablement stupides qui anesthésient leur capacité de réflexion. Ce temps était à une certaine époque dédié à la lecture et au travail autour de la maison. Désormais celui-ci est dédié à une recherche interminable d’émissions de plus en plus vulgaires et du divertissement bête. Les gens regardent la télé, mais ils savent de moins en moins, pensent moins que leurs grands-parents [70]».

 

En faisant abstraction des a priori concernant les programmes de télévision et le rôle de divertissement de ceux-ci, quel rôle serait envisageable dans le secteur culturel ?

 « L’art et la culture peuvent contribuer positivement au processus de l’intégration Européenne si ce processus se préserve et parraine l’expression culturelle et la diversité culturelle [71]».  En effet, la diversité culturelle est aussi un défi prioritaire car il contrebalance les effets négatifs d’une économie de marché. L’objectif est de préserver les voix les plus originales et expressions. La globalisation ou l’intégration Européenne ne contribuent pas par elles mêmes à la diversité culturelle, au contraire, et donc on a besoin de politiques culturelles spécifiques équilibrées et responsables. « La coopération culturelle avec les pays du tiers monde est aussi très importante afin d’établir et de développer des liens avec ces pays pour s’opposer à une vision de l’Europe en tant que forteresse ». La coopération internationale est un élément très important.  La culture est importante en tant que base légale afin de rappeler que le secteur de l’audiovisuel, à part son importance économique, est aussi inséparable du secteur culturel.

Gerald Buckland considère que le rôle de la télévision diffère d’un pays a l’autre, aussi en fonction de ses traditions et de la façon de voir les choses :   « cela dépend entièrement sur les caractéristiques nationales du “broadcaster” ; en France la culture  est vue comme quelque chose qui doit être admire et copie en Grande Bretagne et encore moins aux USA, cette idée est a peine tolérée par les responsables de la programmation de télévision ».  La télévision répond dans chaque pays aux besoins de la société, du public téléspectateur. Les visions sont nuancées d’un pays à l’autre et par conséquent la télévision a su s’adapter aux demandes des téléspectateurs.

Mais en réalité, constate Chuck Pettis, «le public a comme point commun le besoin de se relaxer et d’échappera  à la souffrance, cet à quoi  la télévision répond pleinement».

 

Daniela Zeca Buzura a surprit beaucoup de monde en Roumanie qui n’a pas l’instrumentaire nécessaire des notions sur les médias, en disant que la télévision n’éduque pas les gens. A partir d’Adorno jusqu’à présent, la télévision est une industrie culturelle qui produit un certain profit, symbolique ou financier d’une manière effective.

Elle ne crée pas des compétences. « Je l’ai déjà dit dans un de mes ouvrages, la télévision crée des appétences, elle crée des curiosités, elle stimule. Ce qui concerne la culture, le développement personnel, l’intérêt, vient avec l’école, l’église, la famille.  Même une chaîne de niche, une télévision thématique, n’éduque pas [72]». Elle propose une alternative à la consommation commerciale et au message médiatique vu globalement. La télévision propose une information culturelle, qui peut être ou pas assumée par le récepteur, le bénéficiaire. Sinon elle peut devenir toute autre chose.

Ruxandra Ţuchel propose de faire quelques distinctions : TVR Cultural est un département de TVR. TVR est une télévision publique. Donc ce n’est pas TVR Cultural qui répond à des missions d’éducation et de propagande de la culture mais TVR en général.  Celle-ci est la première distinction à faire car toutes les chaînes de la télévision publique ont comme mission de réaliser des émissions avec profil culturel. « TVR Cultural est un poste de niche dédié à ce type de publication, mais ce n’est pas un élément distinct du reste de la Télévision Roumaine ».

La Télévision publique, comme toutes les télévisions publiques du monde, surtout que TVR fait partie du réseau EBU qui suppose certaines conditions- TVR se soumet aux règles et classifications des productions désignées par EBU. Comme toute télévision publique, elle a des devoirs qu’elle doit accomplir par rapport à son public. C’est-à-dire, elle doit éduquer, elle doit informer. « Nous ne pouvons pas l’associer aux chaînes de télévision commerciales qui doivent réaliser un certain « rating », réaliser de grandes productions et qui fait beaucoup de publicité ».

La télévision publique doit marquer ses dettes car elle a trois sources de financement : celle du Gouvernement (dans une plus faible mesure- c’est une institution publique), elle s’appelle télévision publique car elle collecte sa taxe de télévision qui représente le paiement à chaque facture d’électricité de chaque citoyen de la Roumanie qui détient un poste de télévision, d’un pourcentage du à la télévision. Cette taxe est obligatoire. C’est une collecte publique. Ainsi la télévision nationale est obligée de satisfaire les exigences correspondant à une télévision publique et elle a aussi une forme de financement propre qui provient de la publicité.  Elle a un nombre de minutes réduit par rapport aux télévisions privées mais c’est une forme de financement qui lui permet de soutenir ses émissions à caractère de niche. Seulement avec l’argent de taxe et avec les subventions du Gouvernement, la possibilité de soutenir une télévision culturelle est réduite a presque zéro.  Ainsi, elle est la seule télévision de l’espace roumain qui est obligée de faire de la culture. « Elle ne le fait pas par générosité » ajoute R. Ţuchel. C’est en effet une partie de son fonctionnement.

Une idée récurrente des discours des professionnels roumains de télévision est qu’il y a une distinction nette entre la vision de la télévision nationale et celle des autres chaînes privées. Si la première se rapproche de la culture, d’une manière consciente, afin d’accomplir sa mission de « chaîne de télévision nationale », les autres chaînes peuvent choisir une grille de programmes qui sont moins pédagogiques et plus divertissants pour les masses. Les chaînes privées s’efforcent quand même à garder un certain équilibre, quoique mitigé, en introduisant des émissions sur les traditions comme « Bucătăria lui Radu »[73] sur la gastronomie de toutes les régions de la Roumanie, qui est encore diffusée en reprise même après la disparition du regretté producteur. Nous pouvons aussi mentionner les émissions de divertissement qui sont à but social, aider les personnes défavorisées. Mais dans le cas de la télévision nationale, les choses se passent différemment. On garde un degré plus grand de décence. La tendance est de choisir des émissions qui satisfont le goût du spectateur moyen.  Mais il y a aussi des chaînes comme TVR Cultural qui s’adressent tant à une couche intellectuelle solide et de point de vue professionnel et de point de vue de la consistance.  Nous faisons référence au point de vue du public qui regarde TVR Cultural. Il s’agit d’une couche de personnes instruites qui même s’ils ne travaillent pas dans le domaine artistique, ils sont intéressés par, sont des consommateurs de culture.  TVR Cultural répond à leur besoin d’informations culturelles mais aussi à d’autres genres de publics. TVR Cultural attire de plus en plus de public jeune, un public qui trouve dans ce poste une façon de passer un moment agréable en découvrant un spectacle qui mérite d’être vu, un livre qui mérite d’être lu, une source d’information et de divertissement. TVR Cultural promeut la valeur. Diana Dumitru croit que « c’est ça la différence entre une télévision commerciale qui présente le réel dans toute sa mocheté, parfois en accentuant le moche dégradant, et la télévision nationale qui présente tout le réel existant mais aussi le beau, celui qui te permet de te sentir bien ».

 

2. TVR Cultural : approfondir le sujet

A. TVR Cultural en 2007

 

a)      Positionnement:

 

En gardant son caractère thématique  de poste de „niche” en 2007, TVR Cultural a acquis un profil formateur plus prononce et a avancé un nouvel abord, plus dynamique et plus polémique de l’actualité culturelle roumaine et internationale. Conformément à son orientation stratégique, TVR Cultural s’est proposé de devenir une chaîne d’avant garde, un manifeste de la culture roumaine contemporaine, une chaîne interactive qui génère des événements, confère une autorité sur le marche et représente un tremplin pour les créateurs talentueux. TVR Cultural  s’est proposé en 2007 de sortir de la „zone de rating 0”, par des initiatives éditoriales qui dépassent le cadre des grilles classiques de programmes.

 

b)      Evénements majeurs

 

TVR Cultural a comme mission de s’associer avec les événements majeurs de la vie culturelle roumaine en suivant la réflexion de ceux-ci et la réalisation de programmes dédiées  à des événements spécifiques. Ainsi, au cours de l’année 2006 en qualité de coproducteur et/ou de partenaire media, TVR Cultural  s’est associé avec des événements culturels importants:

–          Sibiu –  Capitale culturelle européenne, projet déroulé sur l’intervalle Janvier-

Décembre 2007, en incluant l’entière série de manifestations parmi lesquels le Festival de Théâtre, le Festival de Jazz, expositions et concerts

Ces manifestations ont été présentées quotidiennement au Journal Culturel ainsi que dans des reportages dédiés aux événements;

–          Les deux grandes foires de Livre  roumaines: Bookfest, qui s’est déroulé au mois de juin et Gaudeamus, organisé au mois de novembre;

–          Le  Festival International George Enescu,  s’est déroulé au mois de septembre.

c) Objectifs accomplis

 

TVR Cultural à cherche la matérialisation de ses trois objectifs indispensables à une chaîne qui appartient au service public de télévision:

–          Informer

–          Former

–          Familiariser le public avec l’art authentique (grâce aux productions propres et à celles achetées)

L’instruction culturelle avec finalité encyclopédique, a constitué une priorité. On a cherché des formats d’émissions qui s’écartent des valences explicites et excessivement pédagogiques du discours informatif, formateur.  On a mit l’accent sur la narration construite d’une manière intelligente, qui contienne et constitue de vraies leçons vivantes, dynamiques, non-conformistes de culture générale. Par exemple on a essayé d’interpeller les téléspectateurs de façon à les faire participer activement aux débats. Les émissions de type „gold” qui contiennent des éléments d’archive, des invites de l’élite intellectuelle roumaine, etc., font partie du projet. TVR Cultural fait participer tous les moyens afin de construire des programmes culturels. Ces derniers sont constitués comme plus haut mentionnés d’éléments d’archives qui sont un „mémento” de l’époque la plus fleurissante de la télévision roumaine et des programmes culturels préservés sur bande dans les archives de la télévision. Les émissions talk-show, entretiens, qui ont comme invités des personnalités importantes de la culture roumaine (les futures archives de demain). Les émissions qui montrent le panorama des événements culturels récents (en Roumanie et d’ailleurs).

Le principal vecteur de promotion a été constitué par la composante on- air, le service Promo réalisent un nombre de 500 spots publicitaires divers, afin de présenter les programmes de la chaîne TV.  Les événements qui ont été couverts par ce poste de télévision on eu aussi des matériels promotionnels.

Un des problèmes majeurs comme on a pu le constater dans les données de gestion mais aussi dans les informations concernant le poste lui même, est celui des fonds alloués à la publicité qui touchent une cote alarmante presque invisible. Le manque de fonds implique aussi le manque de publicité. Or pour que les émissions de télévision de TVR Cultural bénéficient d’une croissance de l’audience il est nécessaire comment le remarquait la Productrice du Journal Culturel, Diana Dumitru, de faire une promotion agressive et donc coûteuse. Cela n’arrive malheureusement pas et donc le rating de ce poste est assez bas. Le Journal Culturel reste la vedette de TVR Cultural. Malgré le changement horaire, qui a varié beaucoup depuis ses débuts (2002) jusqu’à maintenant de 22h a 23h a 19h et 23h

(Pour le résumé des infos du jour) c’est le programme le plus apprécié.

 

 

 

 

 

 

  B. TVR Cultural en 2008

 

En 2008 TVR Cultural a continué d’être actif dans le monde culturel. TVR Cultural est devenu coproducteur de festivals et manifestations importantes comme celles initiées par l’Union des Ecrivains de Roumanie, l’Académie Nationale de Musique, UNITER, l’Union des Cinéastes de Roumanie, l’Académie Roumaine, le Ministre de la Culture et des Cultes. Une partie des événements que TVR Cultural a organise et a reflété représente le Festival International de Théâtre de Sibiu, le Festival „W. Shakespeare”, „Bookfest 2008”, le Festival International de Jazz de Gărâna, le Festival de Musique de Chambre SONORO, La Tournée Nationale „Stradivarius”, „Scriitori pe Calea Regală” (Ecrivains sur la voie Royale), „Ultimii rapsozi” (les derniers rapsodes),  le Festival de Musique Ancienne, le Festival National de Guitare Classique, Siniaïa 2008, etc.

 

La directrice du poste TVR Cultural, Daniela Zeca Buzura, a expliqué dans un entretien que chaque poste de télévision de la Télévision Roumaine fonctionne conformément aux règles générales de la société. Il y a un organigramme qui correspond à l’entière institution et les départements qui correspondent aux cases de l’organigramme sont structurés d’une manière semblable à la structure mère.

En ce qui concerne le Journal Culturel. Il fonctionne de la façon suivante : il se situe sous la direction da la directrice du poste et la directrice de programmes. Le département se trouve sous la direction de Diana Dumitru. L’équipe est formée d’employés et de collaborateurs permanents.

Le budget alloué au département pour la réalisation du journal est entre 90 et 100 euros par jour. Cette somme comprend les dépenses pour les coûts téléphoniques, les reporters collaborateurs (avec contrat mais sans carte de travail), les cassettes sur lesquelles on filme et celles sur lesquelles on imprime le montage. Comme l’affirmait la directrice du Journal Culturel dans un entretien, cette somme devrait soutenir aussi les coûts des déplacements à l’étranger mais bien évidemment comme cette somme est extrêmement réduite, ces déplacements n’ont pas lieu. Le reste des activités et investissements font partie des coûts soutenus par le budget de l’ensemble de l’entreprise. Nous pouvons citer dans cette catégorie les voitures et déplacements internes, les cameramen qui accompagnent les reporters aux sites où ils réalisent le reportage et les employés permanents.

 

La politique de l’institution est claire même si elle n’est pas transparente. D’une part la direction n’a expliqué que les informations détaillées concernant le fonctionnement de l’entreprise ne sont pas accessibles aux externes. Peu importe l’avancée d’une telle demande d’information sur des niveaux hiérarchiques  différents, ces informations ne seront pas transmises.

D’autre part concernant les fonds. Un silence total règne sur la situation de leur budget individuel. Il est vrai que les émissions réalisées par ce poste de télévision sont de très bonne qualité et qu’en effet même avec des budgets réduits ceux-ci n’influencent pas visiblement la qualité du travail et le résultat visible au public.

N’importe qui, en étant interne, peut se rendre compte de ce handicap financier réel dans les activités de chaque jour. Celui-ci se matérialise tant dans l’activité des reporters et ce qui concerne le travail que dans les ressources qui sont mises à leur disposition.  De point de vue humain, de la qualité du travail, de l’expérience et de la cohésion du groupe ce handicap financier ne peut qu’être positif. D’où on peut déduire que le manque de fonds a marqué d’une manière positive les employés du département dans leur activité.
Dans ce qui suit je vous expliquerai le paradoxe que nous venons d’énoncer.

 


3. Paradoxe : moins d’argent, plus d’efficacité.

 

Tandis que les postes de télévision concurrents et privés réalisent des émissions dans le « luxe » avec des fonds énormes provenant premièrement de la publicité, le poste de télévision national est contraint à des espaces publicitaires réduits et diffusés entre les émissions et non pas durant les émissions. Dans ce cas il est évident que les budgets sont radicalement influencés par ce handicap de départ. Il faut aussi mentionner qu’une grande partie des ressources humaines des postes de télévisions prives sont constituées d’anciens employés qui ont appris et évolué professionnellement au sein de la TVR.

Sans vouloir rentrer dans des polémiques à ce sujet, nous devons dire que l’une de marques de pays par excellence de la Roumanie est la capacité extraordinaire de réaliser des choses de très bonne qualité avec des effectifs de personnel et des budgets extrêmement réduits. Le Journal Culturel ne sort pas de cette marque. C’est la raison, d’ailleurs, pour laquelle, nous évoquons cet état des lieux. Nous pouvons constater que le groupe est soudé, le travail est réalisé en partie individuellement mais que l’équipe étant soudée répond aux appels de chacun de ses membres pour la réalisation du projet commun : la réalisation du Journal Culturel.

Le programme de travail est reparti dans plusieurs temps :

–          la réalisation du plan de travail pour la journée et la répartition des événements auxquels doivent assister les reporters (répartition des taches quotidiennes) ;

–          dans un second temps les reporters partent sur les lieux des rencontres et réalisent un reportage grâce à une équipe  de tournage (composée d’un reporter, un cameraman, un chauffeur et un assistent de cameraman si c’est le cas, pour l’illumination) ;

–          dans un troisième temps le reporter revient à la télévision afin de rédiger son article qui dans un quatrième temps sera emmené au montage avec le matériel brut filmé ;

–          le montage se réalise grâce à l’équipe de montage et le reporter ;

–          finalement le matériel prêt sera diffusé sur le poste au journal de 19h et/ou de 23h.

Le programme de diffusion est reparti selon deux schémas horaires : celui de 19h qui dure 45 minutes et celui de 23h qui dure 15 minutes.

Le journal de 19h comprend aussi un entretien live avec l’invité du jour ainsi que des duplex avec un reporter.

Première idée qui se détache : tant que l’argent alloué à la production du Journal Culturel est suffisante pour faire marcher le système celui-ci continuera de fonctionner ainsi avec des fonds limités. Deuxième idée qui se détache : tant que les fonds réduits ne sont pas visibles pour les spectateurs cela veut dire que ce n’est pas un problème.

Troisième idée à retenir : ces manques de fonds provoquent un certain niveau de mécontentement au niveau des employés. Il y a un certain degré de résignation qui est interprété par la plus haute direction comme « tout va bien ». Les manques de fonds solides ne se font pas ressentir, effectivement dans le produit fini (dans ce cas le Journal) mais ils sont pleinement ressentis par ceux qui travaillent à sa réalisation (salaires, matériaux de travail : cassettes, nombre de voitures mises à leur disposition pour les déplacements, nombre de cameramen, et cela influence aussi au niveau du temps de travail qui se rallonge car : nombre d’ordinateurs mis à la disposition est réduit, vitesse d’accès à l’internet réduite, temps de montage… etc.). En conclusion on pourrait dire que même si le matériel diffusé, qui est transmis au public, n’est pas affecté par les limites du budget alloué à ce projet, ces limites peuvent être perçues au niveau de l’efficacité du travail, au niveau de la productivité et au niveau du personnel. On peut en conséquence dire que la télévision nationale se rapproche du fonctionnement d’une entreprise culturelle, de ce point de vue. Premièrement elle ne cherche pas fondamentalement à faire profit. Deuxièmement elle recherche plutôt la qualité du travail que la performance évaluée sur des bases de profit.

Comme toute autre institution elle a été affectée par la crise mais cela est moins ressenti qu’ailleurs au niveau des employés car les budgets avec lesquels ils doivent travailler ont été plutôt constants  (au moins en ce qui concerne le Journal Culturel) dans les trois dernières années.

 

Pour revenir à l’étude de l’ensemble de l’entreprise : on peut faire quelques remarques au niveau du fonctionnement et des ressources. Quelques points négatifs se détachent de l’analyse.

 


4. Les employés 

 

La fidélité des employés doit être préservée. On peut constater qu’il y  a un flux de départs de la TVR vers le privé. Une question qui doit être résolue est celle des salaires. Il est clair (sans avoir des chiffres à l’appui) que les professionnels des télévisions privées gagnent beaucoup plus que ceux qui font le même travail dans la télévision nationale.

La directrice des programmes de TVR Cultural a affirmé dans un entretien qu’elle a choisi de rester dans la TVR pour la qualité du travail déroule là-bas, les valeurs soutenues par l’entreprise et de nombreuses autres qualités que la télévision nationale a toujours par rapport aux télévisions privées, malgré la différence de salaire.

La télévision est plus qu’un métier. C’est une passion. Lorsque la passion se confond avec le métier cela représente plus qu’une motivation suffisante de continuer à travailler.

 

 


5. Les ressources

 

Comme on a pu voir dans l’analyse qui précède, il y a trois sources de revenus en ce qui concerne la Société Roumaine de Télévision : la taxe TV, les fonds alloués par le Gouvernement du budget de l’Etat et les fonds obtenus de la publicité.

 

En Roumanie, comme dans d’autres pays, on  fait la différence entre la télévision nationale et les télévisions privées. Ce que nous appelions autrefois « Télévision d’Etat », la seule et unique télévision qui transmettait pendant la période communiste seulement quelques heures par jour, se transforme après 1989 en « Télévision Nationale », TVR qui  fait partie du trust SRTV- c’est-à-dire la Société Roumaine de Télévision. Diana Dumitru, Productrice du Journal Culturel (TVR Cultural) explique qu’il y a une très grande différence entre les télévisions privées et celle « nationale ». « La télévision nationale ne peut pas s’appeler d’Etat car elle n’est pas entièrement subventionnée par l’Etat ».  En effet, seulement une part de ses fonds vient de l’Etat. Ces subventions sont limitées à des investissements comme les réseaux, les matériaux techniques. Tout ce qui tient des salaires, ce sont des fonds qui viennent des abonnements, de la publicité. Donc ce n’est pas une télévision d’Etat. Mais c’est une télévision nationale. Elle a six chaînes : TVR1, TVR2, TVR3, TVR International, TVR Cultural, TVR Info (nouveau ne, cette année).

Il s’agit d’une grande différence par rapport à d’autres télévisions privées car elles ont une cible différente, des objectifs et stratégies très différents. Et finalement même le résultat est très différent. C’est-à-dire l’impact sur le public.

 


6.  Différences par rapport aux télévisions privées

 

Ces différences sont nombreuses : d’une part une télévision commerciale, va se guider toujours en fonction des intérêts du trust, du conglomérat, de la personne qui la tutelle, du propriétaire. « Elle va faire la politique et va satisfaire les intérêts de l’élément dirigeant.  Si les intérêts du « trust » vont exiger que la télévision influence, manipule, induise un certain état d’esprit aux spectateurs, il y a les moyens nécessaires pour atteindre ce but. La télévision est un instrument de manipulation. Que l’on veuille ou non c’est la réalité »[74].  Maintenant cela dépend aussi du résultat de cette manipulation. Il peut être positif. Même si la manipulation en soi est un concept négatif pour profiter de l’innocence ou de l’inattention de ceux qu’on essaie de manipuler. D’ailleurs on se sert souvent des moyens les moins orthodoxes. Il y a des télévisions commerciales en Roumanie qui se tournent vers la « tabloidisation ». Elles sont intéressées par le scandale et le conflit dans toute l’offre d’émissions, a partir des émissions informatives, jusqu’aux émissions de divertissement ou d’autres genres d’émissions. « On assiste a l’exacerbation de ces états d’âme jusqu’au paroxysme. Elles arrivent à induire un état de panique à la population qui regarde ces programmes qui pratiquent la manipulation »[75]. Un des exemples est OTV qui est une télévision commerciale qui fait une publicité très agressive par des moyens assez rudimentaires mais qui ont un impact surtout sur une couche de la population spectatrice moins informée, moins éduquée professionnellement, intellectuellement. Elle manipule visiblement en exploitant ces faiblesses et peurs de la population qui tend à croire tout ce qu’on leur livre sur l’écran. « Par exemple les émissions qui ont précèdent le tremblement de terre du Samedi dernier. OTV a eu comme invite un devin, un Mr. Istrate qui a prédit avec quelques semaines voire mois en avance qu’un terrible tremblement de terre qui allait être dévastateur pour la Roumanie allait se passer un jour de Samedi, un jour de fête, le printemps. Ce monsieur a été invite a la télévision OTV pendant tout ce temps et a provoque toute une hystérie avec des semaines en avance en disant qu’il y aurait des milliers de morts »[76]. Il nous fait les mêmes prédictions depuis quelques années mais maintenant il y a vraiment eu un tremblement de terre mais pas aussi important qu’il prédisait. Cela ne veut pas dire que selon la récurrence naturelle des tremblements de terre, un tremblement de terre comme celui prédit par Mr. Istrate n’est pas possible, voire probable. Mais on ne peut pas prédire scientifiquement un tremblement de terre comme cela. Toutefois en Roumanie le public est intéressé par ce genre d’émissions qui font audience avec des informations qui choquent, qui sont extraordinaires, sorties du commun. C’est un vrai exemple de manipulation.

Diana Dumitru confirme qu’en effet le tremblement de terre a eu lieu, par hasard, un samedi, mais il n’a pas été aussi dévastateur comme on l’avait prédit. C’était un tremblement de terre relativement faible en intensité. L’idée de base est que le public préfère croire les informations annoncées par OTV que celles fournies par le journal d’une des chaînes de la télévision nationale qui a eu comme invite le directeur de l’Institut de Physique de la Terre et qui a dit que le tremblement de terre s’encadre dans l’activité sismique normale. Ceux qui l’ont écoute ne l’ont pas cru. Ils ont préféré croire Mr. Istrate du poste OTV qui disait qu’il y a une alerte orange et qu’il y aura un second tremblement de terre encore plus important. C’est un exemple de manipulation.  D’autre part Diana Dumitru croit que cet excès de dérisoire qui domine les émissions de divertissement des télévisions privées, n’aboutit qu’à rendre plus bête la population qui d’une manière involontaire devient fan, admirateur fidèle de ce genre d’émissions. « Par exemple les émissions avec des blondes aussi déshabillées que possible qui miment la bêtise infinie et qui gagnent ou perdent de l’argent en une heure » a-t-elle encore ajouté.

 

 


7. Théorie Media en Roumanie

 

Si sur le point concernant la manipulation en masse qui se pratique dans le monde de la télévision, on ne peut pas ne pas s’interroger sur d’autres aspects de la télévision. Ce domaine est très vaste et afin de l’approfondir on se doit de toucher au moins quelques unes de ses caractéristiques.  Est-ce que  la Théorie media existe ? Y a-t-il eu des personnes qui ont travaille dans la télévision et qui ont écrit des documents théoriques ?  (Les chercheurs français dans ce domaine disent qu’il n’y a pas du tout de tels exemples, y-en a-t-il en Roumanie ? Daniela Zeca Buzura, la directrice de la chaîne TVR Cultural admet que jusqu’à présent il n’y en avait pas. Elle est l’auteur qui a publié en Roumanie le premier manuel de journalisme. Cette année sort le dernier volume d’une série de trois qu’elle a écrit et qui sera traduit aussi en Italien et en Français. «Il s’agit d’un travail de six années d’étude assidu » reconnaît-elle en ajoutant qu’en « occident ce genre d’études se fait avec une équipe nombreuse[77]. Son premier volume porte sur le « Journalisme de télévision », le second volume  étudie le sujet de « La télévision après Big Brother » étant publié en 2007 et le dernier s’est construit autour du thème « L’effet réel de télévision ».

Tous ces volumes se trouvent dans les bibliographies media obligatoires dans les facultés a précisé Daniela Zeca Buzura qui enseigne aussi à la faculté de Journalisme de l’Université de Bucarest.

« Il s’agit de la métaphysique media lorsqu’elle n’est pas faite de l’intérieur. Ceux qui travaillent dans le domaine n’ont en général, plus la possibilité de faire de la théorie. C’est aussi à cause de al vitesse de leur travail qu’ils n’ont plus le temps d’en parler. Nous pouvons constater que dans cette plage médiatique qu’est la télévision, il n’y a plus de formateurs. Le dernier mentor a été d’après moi Iosif Sava. J’ai toujours réfléchi à qui sera celui d’après, celui qui montrera aux générations qui vont suivre. Et j’ai décidé de participer en réalisent ces ouvrages »[78].

 


8. Les émissions à vocation culturelle  et  le développement d’autres activités

 

La directrice de TVR Cultural est fermement convaincue que les émissions à vocation culturelle et d’autres activités telles que celles concernant le tourisme sont interdépendantes  en expliquant « que souvent nous avons pu constater grâce aux feed-back des téléspectateurs qui sollicitent des détails sur les émissions vues à la télévision. Ce sont des domaines qui s’aident réciproquement et se complètent par la spécificité d’une télévision avec une certaine thématique »[79]. Ce sont des télévisions qui ont des cibles et qui en principe ont comme mission déclarée une interdépendance avec d’autres domaines tel que le tourisme, mais aussi d’autres.

 

Nous devons nous interroger si après les émissions de TVR Cultural il y a  des informations concernant la croissance du public des institutions culturelles. La réponse est venue de la directrice de la chaîne qui a expliqué que cette évaluation est un processus lent qui a une latence obligatoire. « Ce que nous pouvons apprendre ce sont des impressions ». En effet, ceux qui travaillent dans le domaine, savent qu’après la diffusion des émissions, durée donc très courte, on ne peut pas parler d’autre chose que d’impressions. Mais à long terme des études vont être réalisées.  Par exemple le Festival International George Enescu, dont TVR Cultural est partenaire media depuis sept années. C’est une biennale et ils travaillent ensemble depuis 3 éditions. « Il y a deux années ils nous ont dit pouvoir remarquer une différence de popularité et réceptivité énorme par rapport aux années précédentes grâce à la rencontre avec TVR Cultural. Tous ces événements hors les murs ont prit ampleur.  Nous avons reçu beaucoup de propositions depuis. Ce sont des événements comme celui-ci qui nous permettent d’avoir des feed-back sur les relations entre la télévision et les autres institutions culturelles »[80].

Les émissions à vocation culturelle participent au développement d’autres domaines.  Elles devraient avoir une grande contribution. Une telle appréciation peut être faite seulement en se basant sur des études, des recherches. Le but de ces émissions est d’attirer et de développer le goût pour. Ceux de la chaîne « Realitatea TV » ont par exemple une émission informative qu’ils réalisent pendant les vacances All inclusive, concernant les lieux que le public pourrait visiter. Cela détermine le public a aller voir mais personne ne prend le lendemain sa voiture pour y aller.

 

 

 

9. TVR Cultural s’implique dans des activités sociales  

 

TVR Cultural s’est développe dans le temps de façon à couvrir un espace culturel plus large au plus large sens du terme « culturel » car pour ceux qui travaillent au sein de cette chaîne, la culture veut dire plus qu’une simple activité artistique. Grâce au Journal Culturel la chaîne a visé des actions interdisciplinaires, sociales, civiques, en partant des enfants défavorisés jusqu’au pole opposé aux enfants surdoués. « Nous avons promu la présence des enfants à l’Eurovision Young Musicians and Dancers. Depuis six années les jeunes ont accès à ces événements grâce a notre chaîne qui a eu l’initiative et a subventionné l’activité. Nous avons réalise des présélections partout en Roumanie. Il y a beaucoup de grands et petits gestes orientés vers le domaine social. Nous avons réalisé des campagnes. Nous avons participe au repositionnement de certains lieux culturels afin de se rapprocher des jeunes. Nous sommes un partenaire social actif » a expliqué D.Z Buzura.

TVR Cultural a la fierté d’avoir un rôle informatif important et honnête par rapport à la population mais aussi d’aller au-delà de l’information. TVR Cultural a aussi gagné sa lutte en ce qui concerne la  promotion du programme d’une association Accendo, ceux qui ont réalisé le Festival Stradivarius et les concerts. Ils soutiennent l’association des non-voyants de Roumanie.  TVR Cultural  les soutient et nous avons réussi à faire en sorte que cet événement apparaisse aussi sur TVR 1.  Pour Ruxandra Ţuchel, la directrice de programmes,  la guerre menée pour en arriver la ne compte plus.  Elle reconnaît que lorsqu’elle a vu que cet événement était diffusé à la télévision. La direction ainsi que l’équipe entière de la chaîne, sont de plus en plus impliqués socialement même si d’autres partenaires ont plus de sources financières mais ne participent pas. « TVR te provoque à voir »  est une autre initiative matérialisée dans une campagne qui fait la preuve des réalisations de la télévision publique dans le domaine social

 


10. Promotion Culturelle/ Marque

 

TVR Cultural a une relation étroite avec l’Institut Culturel Roumain (ICR), institution qui a comme mission principale de promouvoir l’image culturelle de la Roumanie a l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières.  La directrice de TVR Cultural explique que  « des le début nous avons eu une relation très étroite avec l’Institut Culturel Roumain (ICR). Chaque fois que nous n’avons pas eu de subventions ils nous ont aidé. Partout où ils organisent des événements nous sommes près d’eux. TVR Cultural reflète les événements qu’ils organisent. Depuis sept ans TVR Cultural a réussi au niveau national d’obtenir des prix de télévision comme dans le cas d’une thématique d’ethnologie appelée Aux portes du ciel. Après ce cycle d’émissions Grigore Leşe[81] avec son équipe ont continue à ICR le projet Grands Rapsodes  qui a eu beaucoup de notoriété. Nous avons eu des événements en France, en Autriche et au Mexique ».

Mais de qui fait TVR Cultural la promotion ?

TVR Cultural a dans la grille éditoriale plusieurs niveaux axiologiques. « Nous sommes intéresses aussi par l’art underground, l’art expérimental, au chaud. Nous avons en vue en tant que phénomène prêt à produire de la valeur. La sélection nous la discutons pour ce qui concerne l’art consacré comme le film, les arts plastiques… Il y a aussi la zone académique du patrimoine où les choses sont claires. Ce sont les trois paliers ». TVR Cultural n’a jamais promu la médiocrité. La compétence réelle du journalisme est visible, elle existe et elle fonctionne ajoute D.Z Buzura.

 


11. Le Journal Culturel

 

TVR Cultural a obtenu la licence en 2000, a commencé à diffuser en 2002. Le Journal Culturel a commencé  à diffuser en 2002. Dans une première étape l’heure de diffusion a beaucoup varié. Maintenant nous diffusons à partir de 19h. Ce fut un choix conjoncturel pas professionnel et ce n’est pas le résultat d’une étude de marche qui prouve que le public regarde le journal plutôt à cette heure-ci qu’à une autre heure. Le journal est la locomotive du programme mais on n’a pas choisi l’heure à cause du fait qu’après commence le « prime time», il n’y a pas eu de raisonnement scientifique, argumenté. Cela a été un pur hasard.

Diana Dumitru ne peut pas dire que c’est la faute de quelqu’un. C’est ainsi que cela est arrivé.  On a désiré promouvoir tous les journaux informatifs du Trust. Et parce que le DEI (le journal TVR 1) avait décidé d’émettre à 20h, nous devions entrer à 23h. TVR1 devait entrer à 20h, TVR3 a 21h, TVR2 a 22h et il ne restait que 23h pour TVR Cultural. Cela nous a crée un problème majeur de fonctionnement car le journal culturel prévoyait dans son mode de fonctionnement la présence d’un invité. « On aurait risqué de ne pas pouvoir faire venir les invités de valeur. On a donc choisi le meilleur parmi le pire : 19h ». Cette heure veut dire pour le roumain habituel, trafic, courses, le chemin de retour à la maison, repas, lessive, n’importe quoi d’autre à part regarder la télé. Cela pouvait aussi dire PRO TV[82] qui diffuse son journal d’informations principal à 19h pile ou encore Antena 1.

Ici intervient le problème suivant explique Diana Dumitru, « que regarder en premier ? On regarde des viols et des accidents routiers qui ouvrent les journaux de PRO TV ou Antena 1 ? On regarde le rapport de monitorisation de la presse avec lequel nous ouvrons notre journal de ce soir ?  L’ouverture d’une exposition de René Magritte au Musée National d’Art de la Roumanie ?[83]  On regarde Mircea Toma[84] ou Cristian Fulger qui organise un événement Coposu[85] a mois de Mai ou on revient à Antena 1 ou Pro TV.  C’est une question de choix »[86]. En ce qui concerne l’audience du Journal Culturel, elle est limitée a celle du poste TVR Cultural. Cette audience n’est pas spectaculaire. Il y a beaucoup de raisons a cela. Il s’agit d’abord du manque de promotion, le manque de crédibilité, car le public a la fausse impression que TVR Cultural diffuse des « émissions fatiguées, pourries, ennuyantes », ou des gens parlent beaucoup sans dire grande chose. Les choses ne sont plus ainsi depuis longtemps. Mais la coutume… Pour avoir de grandes audiences il faut faire quelque chose d’explosif qui attire l’attention du public. Comme il n’y a pas de fonds pour faire quelque chose de réellement explosif, c’est-à-dire faire une publicité agressive, sortir en public dans la rue pour que le monde puisse te voir partout, seulement dans ces conditions quelque chose pourrait changer dans l’attitude envers cette chaîne de télévision.  L’audience du Journal Cultural a beaucoup augmenté à partir de 2006. C’est alors qu’on a réalisé une étude baromètre, le seul réalisé par TVR Cultural. De cette étude ressort clairement que le Journal Culturel est dans le top de l’audience et des préférences du public. C’est une des émissions les plus désirées et attendues de la chaîne. De 2006 a 2008 l’audience a augmenté dans la marge de l’audience de la chaîne. « Nous étions sur la première ou la deuxième place » avoue la productrice du journal. Mais avec le changement horaire qui a été inattendu et qui n’a pas été promu,  a entraîné une chute de l’audience sur le segment 19h-19.45h.  Même les auditeurs  les plus fidèles n’ont prit connaissance du changement horaire que plus tard.  Sur le segment 23h ou l’on diffuse la synthèse du journal, l’audience reste moyenne. Le manque de promotion a entraîné la chute des audiences. Donc l’heure compte. « Nous avons essayé de reconstruire peu à peu. C’est très dur de reconstruire lorsque nous avons peu de gens, peu de fonds, nous devons faire un nouveau décor graphique et nous avons beaucoup de manqués »[87].

 

Le budget de TVR Cultural pour une année est inférieur à celui alloué au Festival « Cerbul de Aur »[88] qui se déroule pendant cinq jours à Braşov. Il est beaucoup plus faible. TVR Cultural diffuse sept jours sur sept pendant toute l’année.  «  A un moment donné la directrice de programmes a été très déçue de constater que le budget du poste était inférieur à une tournée de boxe acquise par le canal de sport. Cela ne voulait rien dire.   Nous réalisons ce journal à partir de pratiquement rien. Une édition nous coûte en dessous de 100 euros par jour. A partir de ces cent euros nous payons les collaborateurs, les cassettes, les téléphones. Reste-t-il de l’argent pour les déplacements ? »[89]. La réponse est évidente et ne laisse plus de place aux interrogations.

En ce qui concerne le transport et les cameramen le mode de fonctionnement est différent.

Ce est des coûts de production. Ils correspondent à autre catégorie. Il y a le budget de l’émission, spécialement pour l’émission avec lequel on peut payer le matériel, le décor, les téléphones, les cassettes, les collaborateurs… Les groupes de montage, les reporters, les cameramen, les chauffeurs sont payes du budget de l’institution. Les ressources sont acquises avec grandes difficultés car elles sont communes. Pour arriver au format de 60 minutes d’infos en régime de direct de lundi a dimanche, le Journal Culturel besoin de trois cameras, trois voitures et de trois groupes de montage. Celles-ci sont mises à disposition par TVR. Le budget du Journal Culturel est d’environ 32 000 d’euros par an.

 

Pour ce qui est du choix des sujets la sélection se fait d’elle-même. Tout ce qui est filmé le matin jusqu’à quinze heures est diffusé dans le journal d’aujourd’hui (soit celui de 19h soit celui de 23h) tout ce qui sera filme après sera diffusé au journal de demain.  Les raisons sont physiques, humaines. Il est impossible de procéder autrement car le matériel doit être travaillé avant d’être diffusé sur le poste.  « Nous nous adaptons. Les choix que nous faisons, de moins pont de vue, doivent être fait objectivement ».

 

 


12.  TVR Cultural – Joyau de luxe pour la SRTV ?

 

La culture est en général un luxe pour toute communauté. La télévision Arte est aussi un luxe. Elle réalise des programmes culturels avec des coûts énormes que la télévision ne détient pas. C’est un luxe sans lequel nous ne pouvons pas aller plus loin. Il est bien de se permettre ce lux. Nous sommes obligés de voir que nous ne sommes pas seuls au monde. Il est aussi très important aussi de savoir que ce luxe est aussi important voire plus important que détenir une voiture de luxe. Pourquoi est ce que les gens achètent des voitures de luxe ? Pour montrer qu’ils ont les moyens. C’est un luxe strictement lié à l’image. La culture, une chaîne culturelle c’est un luxe important d’avoir. Il est important de connaître et d’apprendre. Il est important de s’informer.

Afin de comprendre la logique du département on peut résumer de la façon suivante :  Nous avons besoin de culture, on a crée un département culturel qui fonctionne grâce à un budget très faible, presque invisible, on ne dépense pas pour la promotion… Que peut dire la Directrice de programmes à ce sujet ? « Je peux dire une chose, TVR Cultural apporte beaucoup de publicité à la télévision. Nous vivons dans un monde ou le public est ciblé. Les publicitaires n’investissent plus d’argent là où l’audience est grande mais par cibles  (c’est par tranches de public cibles qu’ils fonctionnent).  Par exemple si je vends des émeraudes, il est possible que le public large ne soit pas intéressé par les émeraudes. Je n’ai pas l’intérêt à promouvoir les émeraudes sur une chaîne de télévision dont le public cible est le large public. Même si il n’y a pas vingt mille personnes qui regardent cette chaîne mais disons dix mille, parmi ceux-ci il y a peut être cinq mille qui achèteront les émeraudes »[90]

« TVR Cultural,  avec un budget faible ou grand fonctionne très bien. Il fonctionne car les gens  qui travaillent ici sont conscients de leur mission de journalistes de télévision publique. Il est clair que nous ne pourrons pas réaliser des documentaires comme ceux de History Channel, non pas car nous n’avons pas l’information nécessaire, mais car nous n’avons pas les fonds pour dérouler un tel arsenal de film artistique comme eux. Mais ils font trois productions par an qu’ils diffusent plusieurs fois. Or TVR Cultural est un poste qui diffuse vingt quatre heures sur vingt quatre avec des informations renouvelles chaque jour. C’est un peu autre chose. Arte  est une chaîne qui est soutenue par quelques Etats Européens. En regardant TVR Cultural est ce qu’on peut sentir le manque de fonds  dans les émissions lancées sur le poste ? Alors pourquoi se soucier du budget ? »

 

Le manque de fonds dans le domaine culturel  se fait ressentir aussi dans le cas du poste de niche qu’est TVR Cultural. Cela implique ne pas avoir assez d’argent pour la réalisation et la promotion.

« Il n’y a pas de promotion non pas car il n’y a pas suffisamment d’argent » dit Ruxandra Ţuchel. Cette dernière croit personnellement qu’il y a une déficience au niveau du marketing. Elle considère que la promotion n’est pas une priorité du département de marketing.  Dire qu’il n’y a pas suffisamment d’argent est la réponse lorsqu’on veut se débarrasser des difficultés rencontrées au lieu de travail.  Mais la solution dépend aussi de la façon de s’associer. Les compagnies de publicité veulent par exemple s’associer avec la télévision pour des événements culturels que la télévision réalise ou dont elle est partenaire. Ainsi ils ont une visibilité  très grande et ils peuvent discuter autrement avec la mairie. Ces compagnies soutiennent les événements culturels de la ville. Lorsqu’on veut se débarrasser de quelque chose car c’est plus commode ainsi, il y a toujours la possibilité de blâmer quelqu’un d’autre. D’autre part, avec beaucoup d’argent tout le monde peut faire beaucoup de choses. L’art est de réaliser des choses de qualité avec peu ou sans argent. Nous pouvons faire beaucoup plus avec peu d’argent. Il est donc possible de jongler avec les ressources. « Certains disent qu’ils sont géniaux mais qu’ils n’ont pas d’argent. Tu peux prouver que tu es génial au moment ou tu réalises réellement quelque chose avec des fonds plus faibles »[91].

 

 

 

 

 


13. Evaluer le succès du département Culturel 

 

Le succès peut être évalué par le public, par l’audience. On peut aussi mesurer le succès de ces émissions  autrement. Les émissions à caractère culturel apparaissent aussi sur d’autres chaînes. Les gens ici sont des intellectuels anciens et sont capables de réaliser des choses nouvelles car ce sont des gens qui ne savent faire que cela et ne voudraient pas faire autre chose.

Au sein de TVR les employés restent sur un salaire fixe, ils n’ont pas de bonus, ils ne sont pas bien payés. Si quelqu’un avait demandé à Ruxandra Ţuchel de partir dans une télévision privée elle reconnaît à tout moment qu’elle n’aurait pas accepté en justifiant son choix ainsi : « Je pense d’une certaine façon, dans un domaine applique, ici je peux dire ce que je pense ».  Le succès elle le pense ainsi.

TVR Cultural a réussi avec des luttes « gréco-romaines » à diffuser sur d’autres chaînes, des émissions à tente culturelle. TVR Cultural a  réussi à garder le théâtre de télévision dans la grille de programmes, même si certains ne désiraient pas cela. TVR Cultural ne souhaite pas être comme les autres télévisions qui font des hommes politiques des héros nationaux. Ils font d’eux des vedettes du divertissement facile. Le coté tragique est que ce ne sont pas des scénarios mais quelque chose de réel. Ils créent des messages manipulateurs. R. Ţuchel ne croit pas vouloir faire partie de ce monde.  Le public, dit-elle, « est comme le chien de Pavlov, plus tu en lui donnes d’un certain genre d’émission, plus il souhaite voir que ça. Cela dépend de ce que tu lui donnes. Nous garantissons une certaine verticalité et intégrité.  C’est la règle des « trois S » en télévision : sexe, sang  et scandale. C’est ces trois S qui attirent l’audience ».

Cette idée reviendra par la suite dans les discours des interlocuteurs ce qui fait preuve que cette situation est réelle et unanimement remarquée et acceptée.

 


14.  Rôle de la Télévision Roumaine dans le domaine culturel 

 

Les spécialistes roumains de télévision trouvent en grande partie qu’il est très difficile de faire de la culture à la Télévision parce que la télévision fournit des instants éphémères. Tout ce qui se passe à la télévision sont des instants qui passent.  Il est très difficile de prétendre qu’on fait d’une manière conséquente et solidement de la culture à la télévision. On peut attirer le public en invitant un personnage charismatique, un personnage très intéressant et intelligent qui a beaucoup de choses à communiquer et qui discute sur des thèmes qui concernent la société, le domaine culturel, pour l’amour de la discussion ou pour éclairer certains aspects de la vie.  Si on appelle cela de la culture, c’est ce que la télévision fait. Cela arrive. Mais la productrice du  Journal Culturel croit que c’est trop dire cela. « Je crois que la culture réelle se trouve dans les galeries d’art, dans l’atelier du peintre, dans le bureau de l’écrivain… c’est là-bas qu’on fait vraiment de l’art ».

La culture se fait aussi dans la rue. Il y a une culture de la rue qui gagne de plus en plus de terrain. La culture est un terme vraiment généreux qui inclut l’art, la mentalité, la tradition, le patrimoine, l’histoire, un comportement civilisé, une attitude écologique. Pratiquement, la culture, par extension, veut dire tout. « Notre vie est une somme d’aspects culturels, d’éléments culturels. Ces choses se retrouvent involontairement dans toutes les émissions de télévision. Elles sont plus ou moins accentuées positivement ou négativement. Mais une télévision culturelle fera toujours appel aux éléments artistiques pour se servir dans ses démarches informatives. Elle détermine ainsi le public de vivre en tant que personnes libres, des personnes de nos temps, informées, éduquées et capables de résoudre ses problèmes et ceux de la société d’une manière culturelle, ouverte »[92].

 

Dominique Wolton qui a écrit “Eloge du grand public” Une théorie critique de la télévision a  dit qu’il y a une vision négative sur la télévision aussi à cause du fait que les gens qui travaillent dans la télévision, qui ont l’expérience et la légitimité  nécessaire pour parler et créer des documents qui restent sur la télévision n’ont pas fait cela.

Dominique Wolton dit que « la faiblesse des connaissances sur la télévision depuis quarante ans et l’indifférence portée aux travaux empiriques laissent les décideurs sans autres points de repère ». [93]

Un des problèmes qui se pose est de ne pas avoir suffisamment d’éléments d’orientation pour le rôle de la télévision dans un espace qui est profondément marque par un grand nombre de chaînes ayant une logique largement économique.

La télévision n’a contrairement au discours libéral, pas le même statut que toutes les autres industries culturelles, explique Wolton. Alors il est tout a fait naturel de se pencher sur les caractéristiques de la télévision afin de pouvoir la situer dans le monde de la culture.

Il est très important de souligner, tout comme le fait Wolton, que l’absence des théories sur la télévision est un élément important, car l’analyse se fait sur un terrain presque vierge et est fondée sur l’observation et l’interprétation.

Nous pouvons constater que les discours sur la télévision sont généralement acceptes s’ils sont critiqués et pour la plupart des discours nuancés ceux-ci se trouvent délaissés. On peut se demander pourquoi et c’est à partir de ce constat que le début de cette recherche a pris naissance. On peut difficilement passer sans se poser des questions dessus lorsqu’un domaine controversé passe au-delà de la controverse pour se voir condamne à des critiques très dures et majoritairement négatives. Il fut inévitable que cela attire l’attention d’une ou de plusieurs personnes intéressées par ce phénomène ainsi que par le rôle de la télévision dans le domaine culturel.

Pourquoi la télévision après tout ce temps d’activité ne parvient-elle pas à faire l’objet d’une connaissance ?  Pourquoi une telle résistance à l’analyse en ce qui concerne la télévision ?

D. Wolton dégage deux raisons qui peuvent être à la base de ce vide de recherche dans le domaine. D’une part les causes « objectives » liées a la nature de la télévision  comme par exemple le fait que ce soit un objet complexe et difficile a saisir mais aussi car il est vu en tant que banal (en faisant partie de la vie de tous les jours du public). D’autre part, les causes « subjectives » liées aux discours qui la concernent pendant cinquante ans. A cela s’ajoute aussi le fait qu’en France, selon Wolton, il y a eu une perspective critique qui n’a pas changé pendant trente ans avant de se transformer dans la décennie passée.

 

La télévision est chronophage et créatrice de stress.  « C’est ainsi qu’il restent plus que deux variantes : si on survit pour arriver à la retraite, on peut, peut être arriver a écrire les mémoires, car on ne peut pas faire plus que cela. C’est valable pour ceux qui ne meurent pas avant.  Soit on cherche un genre d’émission qui ne sollicite pas autant et qui te laisse du temps pour penser. Autrement on n’est qu’un petit robot dans un mécanisme géant et criminel duquel on ne peut sortir que très difficilement». La télévision est donc aussi un mécanisme qui mange tout : temps, santé, énergie…etc.

Toutefois, beaucoup de gens qui ont travaillé dans la télévision roumaine ont décrit leur relation par le syntagme : « mon amour la télévision ». Normalement on pourrait croire que ces personnes voudraient écrire sur ce qui se passe dans la télévision, sur leur expérience, sur les mécanismes et la vie dans la télévision. Mais cela dépend finalement comment on regarde les choses. « Au journal tu n’auras jamais le temps de faire cela. Au journal tout est en mouvement continu tout change, c’est une course folle. On n’a pas le temps de se rendre compte qu’un autre jour a passé. On sent seulement qu’on est très fatigué et qu’il faut avoir de l’énergie pour recommencer le lendemain ». C’est différent dans le cas des émissions d’auteur, comme le reportage par exemple, lorsqu’on a plus de temps pour réfléchir un a trois jours, lorsqu’on a le temps de choisir quelques cadres, quelques interlocuteurs qui participent au message qu’on veut transmettre par l’intermédiaire de ce film. Le problème se pose différemment alors. Les spécialistes ont alors le temps de réaliser des choses qui portent leur signature. Mais la différence entre une émission de télévision (combien même elle reçoive des prix) et une œuvre d’art reste très grande.

La différence est grande. S’il s’agit d’un spectacle qui est diffusé maintenant et encore plusieurs fois dans le temps, finalement la bande va se détériorer et casser à un moment donné. Essayez de comparer cela à un livre où à un monument. Diana Dumitru  reste à la conviction personnelle que la télévision n’est qu’un instant éphémère du début jusqu’à la fin. Rien de ce qui est crée dans la télévision ne reste éternellement. C’est une course contre chronomètre et rien ne reste à la fin.

C’est peut être une des raisons pour laquelle comme de nombreux autres professionnels du monde de la télévision refusent de regarder la télé.  Dans son cas, ça fait plusieurs année en avouant : « Je ne suis plus un consommateur de télévision depuis quinze ans ».
C’est une sorte de réaction de rejet mais une autre raison serait car on n’y croit plus. « Mais le fait que je ne regarde pas la télé ne veut rien dire. Je crois aussi que ce n’est pas la globalisation qui est un problème dans ce contexte. Ni le progrès des technologies d’ailleurs ».  Contrairement à la vision pessimiste des spécialistes français dans le domaine, elle croit que la télévision résistera. L’important est de savoir dans quelle direction elle se dirigera. Si elle va continuer à pédaler dans le sens du divertissement de mauvaise qualité, presque exclusivement sur les journaux informatifs et les émissions type débat stérile, elle est susceptible de perdre une grande part de son audience. « Les gens commencent à préférer vivre leur propres vies et vivre eux-mêmes ces moments que de rester à la maison à regarder une boite, la télé.  Au moment où tu te situes en rapport avec la télévision dans la situation de spectateur tu n’as plus le temps de vivre toi-même. Tu regardes comment les autres vivent leurs vies : dans les journaux informatifs, dans les émissions, dans les séries. J’espère que les gens voudront un jour revenir à une vie plus normale, plus calme, peu importe ce que les autres disent, les guru, les hommes politiques, des gens qui viennent à la télé te dire comment vivre mieux ta vie, ce qui est mieux pour le pays ou encore affirment connaître la vérité absolue. Personne ne connaît la vérité absolue. Il est souhaitable de vivre sa propre vie et de construire sa propre vérité. Je renoncerai à la télé, à l’automobile et au téléphone et je crois qu’ainsi on vivrait tous beaucoup mieux et plus tranquilles.  Ce que j’imagine n’est bien sur pas ce qu’il arrive. Je crois qu’on devrait mettre l’accent plus sur le beau coté de la vie. Il y a beaucoup de belles choses dans la vie et dans ce monde. Il y a beaucoup de choses qui méritent être vécues et expérimentées. Sinon nous nous réveillerons un jour et nous découvrirons que nous sommes vieux, fatigues, stresses, agasses et agresses par des individus avec lesquels nous n’avons rien en commun mais qui rentrent dans nos vies avec leur chaussures et nous influencent. Ils essaient de nous attirer de leur part, ils essaient de nous tromper, de nous enseigner comment selon eux on doit faire pour mieux vivre et je crois sincèrement que ce n’est pas le cas.  Depuis longtemps on n’a pas vu naître un Einstein, un Rembrandt, un Shakespeare, c’est-à-dire des valeurs devant lesquelles dire « chapeau bas », « nous avons beaucoup de choses à apprendre de vous ». Cela n’arrive plus depuis longtemps. Ni même les professeurs des universités ne sont plus ce qu’ils ont jadis été »[94].

 

L’époque des grands parents est regrettée même dans le cadre de la télévision parce qu’il y avait plus de décence à la télé. La télévision a change avec le temps, avec la mode, avec l’évolution de la société. Il y avait beaucoup plus de respect pour les valeurs authentiques, pour les traditions. Nous ne faisons pas référence au costume populaire lorsque nous parlons de tradition. Il s’agit de la tradition du bon sens, la tradition des principes sains, qui n’ont pas été pervertis. « On est arrivé à faire des scénarios à tout propos. Si quelqu’un vient faire des déclarations à la télé sur un produit, le public commence involontairement à faire des scénarios. Pourquoi est ce que ce type est venu promouvoir ce produit ? Est-ce que ce produit est vraiment tel qu’il est décrit ? Peut être que ce type a un intérêt de promouvoir et de présenter ce produit ainsi et pas autrement. Bref, la paranoïa se développe »[95].  Nous sommes devenus paranoïaques et la télévision alimente cette paranoïa. En fait 90% de l’activité de la télévision a comme but de développer cette paranoïa.

 

Pourtant la télévision occupe une grande place. Son rôle est important. On la situe en général par rapport à la radio et à l’Internet. Pensons qu’en Roumanie beaucoup de gens n’ont pas encore accès à l’Internet. Il y a un milieu rural prépondérant, en tant que population, qui n’a pas l’accès à l’Internet. En ce moment on ne peut pas dire que l’Internet occupe une place aussi importante que la télévision La radio par contre est beaucoup plus répandue comme moyen de transmission media, mais elle n’a pas le même impact que la télévision. C’est beaucoup mieux de voir pour croire et comprendre. « On faisait un exercice à un moment donne. C’était une expérience. Il s’agissait de regarder l’information par l’intermédiaire des images, sans le son. Si on pouvait comprendre ce qu’on voyait et dire ce qu’on voyait de façon à ce que l’information ait un début et une fin, être cohérente, alors l’information filmée était bonne. Si on ne peut pas comprendre un document filme seulement grâce aux images cela veut dire qu’il y a un problème ».

Comment évaluer le succès du Journal Culturel ? On devrait répondre à cette question en accompagnant la réponse d’une étude. Par exemple lors de la foire du livre Gaudeamus, « nous avons lance un appel, une campagne pour collecter des livres pour les enfants du centre d’enfants Pinocchio. Pour le Saint Nicolas nous avons ramasse des livres qui ont été donnes aux enfants de ce centre de placement.  On a reçu une avalanche de livres. Cela a été la seule et unique preuve que nous avons un public fidèle, éduqué, qui a répondu a notre appel. Nous avons fait une campagne minimale, avec nos faibles moyens. Nous avons réalise un spot simple que nous avons diffusé en boucle sur la chaîne TVR Cultural et bien évidemment dans toutes les éditions du Journal Culturel. Nous avons ramasse des milliers de volumes. Nous avons pu construire une bibliothèque pour ces enfants comme ces enfants n’ont jamais rêvé d’avoir.  Il s’agit d’un  orphelinat et un centre pour les enfants de familles défavorisées. Cela a été une étude vivante faisant preuve que nous avons un public fidèle qui nous suit et qui répond à nos appels »[96].

 

Cette chaîne s’implique aussi dans les activités socioculturelles, car la culture ne veut pas seulement dire un acte artistique. Il me semble très culturel d’aider au développement du goût pour la lecture à des enfants de sept à douze ans. Il me semble culturel, efficace et bienfaisant pour la société Une telle personne qui a commence a aimer la lecture a cet age la, va toujours lire, va toujours s’informer et développera le goût pour la connaissance. Si cette personne aura les moyens elle fera aussi des études. C’est une belle perspective.

 

 


15. Ce qui passe à la télévision

 

Le choix est une chose dangereuse. Le choix en soit signifie renoncer à quelque chose. Quelque chose doit être éliminé d’un tas. Qui, quoi et en fonction de quels critères nous légitime ou légitime d’autres personnes à faire ce choix ? On ne peut pas dire qu’on ne va pas assister à tel événement où l’on lance un livre car le livre est mauvais. Ce livre est lancé à ce moment là et donc on ne peut pas savoir si le livre il est bon ou mauvais. Nombreux sont ceux qui partent de l’idée qu’il faudrait faire une sélection parmi les événements diffusés à la télé. La sélection sera faite au moment ou l’on est contraint par les ressources : au moment où il n’y a pas suffisamment de caméras, voitures, rédacteurs ou assez de temps. A cause de raisons objectives. Par exemple lorsqu’il s’agit d’événements qui ont lieu après 22h. Il faut renoncer automatiquement à ces informations car il n’y a pas les ressources nécessaires pour participer à ces événements. Les équipes ne peuvent pas  aller à plusieurs événements simultanément. Il y a des jours où il y a six ou sept événements qui sont à la même heure.

Il faut faire appel à tous les moyens. Par exemple, on envoie une équipe filmer plus tôt une exposition qui va être ouverte le jour même, au moment ou le flux d’informations est plus libre. Aux débats l’équipe peut arriver plus tard afin d’arriver aux conclusions. Aux premières on a  besoin de sept à huit minutes du spectacle.  Des efforts son faits afin d’arriver au maximum d’événements. Le choix ne semble pas être correct. Ce n’est pas correct (par rapport aux événements ou l’on n’arrive pas) lorsque ce choix se fait d’une manière arbitraire, sans raisonnement, sans une justification solide. Cela n’est pas déontologique, journalistique, professionnel.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

16. Epilogue d’une histoire 

A.  La Télévision est un instrument fabuleux de mise en relation.

 

Elle a débuté comme étant extrêmement culturelle. Le metteur en scène Cornel Todea[97] considère que pendant  la période communiste la télévision a atteint l’apogée de la dégradation. « Les programmes de la télévision ont échoué du domaine culturel vers celui politique qui avait trois programmes par jour : le journal de soir, le journal de nuit et entre les deux une émission portant hommage au couple de dirigeants Ceauşescu. 

Le programme de la télévision roumaine de ses débuts, était extrêmement culturel et c’était peut être l’une des plus culturelles télévisions de l’Europe.  Le programme de la télévision avait une série d’émissions culturelles et le divertissement dans l’acception initiale, était orienté vers la culture. La variété des offres culturelles remplaçait l’absence de certaines activités culturelles aussi variées que de nos jours. La télévision diffusait deux spectacles de théâtre en direct car il n’y avait pas de méthode d’enregistrement à ce moment là. Il s’agissait d’une pièce de théâtre grande, qui était filmée dans le studio A de la télévision et une pièce de petites dimensions qui étaient filmées dans l’une des salles de sport « Floreasca » ou  dans la salle de spectacle du Conservatoire de Musique bucarestois. La télévision était a la mode avec ce qui se passait dans la dramaturgie internationale du moment. Elle diffusait des pièces roumaines et étrangères.  Il y avait une anthologie de l’humour international et national et une revue littéraire. Durant cette période, quelques pionniers enthousiastes qui n’avaient pas la conscience de la télévision telle qu’elle fonctionne aujourd’hui, ont laisse libre leur imagination et leurs connaissances pour réaliser des émissions complets. La télévision aujourd’hui a découvert qu’elle détenait un pouvoir politique important. Dans la phase finale on a atteint un paroxysme aberrant, mais dans la phase initiale la télévision était un médiateur entre la littérature, l’art, la culture et le public. Il y avait par exemple une série de cours de langues étrangères »[98].  Cornel Todea plaint le fonctionnement des télévisions basées sur le rating.  A l’époque de début de la télévision il n’y avait pas cette notion de rating et d’orientations commerciales comme aujourd’hui. Il considère que celles-ci dégradent le mode de fonctionnement de la télévision.

 

 

 

B. Télévision, culture, élites

 

La télévision permet à ceux qui rentrent en contact avec elle, de tisser des liens étroits avec le monde de la culture. Elle permet la rencontre de personnes qui peut être n’auraient pas la chance de rentrer dans les cercles des professions de la culture qui sont assez étroits et inaccessibles pour la plupart du monde si ce n’est qu’en tant que purs observateurs. La télévision est donc un moyen de briser ces cercles conventionnels et d’y pénétrer en touchant à l’émotion, en touchant à la création, à la vie artistique effervescente et surtout, rentrer en contact avec les élites.  Andrei Pleşu, un intellectuel engagé, définit l’élite ainsi : « L’élite comprend les individus les mieux préparés de chaque domaine. Cela veut dire qu’il y a une élite paysanne, une élite des travailleurs, une élite des médecins, une élite des penseurs, une élite d’écrivains. Il ne s’agit pas d’un concept ferme et exclusif, une minorité qui fonctionne d’une manière diaphane, comme un groupe d’anges. Il s’agit de la solidarité sous-entendue de ceux qui dans leur métier, ont atteint le niveau supérieur de la performance et de l’excellence et que, par ailleurs, nous contactons à chaque fois que nous en avons besoin.  […] Elite vient de « choisir », un mot qui renvoie à la sélection par des critères de qualité. Maintenant, lorsqu’on dit « élite », les gens pensent soit à l’élite « politique»  soit aux « intellectuels ». En fait chaque nation à besoin d’élites, car l’élite, celle réelle, est, par définition, [au service de tous]. S’il y a une élite fonctionnelle, on doit vivre dans un milieu qui sait l’apprécier, [un milieu] qui la regarde avec sympathie. On a besoin non seulement de personnes de qualité mais aussi d’une bonne réception de leurs qualités.  Si le monde part de l’idée que les élites signifient quelque chose de mal et confondent les élites avec l’élitisme et avec toutes sortes de façons, les élites s’atrophient».[99]

 

Une des élites de la télévision roumaine a été Petre Sava Băleanu qui a dirigé l’équipe de metteurs en scène de la Télévision Nationale Roumaine pendant des années. Cornel Todea se souvient de ce personnage emblématique: «Durant la période où j’ai travaille dans la télévision, j’ai fait la rencontre de Petre Sava Băleanu, [qui venait de l’Ouest de la Roumanie de la région Banat]. Il avait une rigueur extraordinaire et une formation intellectuelle extrêmement profonde. Il était rigoureux et très subtile dans ses analyses.  En tant que dirigeant, il avait une autorité incontestable et a établi des hiérarchies qui ont très bien fonctionne tant qu’il a dirigé cette équipe. A l’époque il n’y avait pas de réalisateurs mais de metteurs en scène avec une vaste expérience dans ce domaine. Il a conduit la mise en scène. Il a patronné tous les metteurs en scène de la télévision et a crée des directions spécifiques pour chaque domaine. L’élite des metteurs en scène était dédie au théâtre. Cette hiérarchie était capable de faire naître états de tension en rapport aux ambitions personnelles de chacun. Durant le temps de Sava Băleanu il n’y avait pas de tensions. Après sa disparition, les tensions sont apparues, la manière de travailler de son époque a été contestée et chacun a demandé l’accès à des zones que Băleanu avait interdit et qu’à son époque personne ne pouvait les trouver accessibles. Tout était très confortable durant son époque. Dans cet ordre on se sentait tranquille chacun à sa place. Il a réalisé les cycles d’Ibsen, et de Tchekhov, une suite de productions qui ont été et restent, a mon avis, sans remarquer la trace du temps qui s’y imprégné. Ensuite je me suis réorienté vers une série d’entretiens et je suis devenu une personne connue. J’étais considéré reporter même si je ne faisais pas des reportages. Je rencontrais du monde de qualité mais qui ne se voulait pas publiée. Il y a une série de valeurs qui ne sentent pas le besoin de se mettre en avant, comme une sorte d’érudits médiévaux, de connaisseurs profonds du domaine, qui se sentent plus tranquilles sans avoir une présence publique. »[100]

Ceux qui travaillent dans la télévision, ont besoin de la présence de ces personnes pour ajouter de la valeur à leur propre présence. Une émission qui a un invite de marque est une émission qui attire plus le public. Le public connaisseur a soif de voir ou de revoir ces personnes à la télévision car elles ne sont pas très visibles.

 

C. Le talk show : une émission essentiellement parlée et bon marché

 

« On investit de moins en moins d’énergie et de fonds dans le domaine culturel. La majorité des émissions, actuellement, sont réalisées avec des investissements mineurs : par exemple les talk-shows. Il s’agit de quelques invités, de chaises, une table et un décor minimal sur le plateau ainsi que trois cameramen si vraiment on souhaite réaliser une bonne émission ».

 

Le talk-show est la manière la moins chère de réaliser une émission. Il y a de telles émissions qui ont quelques invités et qui durent des heures en tournant autour d’un sujet qui en général est politique ou économique. « Ils réussissent ainsi d’attirer l’attention du public grâce à une aberrante discussion avec des formes de polémique en général adverses par rapport aux directions vers lesquelles se dirige la politique à ce moment là. C’est une des pratiques de la télévision : celle de mâcher une idée qui n’a pas de sens réel.  Dans ce sens, les réactions actuelles envers la télévision sont tout à fait justifiables ». Les programmes des télévisions ont été comblés de telles émissions qui ont su à la fois offrir des informations et qui sont bon marché. Un aspect très important c’est qu’elles ont su capter l’attention du public qui s’est très vite transforme en un consommateur fidèle de celle-ci. Les talk shows ont réussi à ouvrir d’autres portes que les spectateurs ont accepté volontiers.

 

« Je reviens à la télévision qui n’existe plus et qui n’existera bientôt, plus jamais. L’orientation culturelle de la télévision, telle qu’elle était jadis, était due à l’inconscience et à l’innocence des gens qui travaillaient là-bas. A l’époque il n’était pas évident que celle-ci pouvait devenir un instrument redoutable de manipulation. Depuis la télévision a évolué (si nous pouvons appeler cela une évolution) et a découvert son inespéré pouvoir d’influencer et de former des attitudes et c’est ainsi qu’elle est devenue un instrument politique »[101].

La télévision pendant le communisme était devenue un hommage continu rendu aux dirigeants. La télévision manquait d’efficacité et elle était devenue saturée de la même histoire. Elle essaya donc d’échapper. Dans les zones de frontière de la Roumanie, il y avait des villes qui pouvaient capter des postes de télévision étrangers. C’est par cette occasion qu’on essayait d’obtenir des informations venues d’ailleurs (à l’époque les Bulgares étaient plus ouverts mais aussi les villes de l’Ouest de la Roumanie). On essayait d’obtenir d’autres informations que celles locales sur les époux Ceauşescu.

D. Télévision, Culture et Démocratie

 

La question réelle est : est ce que la télévision a réellement la vocation d’instrument de diffusion de la culture ?

La réponse de Cornel Todea est affirmative. Mais il se demande qui est le public cible ?

« La cible est très étroite. Partout dans le monde, explique-t-il, l’appétit pour certaines émissions est réduit. Actuellement les gens, dans leur agitation frénétique afin de survivre, tendent plutôt a regarder des émissions qui les détendent que des émissions qui mettent en question leur propre condition que l’acte culturel sérieux propose. Cette tendance de commodité spirituelle est exploitée par les télévisions commerciales à mauvais escient et avec une attitude endommageant le téléspectateur »[102].  Le succès est acquis par une forme de divertissement qui est de plus en plus démuni de prétentions intellectuelles et à un niveau intellectuel bas. Todea considère que le divertissement est réalisé de nos jours par des amateurs.

Pourtant la télévision a connu à ses débuts une autre forme de divertissement. Celui-ci était réalisé par de grands spécialistes et le divertissement était en relation étroite avec l’artistique et le culturel.

De nos jours les réalisations avec tendances comiques et dérisoires sont motivées par ce qu’on croit que le public attend. « Ici il y a un jeu subtile et malheureux ». La télévision peut former son public, tout comme autre institution participant a l’activité (culturelle) de la « cité ». D’ailleurs un des attributs donnés à la télévision est celle de formateur même si de nos jours celui-ci incline plutôt vers l’information que vers la formation, tel que nous allons le voir par la suite.

La télévision peut donc former son public par les propositions qu’elle fait. Elle a décidé de s’adresser à un public majoritaire qui a un très faible appétit pour la problématique. Et le succès a ce public a fait en sorte que les émissions soient construites a ce niveau au nom du fameux « rating » qui est selon Cornel Todea un des moins démocratiques  systèmes d’évaluation.

Le « rating » est un jugement statistique qui favorise une majorité en ignorant les droits de la minorité au sein d’une démocratie. Or, cette minorité, dans une démocratie réelle, a des droits égaux avec la majorité. Et si un groupe restreint de personnes, désire écouter de la musique classique, cette minorité est privée de ce droit en vertu du « rating ». Le producteur diffusera les émissions qui ont du succès au grand public, celui qui détient la suprématie statistique. Le désir est de servir les intérêts économiques et par un enchaînement logique commercial, plus il y a de monde devant le poste de télé, mieux est vendue la marchandise c’est-à-dire la publicité grâce a la quelle la télévision réalise du profit ou au moins elle peut subvenir a ses besoins, payer ses dettes et supporter ses dépenses. Les intérêts commerciaux prévalant et sont conjugués aux intérêts politiques (car il y a aussi des souteneurs politiques). « La télévision est libre, dans le sens ou il n’y a plus de censure et le contrôle du chef de l’état, mais il y a d’autres types de contrôles : ceux des finances  par exemple »[103].

La demande qui tient des actes culturels semble être réduite. Mais il est impossible de former ainsi un public. Il est impossible de former le public par des créations éphémères et des vedettes qui disparaissent du jour au lendemain. Ce propos est commun à ceux qui travaillent dans la télévision. « La demande peut être réorientée en ouvrant l’appétit du public par la diffusion de certaines émissions authentiques, créées par des professionnels et en gardant un niveau de valeurs »[104].  Les critères commerciaux semblent limiter la liberté.  « Il y a des chaînes à l’étranger, comme Arte, qui gardent la vocation de leur orientation vers la culture par l’association de deux pays ».   Il y a aussi des chaînes comme celles de science qui sont spécialisées dans des domaines différents. Ces chaînes-la, participent au développement d’un bagage d’information que le public peut obtenir en regardant la télé.  Ce dernier peut ainsi élargir son aire de connaissances générales.

La télévision a permit au public d’assister à des événements incroyables, en direct, comme par exemple la Guerre en Irak. La télévision qu’on connaissait au début ne pouvait jamais s’imaginer de pouvoir réaliser une chose pareille.

« Bertrand Russel disait qu’il était impossible de pouvoir voir à la télé un événement transmis en direct avec les mouvements réels, comme une course de chevaux par exemple. Il excluait l’idée de la capacité d’inventer un tel instrument que la télévision [105]».

 

E. Que devient cette vocation culturelle de la télévision ?

 

« Si nous regardons ce qui se passe en Europe, la plus grande partie des émissions sont des talk-shows. En général ceux-ci sont réalisés sur des thèmes économiques et politiques. La télévision est devenue un esclave du politique. En Roumanie, je ne crois pas qu’on ait perdu la première place en tant que présence de l’homme politique à la télé. » Ces apparitions fréquentes, assurent a l’homme politique une plus grande visibilité. Cornel Todea soutien que les artistes devraient demander un dédommagement car les hommes politiques occupent trop de temps dans le cadre des programmes télévisés. Il se demande par ailleurs quand est-ce que ceux-ci ont le temps de s’occuper des affaires qu’ils sont destines d’accomplir, les destins pour les quels ils ont été élus.

« La télévision a réussi à donner priorité à l’éphémère. Il y a une tentative de résister de la part de la télévision nationale publique. TVR Cultural est une pièce de résistance, le Journal Culturel est très important  car il conserve, enregistre, est une preuve de l’existence culturelle. TVR Cultural est la tentative de récupérer un territoire qui a été abandonné. Cette chaîne de télévision, dans sa solitude, ne peut pas compenser le manque d’intérêt général

En Roumanie les télévisions commerciales ont fortement participé à la dégradation de la mentalité, par l’intermédiaire d’une offre orientée vers la non valeur et en motivant ce choix par le fait que le public  demande cela. Cela n’est pas entièrement vrai. Finalement on dit que « l’envie vient en mangeant »  et si l’offre de la télévision ouvre l’appétit pour de telles émissions le public regardera ce genre d’émissions »[106]. Si la télévision oriente les goûts vers des émissions d’une autre facture de point de vue du geste artistique et celui de l’information, le public les recevra aussi. Le public sait recevoir aussi des propositions plus élaborées de point de vue culturel.  L’offre actuelle n’est pas la seule que le public accepterait.

En ce moment l’offre culturelle proposée à la télévision est généralement restreinte.  Cela est paradoxal puisque la Roumanie est un pays qui a une vie culturelle très variée. Il a beaucoup de villes qui dédient leur espace et leurs temps à de nombreuses activités culturelles. Le rôle de la télévision dans tout cela est de diffuser et de promouvoir ces événements. L’apport que la télévision a sur ces festivals et événements est essentiel. Grâce à la médiatisation, ces événements fleurissent, il y a plus de spectateurs, de téléspectateurs, plus de vie touristique autour de la ville en question. Nous pouvons citer en Roumanie le festival de musique « Callatis », le festival de musique « Mamaia » (qui s’organisent au bord de la Mer Noire),  à « Braşov » il y a le très connu festival de musique Le Cerf d’Or, il y a de nombreux autres festivals de musique et théâtre en Transylvanie. Ce ne sont que des exemples qui mettent en lumière les propos antérieurs.

 

F. Télévision et médiation culturelle

 

La télévision a aussi une activité culturelle propre, surtout lorsqu’il s’agit de la télévision nationale.  D’autres postes de télévision incluent dans leurs programmes des émissions autour du livre, mais aussi autour de la vie culturelle et des traditions roumaines comme par exemple une émission concernant la gastronomie des régions roumaines (cf. PRO TV).

Ceux qui ont eu un contact constant avec la culture ont été les téléspectateurs de la télévision culturelle et des activités culturelles en général

Certains pays ont gardé pourtant un contact plus direct avec la culture par l’intermédiaire des rencontres directes entre les artistes et le public (Cornel Todea cite l’exemple Taiwanais, ou la rencontre entre le monde de la création et le public est facilitée et médiée.) En Asie la rencontre entre le créateur et le bénéficiaire de la création est réalisée d’une manière plus conviviale. La médiation occupe un rôle essentiel car elle facilité l’interprétation.

« En Roumanie, l’un des médiateurs par excellence entre l’acte culturel et le public est Andrei Pleşu » (ancien Ministre de la Culture, écrivain et diplômé en Histoire de l’Art). Il sait présenter l’information concernant la culture de façon à la rendre accessible  à tout le monde. Son langage est accessible et facilite le contact avec l’acte culturel.

 

G. La télévision une passion ?

 

Si nous devions généraliser les constats faits pendant quelques mois dans la Télévision Nationale Roumaine nous pourrions parler de quelques éléments culturels importants que cette expérience livre à tous ceux qui viennent passer un instant ou une vie dans la télévision.

Comme nous l’avons sans doute mentionne dans cet ouvrage, nous ne souhaitons pas faire un éloge du monde de la télévision. Il s’agit d’une approche particulièrement orientée vers l’objectivité plutôt que vers les passions que le travail dans ce domaine peut engendrer. Néanmoins ce travail ne manque pas de passions qu’elles soient positives ou négatives. Nous avons pu apprendre, en paraphrasant Emmanuel Kant, que rien de grand n’a été réalise dans ce monde sans passions.  Ainsi comme l’ont mentionné certains interlocuteurs qui sont évoques ici, le travail dans cette institution, que l’on veuille l’appeler culturelle ou pas, elle (la télévision) est une permanente source de passions. Cela est ainsi car les personnes qui y travaillent passent leurs vies, se dédient entièrement à leurs projets et sont fortement encouragés de développer leurs projets personnels et professionnels en s’investissant au maximum afin de réaliser des matériels de bonne qualité qui reflètent, tant que possible, la créativité humaine et le talent.

Il est sans doute nécessaire d’expliquer ces propos en donnant quelques exemples qui résonnent avec ce que nous venons de dire.

L’étude que nous avons réalisée trouve sa source d’inspiration  au sein de la Télévision Nationale Roumaine au cœur de la chaîne TVR Cultural. Cette chaîne, comme son nom l’indique, est orienté vers tout ce qui est événement culturel, patrimoine, informations et développement culturel. Elle est le miroir de la vie culturelle nationale et internationale en se donnant les moyens pour diffuser des émissions de niche pour un public spécifique. Sans vanter les réalisations au sein de cette chaîne, nous apprécions que celle-ci soit le joyau de la Télévision Nationale. Elle emploie tous les moyens (archives, documents, personnel) afin de réaliser un projet complexe qui d’une part corresponds aux prérequis d’une télévision nationale (éduquer, informer) en diffusant des programmes variés qui embrassent le monde culturel (spectacles, pièces de théâtre télévises, expositions, livres, invites, cinéma, talk shows…) en le promouvant. La télévision nationale accueille au sein de la chaîne TVR Cultural mais aussi dans d’autres départements, des stagiaires. Cette expérience aura par la suite marque leur vie. S’ils devaient témoigner une partie de cette expérience, ils diraient que c’est un domaine intéressant, vaste, complet, qui organise ses activités autour de spécialistes qui se développent professionnellement en permanence et qui laissent des traces visibles de leur activité. Une des vertus essentielles de la télévision, par rapport à d’autres activités mais en comparaison avec d’autres zones de la vie artistique, c’est que la télévision permet à ses professionnels de laisser des traces de leur existence et de leur travail, pour les générations avenir mais aussi pour le public. Tout comme les interlocuteurs évoqués dans cet ouvrage, nous nous rappelons tous d’un grand nombre de personnalités qui sont venus, qui ont travaillé, qui ont collaboré avec la télévision. Les archives sont le témoignage vivant de leur présence.

Il  est difficile d’imaginer la vie au sein de cette télévision sans avoir passe la porte d’entrée.

Le témoignage du metteur en scène Cornel Todea vient s’ajouter aux observations ci-dessus.

Il reconnaît avoir adoré cet instrument qu’est la télévision. En étant metteur en scène de théâtre et en entrant en contact avec la télévision, il a découvert la camera qui lui a plut. «  La camera offre des détails subtiles et a une mobilité qui crée des espaces capables de provoquer des états d’âme. Ma rêverie qui n’est pas une vertu, m’a déterminé à désirer de faire aussi autre chose que du théâtre. J’ai commencé à faire du journalisme de télévision. J’ai connu des réalisateurs de télévision très doues et professionnels ainsi que des personnes remarquables du monde du théâtre et non seulement. Cela m’a apporté beaucoup de satisfactions sur le plan professionnel que sur celui spirituel et personnel ».[107]

 

H. La Télévision entre le réel et la fiction

 

Si nous devions simplifier au maximum ce qui se passe au sein d’une télévision en ce qui concerne les émissions diffusées, nous pourrions dire que tout se joue entre le réel et la fiction.  Dans son livre « Véridique. Virtuel. Ludique :  L’Effet de Réel de la Télévision », Daniela Zeca Buzura, directrice du poste TVR Cultural mais aussi enseignante à la Faculté de Journalisme, explique quelques phénomènes qui se passent au sein de la télévision et ce qui est derrière ce que nous voyons à la télé. Une des astuces dans la réalisation des émissions télévisées est l’effet de réel. En somme, il est nécessaire de faire usage d’artifices, par exemple de mise en scène, même dans le cas des émissions portant sur des sujets réels. Un des exemples énoncés par l’auteur est le cas des journaux télévisés. Il est possible d’identifier certaines « tactiques éditoriales » qui indiquent à la fois la « politique » d’une chaîne de télévision et «  la diversité  des façons d’aborder l’histoire courante et les pratiques d’enregistrement de celle-ci »[108]. Le fait d’avoir accrédité certaines modes d’aborder la mise en scène des émissions télévisées, fait prévue de la pluralité des modes de réception envisagées pour le discours des médias. Il est difficile donc d’établir les paramètres du déroulement d’une réalité quelconque. En d’autres termes, tout ce qui est présenté à la télévision est marque d’une empreinte qui fait que tout événement réel, immortalise, surpris par la camera, devient automatiquement ou peu le devenir, toute une autre histoire, en fonction du (des) point(s) de vue. Tout d’abord il y a l’œil du reporter, il y a ensuite celui du cameraman, il y a aussi l’équipe de montage et bien sur l’enjeu principal la politique de la chaîne de télévision. Tous ces variables participent a ce que le documentaire/ reportage filme prenne des nuances différentes. Les empreintes de l’équipe qui travaille sur un matériel filme sont plus visibles lorsque nous nous rapportons à l’événement réel qui a été filme. Par ailleurs, en prenant l’exemple des interviews en direct, le reporter peut nuancer ses questions en orientant les réponses de l’interlocuteur dans un certain sens. La discussion, même si fondée sur de bases très réelles, est nuancée, dirigée, orientée.

Dans le cas des reportages filmes, les données énoncées dans le contenu du reportage peuvent largement influencer le sens de la nouvelle présentée. Néanmoins, « l’acte historique peut être prouvé […] par des preuves matérielles »[109]. Le registre factuel d’un événement contient toute une série  de preuves incontestables. Dans un tel matériel filme on retrouve la totalité des faits, des actions définitives avec des résultats clairs et unanimement acceptés mais ce moment filme inclut aussi les gestes, les mimiques, l’attitude corporelle, qui sont volontaires ou involontaires et par lesquels un message peut être transmis, « induit ». Des recherches actuelles  étudient la communication non verbale et l’expression gestuelle de sentiments ce qu’on appelle « la sémiotique de l’émotion »[110]. Tous les organismes vivants communiquent conformément à des modèles propres. Ce sont des mondes individuels et subjectifs que les chercheurs de langue allemande appellent umwelt, qui donne le nom de la recherche des univers subjectifs : Umweltforschung.[111]  La sémiotique de l’émotion est un mode d’interprétation des „gestes spontanés et imprévisibles et la façon dont ceux-ci réorientent le message d’un déroulement qui peut être anticipé. […] Les analyses sémiotiques de François Jost non seulement relativisent les catégories classiques de réalité et de fiction mais proposent aussi une définition presque elliptique du factuel”[112]. Jost explique cela ainsi: „ Un concept qui s’applique à l’événement présenté comme s’étant déroulé ou qui est en train de se dérouler”[113] .

                Comme nous pouvons le remarquer il y a une délimitation très fine entre ce que nous appelons d’habitude le réel et la fiction. Il y a un terrain très vaste d’enjeux qui font que ce que nous voyons à la télé n’est pas tout a fait réel ni tout a fait fiction. Il y a bien évidemment des mises en scène qui tiennent totalement de la fiction. Mais en somme tout ce qui est réel peut être nuancé.

                Ce qui est pertinent pour notre recherche en ce qui concerne le rapport entre la télévision et la culture c’est que toute mise en place du spectacle auquel assiste un public et en fait une mise en scène du réel, adaptée a des circonstances très variées (catégorie de public vise, météo, financement, vision du metteur en scène et des organisateurs…). La télévision comme dans tout autre événement culturel organisé et adapté à un public, nécessite de faire appel à l’imaginaire. Un autre aspect qui ne doit pas être perdu de vue, que nous souhaitons souligner, est le fait que dans tout ce qui est réalisé, l’apport créatif des individus est bien évidemment subjectif. Finalement tout ce qui tient d’un patronage quelconque répond aussi à des conditions, à des termes, à des politiques et à des orientations.

 

                Si la frontière entre le réel et la fiction est presque invisible dans le cas des reportages, il est plus facile de distinguer le degré de fiction dans les émissions télévisées plus théâtralisées, plus dramatisées. Ces émissions sont censées être très émouvantes, et déterminer le public à éprouver certaines émotions. Ces émissions contiennent un degré d’artistique dans leur réalisation ainsi que dans le produit fini mais le contenu est pauvre en informations formatrices ou informatives et donc ne participent pas au développement intellectuel des téléspectateurs.

Il est justifie de se demander quelles sont les frontières de l’artistique, du culturel  et ou commence le sensationnel, l’artificiel et pourquoi pas la manipulation dont tout le monde parle désormais si aisément. Dans le cas de la télévision ce n’est pas très clair. On fait usage d’artifices pour réaliser avec un certain nombre des moyens les émissions qui soient à la fois informatives, agréables, relaxantes, intéressantes…etc. Nous nous concentrerons sur ce genre d’émissions car n’importe qui peut constater qu’il y a d’autres genres d’émissions qui sont clairement orientées vers autre chose.

 

                   D’une manière très superficielle nous allons diviser les artifices utilises dans le cadre des productions télévisées en deux grandes catégories : les artifices artistiques qui servent à embellir, des artifices que nous appellerons esthétiques et les artifices grossiers, très visibles que nous appellerons flagrants.  Les artifices esthétiques sont les ingrédients clés de toute réalisation artistique, donc la télévision n’échappe pas. Ce sont des artifices techniques qui sont mis au service de l’équipe qui réalise le matériel afin de donner une cohérence, de donner un sens ou d’embellir tout simplement. Les artifices flagrants sont visibles, parfois utiles mais aussi parfois désagréables. Le public n’est pas dupe. Il se rend compte de ces artifices. Le monde de la  télévision qui emploie ces artifices dans certaines émissions sur le plateau de tournage, sait que ces artifices sont anesthétiques et transposent ces émissions de divertissement du coté de la fiction. Nous croyons fortement que c’est la où se produit la dérive.

          Dire que la télévision est un élément culturel est tellement discutable a cause de tous ces éléments plus haut mentionnes : les artifices, les trucages, les intérêts, les politiques… Il n’y a rien de rigoureux et d’académique dans les émissions de télévision. Il y a juste des graines de vérité, des tentatives plus ou moins réussies de gens qui travaillent dans ce domaine, de capter des moments de les figer pour s’en souvenir, pour laisser des traces aux générations futures. Ce sentiment de l’homme de télévision qu’il a le pouvoir de capturer des instants et de réaliser quelque chose avec et de laisser son nom sur une bande filmée et derrière ce nom un héritage. Cet héritage fait partie désormais du patrimoine culturel du pays.

Se trompent-ils en souhaitant cela ? Nous croyons que c’est dans la nature humaine et que la télévision est seulement un outil d’expression de cette nature humaine à la fois complexe et compréhensible.

                 Nous admettons que la télévision est un sujet paradoxal. C’est un outil comme tout autre outil de manifestation artistique qui a comme but parmi d’autres buts, la création. Nous considérons que c’est un des attributs qui la rapproche beaucoup du monde culturel qui est aussi très vaste. La télévision est culturelle car elle crée, car elle a un patrimoine culturel qui fait partie du patrimoine culturel national, car elle essaie d’éduquer et d’informer, car elle est très vivante grâce à son collectif humain. Ceux qui animent cette institution font partie eux même de la culture. Ce ne sont que quelques raisons qui justifient ce débat et cette étude.

 

I. Emissions culturelles entre le sacré du passé et le profane du présent (en guise de conclusions)

Un entretien avec Andrei Pleşu (ancien ministre de la culture et homme de culture roumain)
A une époque où les valeurs se cassent et se démantèlent ou ira la culture ?

Finalement c’est de cela qu’on parle sur le fond : le destin de la culture dans une société qui aime consommer. Ca coûte cher la culture ! Le public est partage entre les mythes incontournables du passe et les créations artistiques, les phénomènes culturels de masse, uniformisation, individualisme, créativité, dépenses et le temps qui court.

La le souffle de la culture s’épuise sous le poids lourd de la nouvelle vague de lassitude, de fatigue et de tracas. La sagesse de ceux qui luttent pour la transmission de la culture, la popularisation de celle-ci, se partage entre le patrimoine culturel universel qui devient de plus en plus compact et complet et les nouveaux espoirs d’originalité. Quelles créations viennent après les Grands Ouvrages de l’humanité ? Y a t il espoir pour l’excellence alors que certaines œuvres, incomprises ou mal comprises, incompréhensibles ou mal compréhensibles n’arrivent qu’a la cheville de celles déjà canonisées ?

Nous sommes allés à la l’encontre d’un personnage du monde culturel qui a touché non seulement à la littérature, le domaine de l’art visuel mais aussi à la politique et au Ministre de la Culture. C’est un personnage complet qui nous a présenté une vision des choses : Monsieur Andrei Pleşu.

 

En rentrant dans le vif du sujet, Andrei Pleşu reconnaît :

« La télévision est un endroit ou je perds beaucoup de temps. Je regarde la télévision plus que je ne le voudrais, soit car je suis trop fatigue et je ne me sens pas capable de faire quelque chose de plus actif, soit car nos chaînes de télévision sont devenus une collection de talk-shows politiques et j’ai encore l’inertie de m’occuper de ce qui se passe dans ce pays et d’essayer de comprendre ce qui arrive. Apres de nombreuses années d’efforts, je ne peux pas dire que j’ai comprit quelque chose réellement. Mais le fait que je regarde la télé, le soir, lorsque je suis fatigue, dit quelque chose sur le rôle que nous accordons à la télé dans notre vie. Nous ne regardons pas la télé comme nous lisons un livre, comme nous allons voir un film, une pièce de théâtre, un concert. Le fait de ne pas regarder la télé le matin, durant la journée, pendant notre programme actif, mais le soir lorsque les feux sont éteints, lorsque nous nous préparons pour le sommeil, dit quelque chose sur le destin de ce milieu qu’est la télévision.

La télévision parait être pensée pour le divertissement, pour les heures secondes de la journée, pour les moments ou notre investissement d’énergie a été déjà fait.

Il est très important comment nous nous divertissons. Il y a beaucoup de télévisions qui nous sollicitent. La télévision roumaine en général me sollicite. Mais je dirais plutôt d’une manière négative. Au lieu de m’endormir tranquillement, je ne peux plus dormir du tout. Je suis irrite par ce que je vois : la vulgarité, le manque de professionnalisme, le manque de culture, le vocabulaire, le manque de grâce des modérateurs, l’atmosphère de scandale, les émissions de divertissement qui frisent la pornographie… Il y a une grande quantité de kitsch et de mauvais goût. Cela me fascine car je regarde toujours ces émissions. Je suis curieux de voir ou elles mènent, jusqu’ou peut-on aller dans cette direction ?

 

Il y a un cercle vicieux. Si l’on livre au téléspectateur une mauvaise marchandise, a un moment donne il croira que celle-ci est la seule marchandise et il en voudra plus. La télévision roumaine, est selon moi, un interlocuteur irritant. On ne peut pas y échapper. Je regarde et je pleure. Comme disait un pote roumain  Nicolae Labiş[114] «  Je mange et je pleure ». »[115]

 

En partant de Nicolae Labiş, si le public mangerait volontiers une autre sauce, pourquoi est ce que les télévisions fondent leurs émissions, en grande partie sur des sujets qui sont dépourvus d’intérêt artistique et culturel ?

 

« Ces émissions ne sont pas aussi exigeantes que celles qui nécessitent une élaboration plus détaillée. Afin de réaliser une émission de qualité qui ait en même temps un grand rating, il faut être de bons professionnels, on a besoin de bons techniciens et d’hommes de télévision dans le sens le plus complet du terme. Comme il y a très peu professionnels de ce genre, c’est plus facile de faire du cirque. C’est plus difficile de faire de l’humour de qualité. C’est autre chose d’être clown. Cela ne veut pas dite qu’un clown ne peut pas être un artiste réel. Je veux dire par cela que choisir la méthode facile, la formule rapide est un signe de manque de professionnalisme, de superficialité de la part de ceux qui travaillent. On réalise ce qu’à l’intérieur coûte moins cher. C’est-à-dire qu’on fait avec la main gauche, des choses amusantes pour un public qui se met devant la tel pour dormir.

 

C’est plus facile de t’imposer au public avec un effort minimal. Il est plus difficile de t’imposer publiquement en disant dix phrases articulées qui intéressent que de faire appel a un geste gratuit qui résout la situation plus rapidement. Ce serait plus intéressant d’élever le rating par l’intelligence des propos que par les gestes gratuits. De réussir à avoir succès par l’intelligence ». [116]

Il y a des émissions dans certains pays qui ont du succès depuis des années. Quel est le secret de leur réussite ?

« Tout d’abord ceux qui réalisent ces émissions parlent correctement leur langue maternelle. Ici on peut faire une collection de personnes qui parlent mal. Ces personnes sont censées être des modèles et les téléspectateurs devraient pouvoir apprendre des choses de ce qu’on leur présente à la télé. Cela n’arrive pas à l’heure actuelle. En général même les modèles des émissions repris de l’extérieur sont « adaptes ». Nous devons aussi nous poser le problème de la substance ». [117]

 

D’où vient le préjugé que si tu est intelligent tu doit absolument être moche et vice-versa ? La télé essaie de promouvoir aussi des personnes qui « sont bien sur l’écran », qui sont télégéniques.

 

« Ce n’est pas une règle, mais on cherche essentiellement des personnes qui « donnent bien sur le verre ».[118]

« La télévision a la tendance de transformer ses propres vedettes en ce que la télévision croit que le public désire. Finalement on revient à l’idée que la télévision désire promouvoir la superficialité.

Les gens de télévision ne sont pas très bien préparés. Ils ne savent pas quelles questions poser, parfois, ils ne savent pas a qui ils ont a faire. Des personnes comme Frunzetti, Schileru, Haulica sont seulement quelques noms qui faisaient des émissions d’art à la télévision avant 1989 et qui étaient spécialises dans le domaine dans lequel ils intervenaient.  Désormais on ne sait pas si on doit se jeter par la fenêtre à cause désarroi ou bien mourir de rire lorsqu’on regarde de telles émissions ». Il y avait avant une conscience que de telles émissions soient réalisées afin d’introduire une note culturelle parmi les émissions d’autre genre. Malheureusement, ceux a qui on a attribue le rôle de réaliser de telles émissions, sont souvent des incompétents. On ne peut pas mettre à la télé un individu qui présente une émission d’art qui dit  que « la technique de regarder un tableau est de rentrer dedans ». Si nous regardons une œuvre telle que la « Bataille de 1877 » de N. Grigorescu, que doit-on faire ? Rentrer sur le champ de bataille ?  Si on nous présente un nu, on est censé rentrer aussi… La télévision nationale transforme une émission d’art visuel dans ce que j’ai énoncé plutôt ». [119]

 

Quel rôle attribuer à la télévision dans le secteur culturel ?

 

« Il faut faire la distinction entre ce qui arrive en réalité et ce qui devrait être. Selon moi, la télévision ne doit pas être vue comme un pige dans la vie culturelle et dans la distribution culturelle. La télévision est un langage artistique, ou devrait l’être, qui doit avoir un rôle formateur. La télévision doit livrer une information importante, utile, elle peut réaliser des documentaires, elle peut faire du journalisme d’investigation. Il y a des émissions à la télévision qui sont très bien documentées, par exemple dans le domaine de l’histoire. La télévision peut aussi être une source de divertissement mais elle peut être en égale mesure une institution formatrice ».[120]

 

La télévision peut être une institution culturelle seulement si les gens qui travaillent la bas  sont formes vers une telle activité. Il s’agit de  gens qui représentent une conscience culturelle, qui soient cultives.  Il est très important de savoir des choses. La télévision est bonne si les gens qui y travaillent sont bons aussi. «  Je ne dis pas qu’ils devraient être des rats de bibliothèque avec mille dioptries et qui ne sachent pas dans quel monde ils vivent mais des gens qui représentent une conscience culturelle.

Par conséquent je répète : pour que la télévision devienne une institution culturelle il doit y avoir une école pour cela. Or, nous n’avons pas une telle école.

 Il devrait y avoir une école spécialement dédiée à ce métier et ne pas se baser seulement sur le style médiéval de l’apprenti.  Voler le métier, fonctionne parfois, mais je ne crois pas que c’est une solution viable à long terme. Le plus souvent l’apprenti n’arrive pas à dépasser son maître.

Quels sont les maîtres de la télévision ? »[121]
Ce sont des personnes qui restent cachées derrière les cameras, quelque part dans les sombres plateaux de la télévision et qui ne se voient jamais. Ce sont des gens dont une ou deux générations se rappellent, avent de rentrer pour toujours dans les archives poussiéreuses de la télévision.

 

« Il y a des exemples de bons managers, de bons organisateurs tels que Tudor Vornicu. Je parle de gens qui apparaissent sur l’écran qui soient des spécialistes de télévision ». [122]

 

Comment apprécieriez vous le rôle de la télévision dans votre histoire personnelle? Comment évaluer votre expérience personnelle au sein de la télévision ?

 

La télévision a deux effets. Un effet positif et l’autre négatif, dans la vie de ceux qui se manifestent a la télévision. La  télévision est une source de notoriété.

« Si on apparaît plusieurs fois a la télévision on arrive a être connu et reconnu, on devient un personnage public, ce qui est dangereux dans la mesure ou si l’on est faible on risque de rentrer dans le pige de cette notoriété et d’y croire vraiment. On peut commencer, par exemple, à croire que cette notoriété est une vertu en soi. Si les gens te reconnaissent dans la rue, cela ne veut pas dire pour autant que tu es déjà une statue. La notoriété ne veut rien dire. Elle passe rapidement. C’est seulement un instinct humain de reconnaissance. Cela ne veut pas dire qu’on t’aime, qu’on t’apprécie. Cela veut seulement dire que les gens sont heureux d’avoir auprès d’eux une personne qu’ils ont vue à la télévision.

Lorsque je faisais des émissions d’art à la télévision, dans les années 1970, mon fils qui était très jeune. J’avais réalisé une émission que j’ai regarde a la télé en rentrant. Il était à coté de moi. Lorsqu’il m’a vu sur l’écran il a montre l’écran en disant « papa ». Apres il s’est retourne vers moi et il a demande « mais toi ? Qui es tu ? ». Pour lui et pour beaucoup d’autres téléspectateurs, la réalité vue sur l’écran est plus réelle que celle de la vraie vie. Il était clair que celui qui passait à la télé était « papa », mais moi, en chair et en os, j’étais suspect. Donc pour beaucoup de personnes, celui qui est sur l’écran est plus vrai que le personnage en chair et en os. C’est un des effets de la télévision. Elle te transforme en vedette. Et tu commences à te sentir identique à ton image ». [123]

 

Il y aussi un revers de la médaille. Un certain apprentissage dans le domaine de la télévision auquel nul n’échappe, en tout cas pas ceux qui y mettent le pied dans cette institution.

« La seconde partie est que l’apparition a la télé te met dans la situation de faire face a certaines exigences. Les gens de télévision ont la conscience du temps qu’ils ont la leur disposition et de la forme que la télévision offre et ils doivent s’adapter de façon a être convaincants. C’est une sorte d’exigence différente des autres domaines. Ce n’est pas comme tenir un cours par exemple. Ici le temps est limite et on doit réussir à trouver un dosage optimal de l’expression. Dire ce qui doit être dit avec très peu de mots. Cela est parfois oublie. La télévision est tout d’abord une discipline visuelle, comme le cinéma. Si on parle trop on sort du format original du film. La télévision t’oblige à une exigence visuelle. Dans ce sens elle est très modélisatrice. Sa capacité est de créer un continuum d’images filmées  cela est aussi une expérience ». [124]

 

Est-ce que la télévision est finalement un vecteur de transmission des valeurs culturelles ?

 

« Oui elle a cette capacité. Elle est, devrait l’être, et parfois l’est. » [125]

 

Il s’agit d’une vision réaliste des choses. Son point de vue est celui d’un intellectuel contemporain qui a vécu tant les réussites de la démocratie en Roumanie, que les échecs de certains visions incomprises, mal comprises de ce que doit être un renouvellement de l’état d’âme du pays.

Pourtant sa vision n’est pas singulière et comme on a pu le constater durant cette étude la télévision semble faiblir devant des contraintes qu’elle s’impose. Même si a ses origines, la télévision avait des buts nobles, culturels et hautement artistiques, la compétition, la vitesse et d’autres raisons que nous avons pu découvrir, en font d’elle plutôt un stade de courses. Il y a la course à l’information, la course au rating, la course a l’argent… D’innombrables courses qui font d’elle un sport extrême parfois.

Les lecteurs vont peut être surpris de constater toute une série d’émotions que cette institution puisse provoquer. Loin d’être une étude sur les émotions, il est pratiquement impossible de ne pas faire allusion aux émotions, lorsqu’on parle de la télévision, lorsqu’on parle du monde artistique. Nous considérons important et nécessaire, afin de compléter cette étude, de faire référence aussi a cette partie, inhabituelle dans un mémoire. Car cette partie est le moteur principal de l’activité d’une télévision, telle que nous l’avons expérimentée et constatée en égale mesure. Il est donc impératif de prévenir le lecteur sur l’intention réelle de conserver un peu de l’émotion, présente dans certaines parties du texte. Cela s’est produit intentionnellement et nous devions le mentionner.

 

 

 

 

 


CONCLUSIONS :

 

 

Nous considérons que Dominique Wolton mets les points sur les “i” en ce qui concerne la télévision culturelle et les problèmes qui en découlent dans la relation entre la télévision dite généraliste et le monde culturel/ intellectuel. Ces éléments viennent soutenir les propos des gens de télévision et des personnes du monde culturel que nous avons interrogés. Plus que toujours nous avons une confirmation que le monde de la télévision souffre des mêmes maux partout dans le monde. En mettant en parallèle les discours roumains sur la télévision, ceux français, dont fait partie aussi l’analyse de Wolton et d’autres spécialistes comme celui Britannique et celui Américain que nous avons interrogés sur le sujet. Nous pouvons dire que les mutations du domaine télévisuel sont universelles. Il y a pourtant des tentatives de mise en cause des télévisions « généralistes » par les intellectuels et les spécialistes du contenu qui ont initié dans le temps une alternative en pleines mutations, comme par exemple celle de la télévision culturelle.

 

« L’idée de télévision culturelle est une revanche du milieu culturel et intellectuel contre les déceptions, vexations, parfois injustices que lui a fait subir le monde de la télévision qui s’est servi plus d’une fois de la légitimité du “grand public” pour refuser les projets, écarter les auteurs et les idées. Les intellectuels, qui ne sont jamais que des individus fragiles, isolés, ont été inexorablement exclus d’une logique de communication qui n’avait que faire d’individus « compliqués », s’exprimant toujours longuement, « coupant les cheveux en quatre ».

 

 «La contre-attaque  que représente la télévision culturelle dans le rapport de force entre culture d’élite et culture de masse est habile car elle porte sur la culture- toujours valorisée dans une société et dont chacun sait que les médias ne sont pas les spécialistes ! L’attaque a été porte sur le point faible de la télévision : si elle a le nombre, elle n’a pas toujours, contrairement à ce qu’elle dit, la légitimité, surtout dans des domaines comme la culture. Là, moins qu’ailleurs, le rapport entre audience et qualité n’est direct. »[126]

 

Wolton, attire l’attention sur trois phénomènes qui méritent être énoncés afin de comprendre la ressemblance entre les constats personnels de son étude et nos constats en miroir, réalisés durant notre enquête dans le monde de la Télévision Nationale Roumaine à Bucarest en 2009. « La télévision culturelle devient enfin la revanche des spécialistes du « contenu » contre les généralistes de la « communication ».  L’inconvénient de la télévision généraliste est justement d’être faite par des généralistes de la communication qui tentent de compenser leur faible connaissance des sujets par un savoir faire médiatique- d’ailleurs indiscutable pour la plupart du temps ».[127]

Certes les spécialistes de la télévision ont su acquérir dans le temps des connaissances propres à la culture mais nous ne sommes en aucune mesure d’accord avec ce qu’on essaie de faire croire que « la culture peut être faite par tout le monde ». Le secteur culturel des médias est resté « dramatiquement sous développé » et nous sommes d’accord avec Dominique Wolton à ce sujet aussi. La télévision culturelle est une alternative et une contre-attaque au fait que sur le premier rang de l’intérêt,  accordé par la télévision aux émissions, se trouve le domaine politique, celui des relations internationales, de l’économie et tout autour le divertissement qui est omniprésent.

 

« La deuxième raison qui montre l’importance de la dimension du rapport de force dans la création d’une télévision culturelle est celle de l’efficacité. […] C’est peut être le meilleur moyen pour le milieu culturel et intellectuel de conquérir une autre place dans le monde de l’audiovisuel ».[128]

 

Il semble que cela a été la meilleure solution : de lutter contre les mutations de la télévision avec ses propres instruments. Enter dans le monde de la télévision pour faire passer un message avec ses propres moyens qui sont en général très rapides et fonctionnels pour toucher le public, est une façon de remettre en cause la situation actuelle et d’autre part de renouveler les voies de la télévision vers la culture à laquelle (en tout cas, à ses débuts) elle était destinée. Rappelons nous que le divertissement de télévision, même avec les moyens rudimentaires de ses débuts  étaient destinés à la voie culturelle.

« Le troisième argument en faveur de la thèse du rapport de force vient de la réponse à la question : pourquoi les intellectuels, qui se sont toujours plaints de l’incapacité de la télévision à traiter le fait culturel, se sont-il eux-mêmes  décidés à faire de la télévision culturelle ?  N’est-ce pas pour profiter eux aussi – et pourquoi pas ?- de l’influence que celle-ci permet d’obtenir ? […] Ils font pari que le spectateur est demandeur d’un message plus construit et sans concession au règne de l’image spectacle. »[129]

« Le monde des idées et le monde artistique sont aujourd’hui deux secteurs particulièrement sensibles au tourbillon médiatique qui les emporte ou du moins qui les déstabilisé depuis quelque temps. Du cote des savants et des chercheurs la circulation des idées en France a pendant très longtemps emprunté des canaux traditionnels de diffusion des savoirs et des connaissances, c’est-à-dire les discussions entre les spécialistes, la reconnaissance par les pairs, les publications savantes et éventuellement, dans un second temps, la vulgarisation à destination du public par le biais des ouvrages accessibles au plus grand nombre et d’entretiens accordés à la presse ou à la télévision ». [130]

 

L’exemple de Rieffel est très intéressant pour notre étude. Même si c’est une analyse réalisée en France, elle ressemble parfaitement à l’étude que nous avons menée. Cela peut s’expliquer par les relations culturelles des deux pays et par le fait que la Roumanie a été une grande admiratrice des modèles culturels français. Les propos de Rieffel sont enrichissants dans la mesure où l’on peut comparer la situation des deux pays en ce qui concerne la télévision et les intellectuels.

 

« Le premier marché, celui des spécialistes, s’adressait au deuxième marche, celui du public grâce aux journalistes qui se contentaient d’exercer leur métier de médiateur dans le respect des principes d’autorité en vigueur. »[131]

Il faudrait faire une petite parenthèse en ce qui concerne le moment crucial, le tournant. Il s’agit du moment ou les intellectuels ont choisi de faire eux-mêmes de la télévision et de jouer le rôle actif du médiateur. Il est justifiable dans le sens ou il n’y a pas de meilleurs médiateurs, interprètes de la culture que ceux qui font la culture. Il ne va pas de soi qu’ils soient aussi formateurs. Certains n’ont pas le don de la pédagogie. Mais les journalistes ne garantissent pas non plus d’avoir cette vertu. Alors il semble censé de mettre devant la camera une personne qui sache de quoi il s’agit.

 

L’intervention des intellectuels et des personnages du monde culturel dans la télévision est un choix totalement justifiable. Le rôle primordial de l’intellectuel étant de réagir ! «  C’est l’autonomie du champ de l’intellectuel qui rend possible l’acte inaugural d’un écrivain qui, au nom des normes propres au champ littéraire, intervient dans le champ politique, se constituant ainsi en intellectuel. »[132]  Ce même intellectuel, héritier de Zola dont fait référence Bourdieu, est désormais mit dans la situation de devoir réagir à un autre domaine du monde social. Il s’agit d’un domaine en permanentes mutations qui dérive et devient contraire aux valeurs de référence. Il s’agit aussi d’une lutte implicite contre le monde politique, celui économique et du dérisoire que ces intérêts particuliers engendrent sur la scène télévisuelle. Cela a comme résultat une série de productions que les gens de culture du monde entier, plaignent.

La question est désormais comment conjuguer le savoir faire des spécialistes des médias avec le savoir des intellectuels afin donner un air nouveau à la télévision ? Et deuxièmement comment mettre au point une nouvelle stratégie media qui puisse à la fois suivre les règles du monde de la télévision tout en mettant en avant des valeurs qui méritent et doivent être préservées et dont la télévision aurait un rôle primordial dans leur transmission et vulgarisation (dans le sens de les rendre accessibles au public) ?

Nous pensons que c’est le rôle de ceux qui travaillent dans la recherche dans ce domaine très nouveau, de donner des voies, des pistes, des solutions à l’impasse dans lequel se trouve la télévision. On peut envisager un rôle de metteur en scène de ces potentielles solutions au niveau expérimental mais aussi de médiateur entre ce que les gens de culture désirent réaliser par le biais de la télévision et les gens du monde des médias qui seraient à la rigueur ouverts vers une telle expérience si elle se prouve fructueuse en se mettant aussi au service des buts propres de la télévision : divertir, renseigner, et satisfaire les contraintes de rating ( qui pourrait être sacrifie au service des deux premiers, mais pas forcement).

 

Les débats peuvent être relancés en se posant la question : comment ne pas céder à l’économie médiatique et publicitaire, dont fait référence Rieffel en citant Olivier Donnat.  Les valeurs soutenues par ce système  sont : la rentabilité, l’audience maximale, la production en série, rotation des stocks. Cela veut dire que la télévision comme tout autre secteur a une économie propre qu’elle doit entretenir. Jusque là les coûts ont été de priver le public d’émissions à vocation culturelle, car elles ne satisfont pas ses propres critères. Ce modèle a fortement touché les zones à vocation culturelle en érigeant de nouveaux modèles : plus faciles, plus rentables.

Au terme de notre analyse nous pouvons faire quelques constats. Comme nous l’avons vu, la télévision a beaucoup de critiques qui ont des arguments que nous considérons être justifiés. Tous les documents de spécialité et les points de vues des spécialistes du domaine confirment que la télévision a, comme toute institution ses vertus et ses défauts que nous n’avons pas cherche à cacher. Au-delà de ces critiques nous avons chercher à mener notre enquête un peu plus loin en se posant la question si la télévision était un instrument culturel et quel était son rôle dans la société 2K. Nous pouvons désormais confirmer notre hypothèse de recherche qui soutenait que la télévision était un instrument culturel même si ce n’est pas une institution culturelle proprement dite. Le désir d’informer, la transmission d’événements culturels, l’analyse des événements, la mise en place d’émissions culturelles, les anthologies sur les personnalités marquante du monde de la culture, le théâtre télévise et les archives ne sont que quelques arguments en faveur du rôle culturel de la télévision. D’autre part l’implication de la télévision dans le domaine social et les partenariats avec les grands événements culturels ne sont pas des arguments que nous pouvions ignorer.

Nous avons aussi pu constater, en étudiant le cas de la TVR Cultural, que la télévision est un monde qui tout comme le monde social est en pleines mutations. Les problèmes économiques touchent d’une manière semblable la télévision et les institutions culturelles. Nous pouvons faire cette analogie car la télévision travaille souvent en partenariat avec les plus prestigieuses institutions culturelles. En Roumanie nous pouvons prendre comme exemple l’Institut Culturel Roumain(ICR), les Festivals George Enescu, Mamaia, Cerbul de Aur, le Festival International de Film Transilvania (TIFF- Transilvania International Film Festival- dont TV5 Monde est aussi partenaire media), le Festival de Comédie Roumaine et la liste reste ouverte.

Il y a des « guerres » que nous ne pouvons pas mener seuls. La lutte pour une meilleure diversité culturelle et une activité culturelle riche, reste toujours un sujet d’actualité. La télévision connaît mieux que n’importe quelle autre institution ce dont l’actualité est composée. Au-delà d’être présente là où ses budgets lui permettent d’agir, la télévision est un symbole. C’est un symbole de plusieurs générations, le symbole de la communication libre et d’autant plus dans un pays ou la démocratie n’a pas toujours été un fait donné. En Roumanie, la Télévision symbolise une lutte permanente pour la création de legs culturels pour les générations à venir ainsi qu’un legs en soi que les générations passées nous ont permit d’avoir et que les générations actuelles tentent non pas sans effort de préserver et d’en garder le niveau.

Nous pouvons ainsi vérifier nos hypothèses selon lesquelles la télévision joue un rôle important dans le monde culturel. Comme nous l’avons argumente la télévision est une source inestimable d’archives, de productions culturelles et artistiques, elle est aussi un médiateur entre ce qui se passe dans le monde culturel et le public et assume en grande partie ce rôle. Les informations culturelles passent à la télévision, mais nous regrettons que hélas ces informations soient trop rares par rapport a d’autres émissions (politiques, économiques, mondaines). La télévision a désormais un rôle culturel historique. Elle fonctionne ainsi depuis les années 1960 et nous considérons qu’elle devrait assumer beaucoup plus sa mission et son devoir envers son public qui ne cherche pas uniquement le divertissement.

 

 

 

 

 

 

 

ANNEXES :

 

I. Théâtre sur scène et théâtre télévisé

 

Il y a une différence entre le théâtre sur scène et celui réalisé sur un plateau de télévision. La traduction est totalement différente. Même la reprise signifie une traduction[133] dans un autre langage de l’acte théâtral. « La spécificité de la télévision, dit Todea, est de bénéficier de l’expertise de personnes très bien instruites ».  Il explique aussi que « la différence est énorme entre le spectacle de théâtre basé sur la communication directe  dans la limite d’un espace détermine par la géographie du décor et celui de télévision où la camera peut circuler dans l’espace ». La liberté que la camera te donne afin de reconstruire une atmosphère est différente. L’image peut amplifier certains aspects, certains états d’âme.

« La spontanéité de l’acteur reste dans le matériel filme, mais lorsqu’on réalise un enregistrement, on peut choisir la variante la plus proche du mode de pensée du metteur en scène, de la façon dont il a imagine la tension scénique ».  La différence est donc très grande. Les systèmes de cadrages donnent une autre traduction du sentiment en ajoutant à la valeur de l’acteur ce que l’image peut amplifier. Cela peut changer structurellement le message transmis. On peut employer le cadrage  afin d’influencer le mode de transmission du message (le modifier, l’amplifier). C’est une chance que la télévision t’accorde et qui pour Cornel Todea a été une grande joie.

 

II. Le fonctionnent, les collaborations/ associations internationales

 

Il y a des coopérations qui ont un seul chef d’orchestre et des acteurs de pays différents. Il y a aussi la possibilité de l’existence d’un « free lancer » à coté des troupes, des équipes. Cornel Todea fait aussi référence a des spectacles de type expérimental, comme un « Babylone » qui a dans le même spectacle des acteurs qui jouent en même temps dans leur langue maternelle. «  Si le tonus des acteurs est bon et le texte est très connu, ces spectacles sont acceptables en termes expérimentaux. On peut présenter une pièce en langue étrangère pour le public, mais qui par l’expressivité des acteurs et par leur présence scénique de faire passer le message et donner la sensation au public qu’il est la et comprend cette langue.  Les acteurs et la mise en scène peuvent contaminer le public avec leur énergie. Ainsi le public ne peut pas échapper à la fascination du spectacle »[134]

 

III. Questionnaire :

Discutons de la télévision…

 

  1. Qu’est ce que la télévision pour vous?

 

  1. A quels besoins culturels la télévision répond-elle ?

 

  1. En faisant abstraction des a priori concernant les programmes de télévision et le rôle de divertissement de ceux-ci, quel rôle envisagez vous pour la télévision dans le secteur culturel?

 

  1. En parlant de télévision (et plus généralement des médias), on a souvent dit qu’elle avait des effets négatifs sur ses spectateurs pour plusieurs raisons (chronophage, en défaveur de toutes activités culturelles interactives, contraire au développement de l’esprit critique…). Que dire des émissions culturelles et des chaînes de télévision qui promeuvent la culture (Arte, Discovery, History Channel…etc) ?

 

  1. a. Quel est selon vous, le rôle des chaînes de télévisions qui diffusent à l’international (TV5, TVE, BBC…) ?

b. Quelle part occupe la télévision dans la promotion/ diffusion de la culture à  l’étranger?

 

  1. Dans le cadre de la démocratisation culturelle que pensez vous du rôle de la  télévision par rapport à d’autres vecteurs de transmission culturelle.

 

  1. La télévision a plusieurs rôles : formateur d’opinion, outil de communication, partenaire culturel… C’est un instrument qui peut être utilisé de plusieurs façons. Comment faire pour obtenir les meilleurs résultats en sachant que dans la société actuelle la télévision fait partie d’un mouvement incontournable et qui appartient à la génération de la société de consommation, l’époque de la vitesse… ?

 

  1. Que pensez vous du rôle de la Télévision  en tant que médiateur culturel ?

 

  1. Télévision forme de culture génératrice d’externalités (par exemple : le tourisme) ?

 

  1.  Quel rôle occupe la télévision dans l’économie de la culture ?

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Entretiens :

BUCKLAND,  G., Producteur de télévision Britannique, entretien de mars 2009, France.

BUZURA, D. Z., Directrice de la chaîne TVR Cultural; Entretien de mai 2009, Bucarest.

DUMITRU, D, Productrice du Journal Culturel; TVR Cultural; Entretien d’avril 2009, Bucarest.

MILLER, B, Chercheur en histoire et anthropologie, Entretien de Juillet, 2009, Virginia, Etats-Unis.

PETTIS, C, Directeur de Brand Solutions Inc. USA. Entretien de juin 2009, Etats-Unis.

PLESU, A, Ancien Ministre de la Culture, Entretien d’Août, 2009. Bucarest.

SALZMAN, B,  Producteur de télévision, américain, Entretien de mars 2009, Bucarest.

TODEA, C, metteur en scène Roumain, Entretien d’Août 2009, Bucarest.

ŢUCHEL, R, Directrice de programmes TVR Cultural, Entretien de mai 2009, Bucarest.

 

Articles consultés sur Internet :

 

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PLESU, A.,  «  Je ne réussirai pas a voir un autre visage de ce pays »  entretien avec George RADULESCU, Journal Adevarul, Bucarest, 7 Août, 2009. http://www.adevarul.ro/articole/andrei-plesu-n-am-sa-mai-apuc-un-alt-chip-al-acestei-tari.html

 

Autres sites :

http://convorbiri-literare.dntis.ro/CARPOVoct6.html, août 2009

http://www.arte.tv/fr/70.html

http://www.tv5.org

http://www.tvr.ro/

 



[1] Cf. Télévision et éducation populaire,avec B.Sylwan, Unesco, Paris, 1955

[2] Directrice de recherche CNRS qui privilégie l’étude des publics et des médias.

[3] Dominique Pasquier, http://archivesic.ccsd.cnrs.fr/docs/00/06/22/48/PDF/sic_00000637.pdf, consulté en février 2009.

[4] Rémy RIEFFEL, “Que sont les medias?”, Gallimard, Paris, 2005.

[5] Philippe COULANGEON, „ Sociologie des pratiques culturelles”, Ed. La Decouverte, Paris, 2005, p.5-6.

[6]Jean CLUZEL, La télévision après six réformes. Paris: JC Lattès et Licet, 1988.

 

[7] Olivier DONAT, Les français face à la culture. Éditions La Découverte, 1994.

[8] Les mesures nouvelles en faveur de la démocratisation de la culture, Communication en Conseil des Ministres de Catherine Trautmann le 23 juin 1999

[9] Clifford GEERTZ, The interpretation of cultures : selected essays, New York : Basic Books, [2000]

 

[10] Marcel MAUSS, Dix ans d’évolution des sciences sociales, Paris, La Découverte, n°15-16, 1992.

[11] Ilinca SANDU, Eléments Totalitaires dans l’Architecture Roumaine de 1945 a 1989: La Maison du Peuple un Elément Représentatif,  devoir de Licence non-publié, Faculté de Sciences Politiques, Université de Bucarest, 2005.

 

[12] Vladimir TISMANEANU, Reinventarea politicului. Europa rasariteana de la Stalin la Havel, Ed. Polirom Iasi, 2007

[13] Pierre BOURDIEU ; Les règles de l’art, “Genèse et structure du champ littéraire”, Ed. Seuil, Paris, 1992, 1998.

[14] Samuel P. Huntington, (1991). Democracy’s Third Wave. The Journal of Democracy, 2(2).

[15] Lucian BLAGA, Geneza metaforei si sensul culturii, Fundatia pentru literature si arta  Regele Carol II, 1937.

[16] Baruch SPINOZA, Etica demonstrată după metoda geometrică şi împărţită în cinci părţi, traducere Al.Posescu, Bucureşti, Humanitas, 2006

[17] Samuel P. HUNTINGTON, Who Are We? The Challenges to America’s National Identity, Simon & Schuster, 2004.

[18] Cristopher LASCH, The Culture of Narcissism: American Life in an Age of Diminishing Expectations, (1979) Norton Paperback. 1991.

[19] Philippe COULANGEON,  Sociologie des pratiques culturelles, Ed. La Découverte, Paris, 2005.p.12-13.

[20] Chuck PETTIS, Op,Cit. Entretien de juin 2009.

[21] Diana DUMITRU, Productrice du Journal Culturel; TVR Cultural; Entretien d’avril 2009.

[22] Idem.

[23] Daniela Z.BUZURA, Directrice de la chaine TVR Cultural; Entretien de mai 2009.

[24] Philippe COULANGEON, Sociologie des Pratiques Culturelles, Ed. La Découverte, Paris, 2005, p. 12.

[25] Gerald BUCKLAND, Producteur de télévision Britannique, entretien de mars 2009.

[26] Alain EHRENBERG, L’individu incertain, IIème partie “La Télévision Terminal Relationnel”, Ed. Calmann-Lévy, 1995.

[27] Alain Ehrenberg donne l’exemple du “psy-show”.

[28] Cf., Critique portée à la comédie américaine dans son age d’or dans les années trente.

[29] ESQUENAZI Jean-Pierre (1996), Le pouvoir d’un média : TF1 et son discours, Paris, L’Harmattan. Dans: ANALYSE COMPARATIVE DES JOURNAUX TELEVISES : PRINCIPES ET METHODES

http://www.ac-creteil.fr/lettreshg-lp/Reflexion/Analyse-Journaux.pdf, aout 2009.

[30] Alain EHRENBERG, L’individu Incertain, II eme partie “La Télévision Terminal Relationnel”, Ed. Calmann-Lévy, 1995, p171.

[31] Alain EHRENBERG, L’individu Incertain, II eme partie “La Télévision Terminal Relationnel”, Ed. Calmann-Lévy, 1995, p172

[32]Alain EHRENBERG, L’individu Incertain, IIème partie “La Télévision Terminal Relationnel”, Ed. Calmann-Lévy, 1995, p171.

[33] Vous pourrez trouver aussi le mot anglais “trend” qui peut être considéré comme mode ou courant et qui selon moi correspond le mieux aux vagues déterminantes de comportements.

[34]„loin des yeux, loin du coeur”

[35] Cf. Pierre NORA.

[36] Alain EHRENBERG, L’individu Incertain, IIème partie “La Télévision Terminal Relationnel”, Ed. Calmann-Lévy, 1995, p178.

[37] Walter BENJAMIN, “L’Oeuvre d’art a l’ère de la reproduction technique”, Poésie et Révolution, Paris, Denoël, 1971, p.121.

[38] Rémy RIEFFEL, « Que sont les médias ?», Pratiques, Identités, Influences, Gallimard, Paris, 2005, p.9.

[39] Suite a la constatation d’une possible falsification des résultats des élections présidentielles de la République Moldave, un grand nombre de jeunes gens se sont rassembles dans la place la plus grande de Chisinau pour protester contre le régime communiste et le président Voronin. Ce rassemblement a été possible par l’intermédiaire de l’Internet  vu que les medias sont encore contrôlées par le régime.

[40] Marcel GAUCHET, Les Medias menacent-ils la démocratie?, http://gauchet.blogspot.com/2007/05/les-mdias-menacent-ils-la-dmocratie.html, consulte en  août 2009

[41] Chuck PETTIS, BandSolutions Inc. Op. Cit. Entretien de juin 2009.

[42] Comme le note Pierre Bourdieu dans son ouvrage « Sur la télévision ».

[43] Le même problème s’était posé lors de notre recherche concernant la Festivalisation.

[44] Diana DUMITRU, Entretien… Op.cit.

[45]Richard M. WEAVER, „Ideas Have Consequences” ,University of Chicago Press, 1948.

[46] Traduction en fr. „En s’amusant jusqu’a la mort”

[47] Bryan MILLER, Chercheur en histoire et anthropologie, Entretien de Juillet, 2009, Virginia, Etats-Unis.

[48] Aldous HUXLEY, in: http://deoxy.org/huxley1.htm , Juin, 2009.

[49] Diana DUMITRU, Entretien, op. cit.

[50] George Calboreanu (n. 5 janvier 1896, Sibiu; d. 12 juin 1986) acteur roumain de théâtre et de télévision.

[51] George Vraca (n. 1896, Bucarest- d. 1964) acteur roumain diplôme du Conservatoire d’Art Dramatique. Il a été directeur de théâtre, animateur, dirigeant de collectifs artistiques.

[52] Grigore Vasiliu Birlic (n. 24 janvier 1905, Fălticeni – d. 14 février 1970, Bucarest)  Il a été une des plus grands acteurs roumains de comédie. Il a joue dans de nombreuses pièces de théâtre ainsi que dans des filmes. Son nom de naissance était Grigore Vasiliu , Birlic étant juste un surnom reçu grâce au succès de la pièce avec le même nom  Birlic,  jouée au début de sa carrière.

[53] Amza Pellea (n. 7 avril 1931 à Băileşti, Dolj – d. 12 decembre1983 à Bucarest) a été un grand acteur roumain de théâtre et de film.  Il a été l’interprète de Nea Mărin, le très connu personnage populaire qui lui ont dévoilé ses disponibilités pour la comédie.

[54] Dem Rădulescu (n. 30 septembre 1931, Râmnicu Vâlcea, d. 17 septembre 2000, Bucarest)  grand acteur roumain de comédie de théâtre, filme et télévision. Il a été professeur à l’Université Nationale d’Art Théâtral et Cinématographique I.L Caragiale de Bucarest.

[55] Diana DUMITRU, Op.Cit. entretien de mai 2009.

[56] Idem :

[57] Diana DUMITRU, Op. Cit. Entretien de mai 2009.

[58] Sarah Bernhardt (Octobre 22, 1844 – Mars26, 1923) actrice française.

[59] Jerzy GROTOWSKI, (11 Aout 1933 – 14 Janvier 1999)  a été un  metteur en scène Polonais et innovateur du théatre experimental ainsi que des concepts de  „laboratoire de théatre” et „théatre pauvre”.

[60] Ruxandra ŢUCHEL, Op.Cit. Entretien de juin 2009.

[61] Ruxandra ŢUCHEL, Op. Cit. Entretien de juin 2009.

[62] Daniela Z. BUZURA, Op. Cit. Entretien de mai 2009.

[63] Gerald BUCKLAND, Op. Cit. Entretien de mars 2009.

[64] Geral BUCKLAND, Op.Cit. Entretien de mars 2009.

[65] Bernard SALZMAN, Producteur de television, americain, Entretien de mars 2009.

[66] Bernard SALZMAN, Op. Cit. Entretien de mars 2009.

[67] Daniela ZECA BUZURA. Op. Cit . Entretien de mai 2009.

[68] Gerald BUCKLAND, Producteur de télévision britannique, entretien de mars 2009.

[69] Chuck PETTIS.  Directeur de Brand Solutions Inc. USA. Entretien de juin 2009:

[70] Bernard SALZMAN, Op.Cit. Entretien de mars 2009.

[71] Idem.

[72] Daniela ZECA BUZURA, Op.Cit., entretien de mai 2009.

[73] „La cuisine de Radu” emission diffusee par la chaine roumaine de television privee PRO TV- sur la gastronomie et les traditions culinaires ancestrales roumaines.

[74] Diana DUMITRU, Productrice du Journal Culturel, TVR Cultural, Entretien d’avril 2009, Bucarest.

[75] Diana DUMITRU, Ibidem.

[76] Diana DUMITRU, Entretien d’avril 2009.

[77] Daniela ZECA BUZURA, Directrice de la Chaîne TVR Cultural, Entretien de mai 2009.

[78] Daniela ZECA BUZURA, ibidem.

[79] Daniela ZECA BUZURA , op. cit. Entretien mai 2009.

[80] Idem.

[81] Musicien Roumain.

[82] PRO TV et Antena 1 sont deux chaines de television privees.

[83]René Magritte est ne à  Lessines, Belgique, le 21 Novembre 1898. A partir de 1916 il étudie à l’ „Académie Royale des Beaux-Arts” de Bruxelles pendant deux années.  Pendant cette période il rencontre le poète Pierre Bourgeois, ayant tous les deux un intérêt commun pour le modernisme et le futurisme italien. Il lie aussi une amitié étroite avec Victor Servranckx qui avait un style personnel géométrique -abstrait. Les premières oeuvres de valeur ont été crées pendant les années 1922-23. Elles ont été influencées par les courants à la mode de l’époque le cubisme et le futurisme. Apres l’échec de son exposition de 1926 de la capitale belge il décide de partir a Paris le „Centrum Mundi”  de l’art.  Ici il rentre en contact avec des personnalités comme André Breton, Salvador Dali, Juan Miró ou  Paul Eluard. Il meurt le 15 août 1967 à Bruxelles.   Il a introduit les mots images qui  un des caractéristiques des son originalité, qui avaient le but de déstabiliser le système de perception et de représentation, de négation d’une image par des mots et vice versa comme dans „La Trahison des Images”.

[84] Journaliste, diplôme de l’Université Babeş Bolyai de Cluj, à la faculté de psychologie en  1975; Docteur en psychologie à l’Université Babeş Bolyai de Cluj en 1987.

[85] Corneliu Coposu (n. 20 mai 1914, Bobota, Sălaj, d. 11 novembre 1995,Bucarest) ce fut un homme politique roumain, le président du Parti National Chrétien Démocrate (1989- 1995), sénateur, leader de l’opposition de la Roumanie post-communiste. Il fut aussi détenu politique sous le régime communiste.  „ Les décennies de communisme ont fait plus de mal à la Roumanie que les deux Guerres Mondiales mises ensemble, car elles lui ont dénaturé sa spiritualité.” C. Coposu.

[86] Diana DUMITRU, Op Cit. Entretien d’avril 2009.

[87] Diana DUMITRU, Op. Cit, Entretien d’avril 2009.

[88] Le Festival international de musique “Le Cerf d’Or”.

[89] Diana DUMITRU, ibidem.

[90] Ruxandra ŢUCHEL, Op,Cit. Entretien de mai 2009.

[91] Ruxandra ŢUCHEL, Op. Cit. Entretien de mai 2009.

[92] Diana DUMITRU, Entretien, Op. Cit.

[93] Dominique WOLTON

“Eloge du grand public” Une théorie critique de la télévision, Ed. Flammarion, Paris, 1990, p.40.

 

[94] Diana DUMITRU, Op. Cit. Entretien de mai 2009.

[95] Diana DUMITRU, Op:Cit: Entretien

[96] Diana DUMITRU, Op. Cit. Entretien de mai 2009.

[97] Cornel Todea, grand metteur en scène Roumain, contemporain, ne le 18 Novembre 1935 a Cluj. Il a mit en scène plus de 200 pièces de théâtre, émissions de divertissement, de musique, films artistiques et documentaires et a réalise plus de 300 talk-shows. A la télévision nationale roumaine il a travaille entre 1960 et 1987.

[98] Cornel TODEA, Entretien d’Aout 2009, Bucarest.

[99] Andre PLESU, «  Je ne réussirai pas a voir un autre visage de ce pays »  entretien avec George RADULESCU, Journal Adevarul, Bucarest, 7 Août, 2009. http://www.adevarul.ro/articole/andrei-plesu-n-am-sa-mai-apuc-un-alt-chip-al-acestei-tari.html .

[100] Cornel TODEA, Entretien…, op.cit.

[101] Cornel TODEA, Entretien d’Août 2009, Bucarest.

[102] Cornel TODEA, Entretien d’Août 2009. Op.Cit.

[103] Cornel TODEA, Entretien d’Aout 2009, Bucarest.

[104] Cornel TODEA, ibidem.

[105] Cornel TODEA, op. cit.

[106] Cornel TODEA, Entretien…, Op.Cit.

[107] Cornel TODEA, entretien d’Aout 2009. Op. Cit.

[108] Daniela ZECA BUZURA, «  Veridic. Virtual. Ludic : Efectul de Real al Televiziunii » (Véridique. Virtuel. Ludique : L’Effet de Réel de la Télévision), Ed. Polirom, 2009. p.61.

[109] Daniela ZECA BUZURA, op. cit., p.62.

[110] Daniela ZECA BUZURA, op. cit., p.62.

[112] Daniela ZECA BUZURA, op. cit. p.62-63.

[113] François JOST, «La télévision du quotidien. Entre réalité et fiction » , INA, De Boeck Université, Bruxelles, 2001. p.109.  

[114] Nicolae Labiş (n. 2 decembre 1935, Poiana Mărului, comune Mălini, Suceava – d. 22 decembre 1956, Bucarest) a ete un grand poete roumain.

[115] Andrei PLESU, Entretien d’Août, 2009. Bucarest.

[116] Andrei PLESU, Entretien, Op. Cit.

[117] Ibidem.

[118] Ibidem.

[119] Andrei PLESU, Entretien, Op.Cit.

[120] Ibidem.

[121]  Andrei PLESU, Entretien, Op.Cit.

[122] Andrei PLESU, Entretien, Op.Cit

[123]  Ibidem

[124] Andrei PLESU, Entretien, Op.Cit

[125] Ibidem.

[126] Dominique WOLTON,  Eloge du Grand Public « Une théorie critique de la télévision », Ed. Flammarion, Paris, 1990. p.194

[127] Dominique WOLTON,Ibidem. P. 195.

[128] Dominique WOLTON,, Eloge du Grand Public…, op.cit. p196.

[129] Idem.

[130] Rémy RIEFFEL, Que sont les Medias ?,  Ed. Folio, Gallimard, Paris, 2005.p.315.

[131] Rémy RIEFFEL, op.cit. Idem.

[132]  Pierre BOURDIEU, Les règles de l’art, « Genèse et structure du champ littéraire », Ed. Seuil, 1992, 1998.. p. 216.

[133] Traduction, qui vient de trahir… une traduction d’un texte initial peut aussi vouloir dire une trahison du texte initial. Ici traduire peut aussi être comprit comme interpréter.

[134] Cornel TODEA, Entretien…, Op. Cit.

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